Brucella, Schizophrénie, Biopréservation

Fabienne Vande Meerssche
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Fabienne Vande Meerssche - © Tous droits réservés

Super sentinelles tueuses de la bactérie Brucella, schizophrénie, sciences et technologies des aliments … voilà les sujets de recherches des invités de ce samedi 2 juin dans Les Éclaireurs.

Fabienne Vande Meerssche reçoit : Aurore Demars, biologiste, doctorante à l’URBM (unité de recherche en biologie des micro-organismes) de l’Université de Namur, finaliste de "Ma Thèse en 180 secondes"Jérôme Englebert, docteur en psychologie, psychologue clinicien, maître de conférences et chargé de cours adjoint à l’Université de Liège et Catherine Nannan, bioingénieure, chercheure au laboratoire de microbiologie alimentaire et environnementale- Earth and Life Institute de l'UCL  

Aurore Demars

Après des études secondaires à Dinant (option latin-sciences puis math-sciences), Aurore Demars obtient son diplôme de biologie à l'Université de Namur. Pendant son master, elle a suivi un stage de quatre mois en Ecosse, et réalisé son mémoire dans l’un des laboratoires de sciences de l’Université.  Elle a ensuite reçu une proposition pour réaliser une thèse dans le même laboratoire (URBM- Unité de Recherche en Biologie des Microorganismes). Ses promoteurs de thèse sont Eric Muraille et Xavier De Bolle.

La thèse d’Aurore Demars s’intitule " Etude des étapes précoces de l’infection pulmonaire par Brucella melitensis chez la souris ".

Ce titre officiel a été transformé en " Former des Super-Sentinelles tueuses de la bactérie Brucella ", pour le concours "MaThèse en 180 secondes", dont Aurore Demars était le 24 mai dernier l’une des 19 finalistes.  

Sa recherche porte sur la bactérie Brucella (agent de la Brucellose). Aurore Demars étudie principalement la réponse immunitaire nécessaire pour lutter contre l’infection, et ce en souris (in vivo)*. Le modèle d’infection qu’elle utilise est l’intra-nasal, qui imite l’une des voies naturelles d’infection. Après infection intra-nasale, Brucella se retrouve dans les poumons lors des cinq premiers jours de l’infection. Ce sont les macrophages alvéolaires (les fameuses " sentinelles ") qui vont être les principales cellules infectées.

L'équipe dans laquelle Aurore Demars travaille a observé que la majorité des macrophages infectés (90 %) est capable d’éliminer Brucella. En revanche, les 10 autres % sont incapables d’éliminer Brucella, et au contraire, en sont remplies. Un de leurs objectifs est de réaliser un RNA-séquençage, (technique permettant de connaître quels sont les gènes sur-exprimés ou sous-exprimés dans une condition par rapport à une autre), sur des macrophages qui ont réussi à combattre Brucella, en comparaison avec des macrophages qui sont remplis de bactéries. Cela permettrait de repérer les gènes sur- ou sous exprimés dans un macrophage " armé " pour se défendre contre Brucella par exemple.

À long terme, ce projet d’étude pourrait permettre le développement de thérapies qui transformeraient les cellules " peu armées " en cellules capables de se défendre contre Brucella.

Parmi ses nombreux projets, Aurore Demars souhaiterait travailler en entreprise ou réaliser un postdoctorat à l’étranger ou encore travailler sur un autre organisme, par exemple un parasite (Toxoplasma, Plasmodium...)

 

*L'utilisation d'animaux est une pratique très encadrée. Pour lire la carte blanche signée par 219 chercheurs, publiée dans La Libre Belgique le 22 novembre 2017, cliquez ICI.

Jérôme Englebert

Jérôme Englebert est docteur en psychologie et psychologue clinicien. Il est maître de conférences et chargé de cours adjoint à l’Université de Liège où il enseigne différents cours de psychopathologie, de psychologie clinique et de philosophie. Il est également Professeur invité à l’Université de Lausanne en Suisse et clinicien expert à l’Établissement de Défense Sociale de Paifve.

Ses travaux portent sur la phénoménologie clinique et la psychopathologie (notamment la schizophrénie, la mélancolie, la personnalité borderline et la psychopathie) et les liens, inhérents à ces disciplines, avec la philosophie et l’éthologie. L'hypothèse principale sur laquelle repose ses propositions est que l'homme doit toujours être étudié "en situation", c'est-à-dire dans la complexité de son environnement, de ses systèmes de vie et à travers ses interactions concrètes avec autrui.

Jérôme Englebert a étudié à Paris auprès du Professeur Sami-Ali (professeur émérite de psychologie clinique) et a réalisé un séjour d’un an en Italie pour y achever sa thèse de doctorat où il a principalement collaboré avec le Professeur Giovanni Stanghellini (docteur en médecine, psychiatre et docteur honoris causa en philosophie.)

Outre de nombreux articles scientifiques, Jérôme Englebert a publié Psychopathologie de l'homme en situation 2013, seconde édition 2017, Hermann, Paris), coédité avec Valérie Follet le livre d’Albert Demaret Éthologie et psychiatrie (2014, Mardaga, Bruxelles) et le livre Adaptation (2016, MJWF, Paris) et a dirigé les numéro 20-21 (volume consacré au Test de Rorschach considéré sous l’angle de la phénoménologie) et 26-27 (volume, édité en collaboration avec Grégory Cormann, consacré aux rapports entre psychopathologie et philosophie) de la revue Le Cercle Herméneutique.

Le dernier ouvrage de Jérôme Englebert, co-écrit avec Caroline Valentiny , "Schizophrénie, conscience de soi, intersubjectivité", (de Boeck, 2017), explore l’hypothèse selon laquelle la folie pourrait dériver d’une intensification plutôt que d’un affaiblissement de la conscience.

(Pour lire la carte blanche à Jérôme Englebert sur Donald Trump parue dans Le Soir et dans le mensuel de l'Université de Liège : Le 15ème Jour du Mois, cliquez ICI. - "Donald Trump est-il malade mental ? Un manque de respect pour les malades mentaux".

Catherine Nannan

Catherine Nannan est bioingénieure, chercheure au laboratoire de microbiologie alimentaire et environnementale- Earth and Life Institute de l'UCL où elle a réalisé son mémoire sous la supervision du Professeur Jacques Mahillon. Son travail a porté sur l'adhésion d'une bactérie nosocomiale, Staphylococcus epidermidis, à des biomatériaux.

Passionnée par la microbiologie et la recherche, Catherine Nannan poursuit une thèse de doctorat orientée vers les intoxications alimentaires dont les statistiques annuelles sont encore dramatiques malgré les nombreuses méthodes de préservation alimentaire mises en place. Catherine Nannan s'intéresse plus particulièrement au grand domaine de la biopréservation.

Au sens large, la biopréservation est l'utilisation de micro-organismes capables notamment d'améliorer les propriétés de préservation de la nourriture. De très nombreuses applications mettent déjà en œuvre cette technique. Dans le cadre de sa thèse, Catherine Nannan a décidé de travailler avec des bactéries non dangereuses pour l'humain et capables de produire une très large variété de molécules actives. Objectif : développer un agent de biopréservation naturel pour lutter contre les pathogènes alimentaires majeurs.

Catherine Nannan a été, pendant 4 ans, titulaire d'un projet Doctiris (programme de financement de projet de thèses de  doctorat menés en collaboration avec des entreprises ou des autorités administratives) financé par Innoviris. Ce projet était basé sur une collaboration entre le laboratoire de microbiologie de l'UCL et la société Galactic

Pendant ses études supérieures, Catherine Nannan a été soutenue par la Fondation Franz Aubry (fondation, délivrant des Bourses d’études, créée par Elio Di Rupo, en référence et hommage à son professeur à l’école technique de Morlanwez).  

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