Chômage : à qui profitent les nouvelles embauches ?

Chômage : à qui profitent les nouvelles embauches ?
Chômage : à qui profitent les nouvelles embauches ? - © Needpix

Il y a 3 jours, la KUL a publié une étude réalisée à grande échelle qui fait un constat inquiétant : sur 100 embauches, seules 14 bénéficieraient aux demandeurs d’emploi, les 86 autres étant attribuées aux travailleurs déjà actifs sur le marché. Dès lors, que faire si l’emploi créé ne bénéficie pas aux chômeurs de longue durée ? Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, pose un regard sur la question et met en avant une solution.

Une situation interpellante

En théorie, la situation pourrait se résumer comme telle : d’un côté les demandeurs d’emploi, de l’autre une série d'emplois vacants. En pratique, la réalité est beaucoup plus complexe. Lorsque ceux qui ont déjà un job en cherchent un autre, cela augmente inévitablement la concurrence sur les postes disponibles. Or, le fait d’être diplômés et expérimentés leur octroie un avantage considérable par rapport aux demandeurs d’emploi. 14%, cela représente pourtant plus que la demande d’emploi en Belgique et en effet, l’enjeu est finalement moins quantitatif que qualitatif.  

Les NEETS

Certains demandeurs d’emploi sortent complètement des radars, on les appelle les NEETS. Ils ne sont ni à l’emploi, ni à l’école, ni en formation, ni suivi par un organisme social et souvent considérés par les entreprises comme inemployables. Bernard Van Asbrouck, professeur à l’ULB, appelle ce processus " la Sherwoodisation de la société ". En d’autres termes, un nombre grandissant de personnes vivrait en marge complète des institutions. Et, malgré ce que certains slogans pauvrophobes voudraient nous faire croire, la vie d’un récipiendaire du RIS ou du chômage n’est pas une vie enviable. Une démocratie ne peut pas se contenter de dire aux gens que chaque voix compte, sans prouver ensuite que chaque vie compte aussi.

Quelles solutions ?

Pour lutter contre le chômage de longue durée, il faudrait que les entreprises gardent à l’œil ces trois grands principes :

  1. Personne n’est inemployable,
  2. Le travail ne manque pas, c’est l’emploi qui fait défaut,
  3. Le non-emploi a un coût pour la collectivité.

Sur base de ces trois principes, les partenaires Emploi et Formation de Charleroi-Métropole ont décidé de s’inspirer d’une solution développée en France, le territoire zéro chômeur de longue durée. Le principe est simple et sur base volontaire : en échange de leur allocation de chômage (qui sert à financer une partie de leur futur salaire), les chômeurs, désormais travailleurs, sont embauchés dans une entreprise d’utilité locale pour réaliser un ensemble de missions nécessaires aux collectivités. Difficile de savoir si ces territoires zéro chômeur vont fonctionner, il faudrait déjà pour cela que les astres Wallonie – Bruxelles – Fédéral s’alignent. En tous les cas, l’idée existe et beaucoup sont enthousiastes sur le sujet.

" N’oubliez pas que lorsqu’on utilise des mots aussi neutres que taux, pourcentage, nombre pour parler des demandeurs d’emploi, derrière, il y a aussi des larmes, des blessures qu’on ne voit pas. Et puis surtout, et d’abord, des gens comme vous et des gens comme moi. "

(Ré)écoutez l’œil d'Olivier Marchal

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