Chirurgie esthétique : quand le "raté" est désiré

Chirurgie esthétique : quand le " raté " est désiré
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Chirurgie esthétique : quand le " raté " est désiré - © Tous droits réservés

Sur internet,  lorsque vous tapez “opération chirurgie esthétique”, les moteurs de recherches vous proposent spontanément (juste après une destination exotique pour la réaliser) de consulter les sites en lien avec les "opérations ratées". Selon le Dr Vladimir Mitz, il y a une sorte de quête morbide des internautes envers la chirurgie plastique. Dans Tendances Première, le chirurgien mettait également en garde contre ses opérations "ratées" qui n’en sont pas, et l’impact qu’elles peuvent avoir sur les patients.  

Le regard des autres

L’acte chirurgical est intrusif explique d’emblée le chirurgien. Passer sur la table d’opération n’est pas un plaisir et "le bistouri est une agression physique"  qui n’est pas sans conséquence. Le Dr Vladimir Mitz estime que l’être humain va toujours éviter de se mettre dans des situations qui pourraient être néfastes pour lui, la chirurgie doit donc vraiment tenir à cœur au patient.  

 On considère toujours la chirurgie esthétique comme un luxe, alors qu’elle est aussi réparatrice 

C’est le cas pour le Roi de la Pop Michael Jackson avance-t-il. "À la suite d’une brûlure, il a dû subir des opérations" et elles se sont multipliées en altérant son physique  "L’idée s’est propagée qu’il attentait à son propre corps, et qu’il allait petit à petit vers une amputation du nez. Pour tous, ces opérations étaient perçues comme "ratées", mais pour lui elles ont probablement toujours été réparatrices" affirme le Dr Vladimir Mitz.

Devenir inhumain ou surhumain

"À la fin, Michael Jackson avait un côté inhumain : un peu bébé, un peu zombie" dit-il. Cet aspect "inhumain" ou "surhumain" c’est ce qu’il relève également du deuxième exemple qu’il soulève : celui d’ Orlan.

L’artiste connue pour avoir rendu ses opérations de chirurgie esthétique des performances et son corps une œuvre d’art illustre selon lui ce que l’on appelle aujourd’hui le "transhumanisme" . "Elle se fait implanter des pommettes au-dessus des sourcils, etc. elle transforme son corps en quelque chose de surhumain." Là encore, ces actes de  modification corporelle questionnent et sont bien souvent perçus comme "ratés" alors qu’ils sont le fruit  d’un acte délibéré.

Vladimir Mitz pose alors lui-même la question du positionnement des médecins dans ces interventions. "L’art du chirurgien esthétique est de savoir dire non quand il le faut" dit-il tout en prônant les bienfaits que la chirurgie esthétique peut apporter aux patients.

 

Dans Tendances Première Véronique Thyberghien et le Dr Vladimir Mitz ont également aborder les sujets de la chirurgie esthétique chez les jeunes, de sa considération par la société et les autorités, et de l’impact des opérations ratées sur la perception de la profession de chirurgien esthétique

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