"Bonne nouvelle", le coming-out de Cabrel sur sa foi...

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" Bonne nouvelle " de Francis Cabrel, une chanson d’amour de 2004 qui évoque l’illumination du moment de la rencontre – moment de grâce…

" Je me battais comme tout le monde. Pour quitter mes ombres profondes (…) Je t’attendais comme un miracle. Un Noël. Il est venu mon jour de chance. Ni en retard, ni en avance. Quand t’as allumé ton sourire. J’ai pu m’entendre dire. La vie me donne ce que j’attends d’elle. " C’est l’arrivée d’un amour ou l’arrivée d’un enfant (" Je t’attendais comme un miracle. Quand t’as allumé ton sourire "). Ca pourrait être une naissance mais c’est probablement plus l’apparition d’une femme puisque le personnage poursuit :

" Comme ça, ce serait moi le gars aux yeux. Plein d’étincelles. Celui qui connaît toutes tes couleurs de rimmel. À chaque fois que nos doigts s’entremêlent. Est-ce que tu sens les nuages à tes semelles. Et si c’était éternel… " Bon, là-dessus, on est tous d’accord : le personnage exprime sa joie d’avoir trouvé une femme qui est plus qu’un cadeau – mais carrément une fête, " un Noël "…

 

Mais quand on écoute bien le reste des paroles de " Bonne nouvelle ", on sent bien que le sens du texte – une chanson d’amour comme il en existe des milliards d’autres – se fait doubler par une deuxième signification qui passe en frôlant les murs et avec l’air de dire " Je suis là mais ne faites pas trop attention à moi ".

La chanson de Cabrel dit : " Deux ou trois anges autour. Toujours en sentinelle. Des papillons aux ailes lourdes de cannelle. Chaque fois que je te vois. Que je t’appelle (…) Dans chaque bar, chaque coin de rue. Chaque chapelle. Tout le monde voit bien que sans toi. Je dérive au diesel. Toi, t’as les clefs de tout. De la Tour Eiffel. C’est de là-haut que tu colores l’arc-en-ciel.  C’est pour ça que je t’appelle bonne nouvelle "… Les anges, la chapelle, l’appel… ça nous met sur une piste… Et puis, qui est-ce qui a les clefs de tout – les clefs du Royaume, en somme ? Qui peut colorer l’arc-en-ciel de là-haut, à part Dieu ?

" Bonne nouvelle " est une chanson sur la foi. La foi en l’amour, d’accord - mais la foi en Dieu, surtout… " Bonne nouvelle " est une chanson sur la prière : " Chaque fois que je t’appelle "

 

Avec des images qui relèvent plus du catéchisme que de la poésie incandescente – " De là-haut, tu colores l’arc-en-ciel " (on est à la limite du poème pour fête des mères) - Francis Cabrel évoque sa foi… Et il insiste sur le côté images pieuses et musique sacrée qui annonce la présence de Dieu puisqu’il dit : " J’entends les cuivres, les cordes, les cors ".

Et plus loin : " La nature a beau faire le lait, le miel. Le grand, l’inestimable, l’Essentiel. C’est toujours mieux son ton ombrelle ". Le grand, l’inestimable, " l’Essentiel ", dans toutes les religions du monde, ça ne peut être qu’un seul être : Dieu. Et puis, le lait et le miel, c’est une référence directe à la Bible où l’on évoque Israël comme étant " le pays où coulent le lait et le miel ". Sans compter que le titre même de la chanson – " Bonne nouvelle " – a une signification biblique. Dans les évangiles, la " bonne nouvelle ", c’est la parole du Christ, c’est le message de Jésus sur la présence de Dieu auprès des hommes.

En faisant ses associations d’idées dont il penserait qu’elles nous échapperaient, " Bonne nouvelle " est un coming-out sur la foi de Cabrel. Enfin, un demi coming-out à en croire une interview qu’il a donnée en avril 2015 à l’hebdo catholique " Le Pèlerin " où il dit : " Je n’ai jamais fait mystère de ma foi. Je suis catholique de fait et de conviction. "

Et à la question " Le Christ vous accompagne-t-il au quotidien ? " Cabrel répond: " Je le prends à témoin et je le remercie régulièrement (…) J’adhère totalement aux fondements de son message qui est d’une grande clarté et qui parle d’amour du prochain. "

Tout ça, on le retrouve – tombant, goutte à goutte – dans " Bonne nouvelle "…

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