Chaque attentat résonne comme un échec pour les services de renseignements Français!

Chaque attentat résonne comme un échec pour les services de renseignements Français!
Chaque attentat résonne comme un échec pour les services de renseignements Français! - © Tous droits réservés

Il y a quelques jours, Les Terrasses Francophones abordaient le sujet délicat du traitement de l’information dans le cadre des services de renseignements. Après Charlie Hebdo, Nice et les autres évènements qui ont fait la Une de l’actualité française, une question est récurrente:  les services de renseignements français sont-ils mauvais ?

Selon nos interlocuteurs et journalistes, les choses sont beaucoup plus compliquées que ce qu’elles n’y paraissent. En effet, lorsque l’on gratte un peu, il est évident de se rendre compte que des informations sur le terroriste et les terroristes, il y en a. Il y en a même énormément !

"Avec le développement des nouveaux moyens de communication, la surveillance informatique et les écoutes téléphoniques, le nombre de renseignements qui remontent dans les services a explosé ", explique Elodie Guéguen, journaliste spécialisée en terrorisme et renseignements.  Ce nombre, continue-t-elle, augmente également à cause du chiffre de plus en plus élevé de personnes qui se radicalisent. Les services de renseignements français surveillent 5600 personnes et parmi elles, 2000 seraient directement liés au djihad.

Tant d’informations, si peu d’analyses...

Récolter des informations, c’est une chose, le problème est ailleurs ! Alain Bauer, criminologue, nous explique :

Comme vous avez pu le voir, après chaque attentat terroriste, dans les minutes qui suivent l’identification d’un auteur, entre 5 et 15 kilos sortent miraculeusement des archives, qui montrent que l’on savait beaucoup de choses. Le problème n’est pas l’absence d’information mais bien l’absence d’analyse de cette information!

En guise d’exemple, prenons Amedy coulibaly, célèbre pour plusieurs actions terroristes. En 2010, ce dernier est incarcéré pour son implication dans une tentative d’évasion du terroriste islamiste Belkacem, de qui, il est d’ailleurs, l’artificier. Cependant, malgré ce lourd passé, à sa sortie de prison, personne ne le regarde, ni ne le surveille. "Comment se fait-il, qu’il ne soit pas au-dessus de la pile, clignotant et fluo dans la nuit ? " interroge le criminologue.  

En effet, la police avait en sa possession des tas d’informations nécessaires sur le tueur de l’épicerie cacher, le problème, est qu’elle n’a simplement pas su les exploiter.

Un besoin d’experts et de compétences spécifiques!

La police ne semble pas rencontrer de problème pour amasser des informations, mais elle manquerait d’effectifs compétents pour analyser ses données. Cependant, il semblerait que ces experts ne fassent pas partie des services de police et de renseignements.

Ce qui est expliquerait en partie le manque d’expertise, c’est que pendant longtemps, on a cru que ces services ne devaient être confiés qu’à des policiers ou des militaires. Aujourd’hui, pourtant, il est essentiel d’avoir à disposition des personnes qui puissent répondre de manière précise à tout : la politique, le nucléaire, l’aéronautique, l’hydraulique… Autrement dit des gens qui ont des connaissances pointues, des universitaires, des chercheurs qui vont être capables de faire des analyses pertinentes des données.

Ce n’est pas tout, il semblerait que nous ayons trop misé sur les nouvelles technologies.  "D’un point de vue budgétaire, il est plus intéressant de mettre en place 10 ordinateurs que 10 personnes sur le terrain ", avance la journaliste.

Que met en place la France pour répondre à ces problèmes dont elle semble avoir conscience ? Dans quelles écoles, les services français vont-ils trouver leurs prochains cerveaux ?

Des pistes vous sont proposées dans les Terrasses Francophones, en réécoute▼

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