C'est le grand retour des films de Noël ! Cathy Immelen décrypte le phénomène

C'est le retour des films de Noël !
C'est le retour des films de Noël ! - ©

C'est une tradition de Noël. Chaque année, au cinéma comme à la télévision, l'esprit de Noël nous envahit avec son lot de comédies romantiques légères et acidulées. Cathy Immelen nous parle de la magie des films de Noël. C'est la séquence 'Cat’s eyes signé Cathy' !


Saint-Nicolas n'est pas encore passé que Noël est déjà là. Pour preuve, la sortie en salle cette semaine de la première comédie romantique de Noël, Last Christmas, que Cathy Immelen estime tout à fait oubliable.

Elle distingue deux catégories de films de Noël :

  • Les films qui passent et repassent à la télévision en période de fêtes, qu'on regarde chaque année en famille, genre madeleines de Proust.
     
  • L'épiphénomène que sont les téléfilms de Noël, qui envahissent la télévision tous les après-midi, déjà depuis début novembre. Ils représentent de gros cartons d'audience pour les chaînes françaises et la chaîne privée. C'est devenu une véritable tradition depuis quelques années, à laquelle on peut ajouter tous les autres films de Noël produits par les plateformes de streaming.
     

Le Christmas Spirit

Tous ces films participent à cette notion anglo-saxonne du 'Christmas Spirit'. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, la fiction de Noël est une tradition qui remonte au 19e siècle, plus particulièrement à la publication du conte 'Un chant de Noël', de Charles Dickens. Viennent ensuite des histoires de Noël publiées par épisodes dans les journaux, pendant la période des fêtes. Puis le phénomène s'est étendu à la télévision et aux téléfilms, avec des épisodes spéciaux des grandes séries populaires, comme l'épisode de Noël de 'Friends', un énorme succès d'audience.

La France et la Belgique ont eu tout intérêt à suivre le mouvement américain car ces téléfilms font carton plein auprès d'une cible bien particulière : la femme responsable des achats du ménage. Tout cela dans l'intérêt des annonceurs car quand on est plongé dans ce Christmas Spirit, on nous vend des produits de Noël beaucoup plus facilement !


Les ingrédients indispensables

Tous ces téléfilms sont produits majoritairement par une seule boîte de production : Hallmark Channel. Elle a produit cette année 40 fictions de Noël, qui ont pour caractéristique de se ressembler toutes : même histoire, même décor, acteurs interchangeables... ce qui ne les empêche pas d'attirer les foules. Elles viennent y chercher du réconfort, de la légèreté, avec un aspect régressif, il faut bien l'avouer.

Le directeur artistique de Hallmark Channel précise sur leur site les ingrédients nécessaires à leurs téléfilms de Noël : ils doivent être apolitiques, consensuels, respecter les valeurs familiales, comporter des scènes incontournables, assimilées aux traditions : acheter un sapin, emballer des cadeaux, cuisiner, se réunir en famille...

On y trouve aussi les thématiques récurrentes de la rédemption, de la quête de sens, de la seconde chance, du retour aux sources. 


Les grands classiques

Noël, c'est surtout les films qu'on connaît par coeur et qui sont diffusés et rediffusés en boucle chaque année pendant les fêtes. Cathy Immelen nous confie son top 23 :

  • Maman j'ai raté l'avion, avec la musique de John Williams : le film de Noël ultime !
  • Love actually de Richard Curtis, un incontournable
  • Le père Noël est une ordure, de Jean-Marie Poiré

"On les regarde encore et toujours, parce qu'ils nous permettent de basculer en enfance. On se remémore les fois où on les a regardés, petit ou ado, dans le salon familial. On répète le rite une fois par an avec nos enfants. C'est rassurant, c'est régressif, un peu comme un album de famille qu'on ouvre pour se rappeler de bons souvenirs, le temps de l'insouciance."

D'un point de vue psychologique, le fait de regarder un film connu permet de nous rassurer. Puisqu'on connaît déjà la fin, on limite le risque. C'est ce qu'on appelle la régulation émotionnelle.

D'un point de vue mercantile enfin, c'est l'assurance pour les chaînes de télévision de rassembler un large public ; les écrans pubs autour de ces films se vendent d'ailleurs très très cher.

Cathy Immelen et les films de Noël, c'est ici !

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