Briser le tabou de la ménopause

Casser la loi du silence à propos de la ménopause c'est le but de la pièce de théâtre "Ménopausées". Un spectacle mis en scène par Caroline Safarian pour être ensemble, libérer la parole, rire, dire ce qu’on ne pouvait pas dire, montrer ce que l’on cachait jusqu’ici.

 

Avec les premiers signes de vieillesse, avec les outrages du temps sur la peau, le corps et le cœur, viennent probablement le temps des bilans. Qu’ai-je fait de ma vie ? Une question qui peut se poser lorsqu'on atteint la ménopause, or ces réflexions intéressantes sont souvent également entachées d'un certain mal-être et d'une gêne.

En 2019, il est triste de constater que les femmes sont encore stigmatisées lorsqu'elles rentrent dans la période de la ménopause, car oui la société porte un regard encore très injuste et noir sur cette transition physique. Un tabou donc pour les femmes qui vivent souvent de manière secrète et solitaire cette période. La metteuse en scène Caroline Safarian, le Docteur Rozenberg du CHU Saint-Pierre et Nathalie Benoit, bénévole de Vie Féminine Brabant Wallon étaient les invités de l'émission Tendances Première.

Mauvaise transmission

Le spectacle Ménopausées n'est pas un spectacle militant, explique Caroline Safarian "C'est une pièce qui ouvre le dialogue."

L'idée de parler de la ménopause sur scène lui est venue lorsqu'elle a visité une page Facebook d'un comité de femmes comédiennes de 50 et plus qui n’étaient plus engagées." La je me suis dit qu’il fallait libérer ce tabou, car on le vit de manière très solitaire."

En effet, au contraire des règles qui sont expliquées aux jeunes filles, et qui sont souvent associées au fait "de devenir une femme", la ménopause signifie souvent dans l'inconscient une phase négative, plus de règles serait égal à ne plus être une femme. Dans le cadre du spectacle Caroline Safarian est donc parti  de la question "et à toi on t’a dit quoi quand t’as eu tes règles ? Est-ce qu'on t'a parlé de l'après ? 

Peu d’infos circulent avant cette période. Il est effectivement très rare qu'une femme explique et avertisse son entourage. Or comme le besoin de comprendre les règles, la femme a besoin de comprendre la ménopause. Le discours dominant étant souvent associé à la vieillesse, la perte de libido, etc... Le but de cette pièce est donc aussi d'informer et rassurer, oui, toutes les femmes vivront un jour ou l'autre la ménopause, mais non ce n'est pas un arrêt de mort, simplement une nouvelle phase comme le furent les règles.

Des vécus différents

Il existe un panel très large de symptômes et de vécus. Pour le Docteur Rozenberg, il existe "autant de ménopauses que de femmes". 

On stigmatise d'ailleurs autant les femmes par rapport à leur ménopause, que les symptômes prétendument répandus. Dans "Ménopausées", Caroline Safarian essaye donc de ne pas réduire ni de dénoncer simplement d'ouvrir, "je n’ai jamais voulu qu’il y ait d’apitoiement, mais plutôt poser des questions comme quelle responsabilité ai-je en tant que femme dans la transmission du sujet."

De plus précise Docteur Rozenberg si on pense que la ménopause est forcément une période douloureuse c'est faux. La patiente symptomatique avec une perte de qualité de vie est plus exception,  tout d'abord pour la majorité des patientes, les traitements existants suffisent," il y a des traitements qui ne sont pas dangereux, qui sont très bénéfiques" mais il existe bien sur certaines femme sur lesquels ces traitements n'agissent pas et "malheureusement pour ces femmes là on n’a pas énormément de choses à offrir car c'est une cause qui n'intéresse pas le secteur pharmaceutique et la recherche."'

 

Un regard noir de la société

D'après le Docteur Rosenberg, le regard noir et le fossé financier homme-femme est encore plus grand après la ménopause, "la ménopause a un impact socio-professionnel, on a eu tellement tendance à faire culpabiliser les femmes."

Il manque encore malheureusement un pan de recherche car l'industrie n'est pas intéressée, et avec Ménopausées on ouvre au moins la voie au remède de la libération de la parole.

Heureusement la culture est là "le théâtre n’est pas là pour donner des réponses mais pour poser des questions avec beaucoup d’humilité, on n’a pas les réponses à tout, il faut faire tomber des tabous, autour du couple, de la transmission, de l’intimité, de la sexualité, car la femme a tellement tendance à culpabiliser les changements de sexualité dans son couple." explique Caroline Safarian

Toutes les infos sur les infos sur la pièce "Ménopausées" ici 

Réécoutez l'émission Tendances Première pour en savoir plus sur la ménopause et sur la pièce "Ménopausées"

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