Ce que vous ne savez peut-être pas sur la péridurale

Ce que vous ne savez peut-être pas sur la péridurale
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Péridurale ou pas ? Pour Titou Bosseret, sage-femme chez Amala, la question ne se pose pas en ces termes. Ce qui compte, c’est de s’informer !

Beaucoup de femmes ne sont pas bien préparées à ce que va être l’accouchement et pensent que la péridurale est un passage obligé. Il est vrai que, dans certaines situations, la péridurale s’impose, mais ce n’est que rarement le cas.

Pour Titou Bosseret, la péridurale ne devrait pas être systématique. L’équipe de naissance d’Amala vise pour cela l’autonomie des parents, via une information optimale.

Il est dommage de ne pas être préparée à l’arrivée d’un bébé, qui normalement se passe très bien de façon naturelle, de vivre dans la peur cet événement tellement extraordinaire dans la vie d’une femme et d’un homme.

Pouvoir accueillir ce qui se passe, ne pas être tétanisée dès les premières contractions, pouvoir être autonome pendant une grande partie du travail, voire jusqu’au bout, tant que l’on se sent bien, tout cela devrait être possible. Si on est heureux de la façon dont on a vécu son accouchement, cela va nous porter pour la vie, avoir une influence sur la vie du couple et de la famille.
 

Ce qu’il faut savoir

Beaucoup de femmes vivent bien la péridurale mais pour beaucoup ce n’est pas le cas. Parce qu’elle ne fonctionne pas toujours comme on le penserait, parce que la sage-femme est peu disponible et qu’on éprouve un sentiment de solitude, un sentiment de ne plus pouvoir être actrice de son accouchement.

Il faut aussi savoir que le bassin se mobilise beaucoup plus librement sans péridurale, et permet ainsi au bébé de se frayer au mieux un chemin vers la sortie. Avec la péridurale, le bébé progressera bien sûr, mais de façon moins aisée, même si on est mobilisée par les sages-femmes. Une péridurale placée très tôt peut aussi ralentir le travail et une surmédicalisation peut alors s’imposer. La femme n’est plus autonome dans son travail, elle 'subit' son accouchement, elle en est dépossédée. Le bébé fatigue aussi parfois.

Avec la péridurale, comme on n’a plus une poussée réflexe, le taux d’instrumentation de l’accouchement augmente statistiquement de 40%, avec l’utilisation de forceps et ventouses au moment de la naissance.

Nombreuses sont celles qui pensent que la péridurale doit être posée dans une certaine limite de temps et qu’il est parfois trop tard pour l'obtenir. Titou Bosseret précise toutefois qu’il n’y a aucun critère de temps : on peut avoir une péridurale à n’importe quel moment, même si c’est pour une heure.


Choisir en connaissance de cause

L’accompagnement et la préparation sont donc essentiels, tant pour la femme que pour son partenaire, qui apprendra les bons gestes à poser pour un accompagnement optimal. Il est important de se sentir en sécurité émotionnelle et médicale.

La péridurale est quelque chose de très culturel. Certains pays comme les Etats-Unis ou l’Italie ne la proposent pas systématiquement. Au contraire de la Belgique ou de la France, où le taux de péridurale est très élevé.

Certaines femmes sont très heureuses de faire une grande partie du travail seules puis d’être respectées quand elles atteignent leurs limites, en ayant recours à ce que la médecine moderne nous apporte.

Pour Titou Bosseret, le débat n’est donc pas péridurale ou pas, mais il s’agit surtout de travailler l’information, l’autonomie de la maman, et de veiller aux choix et aux désirs des parents, tout en sachant qu’il peut toujours y avoir des imprévus. Le systématisme de la péridurale est de toute façon à proscrire !

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