Ces Belges qui ont participé à la guerre d'Espagne

Les Belges et la guerre d'Espagne
Les Belges et la guerre d'Espagne - © Wikimedia Commons

" No pasaran ! Ils ne passeront pas " clame à la Radio espagnole Dolores Ibarruri, le 19 juillet 1936. Ce cri devient immédiatement le slogan de la résistance antifasciste pendant la guerre civile espagnole qui oppose le gouvernement républicain du Front Populaire aux putschistes d’extrême-droite, conduits par la junte militaire de Franco. Dès octobre 1936, soit quelques mois après le déclenchement de la guerre civile, de nombreux volontaires de gauche et d’extrême-gauche vont répondre à ce cri en forme d’appel et s’engager aux côtés du gouvernement républicain espagnol, avec la ferme intention de ne pas laisser s’installer le fascisme en Espagne. Parmi ces idéalistes, des Belges vont choisir la lutte armée au sein des Brigades internationales. Certains s’occuperont des blessés dans des conditions très difficiles. Sans oublier les nombreuses familles qui accueilleront en Belgique des enfants évacués d’Espagne à la hâte, afin de les protéger des bombardements meurtriers.

Eric Loze nous raconte l’épopée de ces hommes et de femmes, illustrée par des archives de la Sonuma.


S'engager pour un idéal

La guerre civile fait rage en Espagne depuis 2 mois lorsque l'Internationale communiste ou Komintern approuve la création des Brigades internationales, en septembre 1936. Ce sont des volontaires désireux de se battre aux côtés des Républicains espagnols contre les militaires insurgés du général Franco. Ils vont lancer une vaste campagne de recrutement, relayée par les antennes du parti communiste dans plusieurs pays. Répondront à l'appel des communistes, des socialistes, des anarchistes, mais aussi des gens qui veulent donner un sens à leur existence. Ils viendront de 52 pays, dont la Belgique.

Parmi les volontaires belges, la plupart de ceux qui décident de tout quitter ont à peine 20 ans. Ils sont environ 2000. Beaucoup partent par idéal, dans le but de lutter contre le fascisme montant. "Ils défendaient toutes les valeurs que j'aimais : la liberté de penser, la tolérance, la démocratie, l'art dans son avant-gardisme. On était contre l'Eglise, qui en Espagne était effrayante et moyenâgeuse. On était contre les propriétaires fonciers, pour le partage des terres, pour les pauvres contre les riches", témoigne l'un des combattants belges.

Ils arrivent en Espagne via des sentiers de contrebandiers dans les Pyrénées. Le voyage est long. La grande majorité de ces jeunes n'a jamais participé à des affrontements armés et encore moins à la guerre. Sans aucune préparation et avec un armement sommaire, ils sont tout de suite emmenés au front, où ils apprennent à lutter pour la cause qu'ils défendent et pour leur survie, dans des conditions très difficiles.
 

Le gouvernement belge partagé

Leur départ suscite l'inquiétude et la désapprobation du gouvernement belge. Idéologiquement, le POB, le Parti Ouvrier Belge qui deviendra le Parti Socialiste, se sent proche de ces combattants idéalistes, mais sur le plan politique et stratégique, c'est problématique. Les socialistes doivent composer avec leurs partenaires catholiques et libéraux au gouvernement, qui prennent des décisions radicalement opposées à l'électorat de gauche et qui finiront par reconnaître officiellement le gouvernement de Franco, appelé gouvernement de Burgos.


L'aide humanitaire belge

Plus de 20 000 volontaires vont affluer en Espagne pour apporter leur aide humanitaire, notamment dans des hôpitaux soutenus par l'Internationale Socialiste. Parmi eux, un millier de Belges vont partir s'occuper des blessés et aider les familles en difficultés.

Les bombardements massifs et meurtriers poussent la population civile à évacuer les enfants vers d'autres pays pour les mettre à l'abri. Dès le printemps 1937, des milliers d'enfants sont embarqués sur des navires après de brefs adieux à leur famille. La Belgique répond à l'appel et accueille près de 5000 enfants, qui sont confiés à des familles d'accueil. Parmi ces milliers d'enfants dispersés aux quatre coins du monde, tous n'ont jamais pu retrouver leur famille malgré des recherches acharnées.


Des Belges choisiront l'autre camp

Dans une moindre proportion, des Belges choisiront l’autre camp, celui des nationalistes, et combattront aux côtés des troupes du général Franco, jusqu’à la victoire en 1939. On peut parler d'une cinquantaine de Belges volontaires.

Parmi eux, des membres de la Légion Nationale, une milice nationaliste belge, hyper patriote et plus ou moins fascisante, qui avait déjà, avant la guerre civile, des relations avec la Phalange. Ils vont rejoindre l'Espagne à titre individuel, sans qu'il y ait de recrutement organisé.

Il y aura aussi des aventuriers, qui vont aller y chercher la bagarre ou de l'avancement militaire. Des Hispano-Belges vont également s'engager parmi les troupes phalangistes.

Découvrez ici les témoignages de ces Belges qui ont vécu la Guerre d'Espagne. Des archives de la Sonuma.

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