Bien-être au travail : effet de mode ou réelle préoccupation ?

Bien-être au travail : effet de mode ou réelle préoccupation ?
Bien-être au travail : effet de mode ou réelle préoccupation ? - © Tous droits réservés

A l’heure d’une société grippée par le burn-out ou encore le bore-out, le bien-être au travail est devenu un enjeu crucial. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas et son inscription dans le cadre de la législation n’est que très récente. Il y a encore 2-3 ans le bien-être des employés ne constituait pas un objectif ni légal ni humain pour les entreprises. C’est seulement en 1996 qu’une loi apparaît. Mais a-t-elle eu de réels impacts, le bien-être au travail est-il vraiment souhaité et soutenu ?

Avant de parler de bien-être, une distinction est nécessaire. Il faut savoir dissocier le principe du bien-être, concept assez général du point de vue légal du principe de la sécurité qui recouvre une sécurité plus physique que matérielle ou psychologique. Le bien-être et la sécurité sont deux choses bien différentes, mais complémentaires.

On peut penser que le bien-être au travail serait beaucoup plus lié la psychologie et au burn-out mais, en fait, pas tellement, il recouvre 7 domaines de compétences, repris par la loi bien-être :

  1. Sécurité au travail
  2. Protection de la santé des collaborateurs
  3. La charge psychosociale (stress, violence)
  4. L’ergonomie (disposition des bureaux, la posture, le siège)
  5. L’hygiène
  6. L’embellissement des lieux de travail
  7. Les mesures environnementales

5 idées reçues par rapport au travail

Mais avant de parler de bien-être, il faut d’abord détricoter les idées reçues sur le travail et sur les sources de bien-être que celui-ci peut procurer.

  1. Le travail est une source de stress : alors oui c’est vrai, 22% des personnes sur l’Europe des 27 estiment qu’ils souffrent de stress au travail, mais d’autres études prouvent que de ne pas travailler est encore une plus grande zone de stress. La notion du stress peut être en fait stimulante et il y a des gravités différentes, qui peuvent induire selon le niveau du mal-être au travail.
  2. Le niveau de rémunération est plus important que la santé et le bien-être et c’est faux. Souvent ce facteur arrive en numéro 3 ou 4 sur l’échelle des facteurs de bien-être, les gens préfèrent du sens ou des jours de congé qu’un gros salaire.
  3. Les dépenses de santé et de sécurité sont un coût pour l’entreprise, or quand 1€ est investi, on récupère 2,20 € grâce au meilleur taux de présence, de productivité, de rentabilité. C’est au contraire quand on n’investit pas qu’on perd de l’argent.
  4. Si les salariés sont là, c’est que tout va bien ce qui est faux. On appelle ça la démission intérieure. Pas mal de gens viennent au travail mais ils ont déjà démissionné. C'est pire que le taux d’absentéisme et donc c’est toxique.
  5. Pour avoir des salariés motivés il faut un environnement fun, aussi appelé phénomène du baby-foot washing. On pense parfois qu’en mettant deux poufs et un kicker on est « fun » et on est cool et donc les employés vont se sentir bien et décontractés. Il y a évidemment plein d’autres éléments qui jouent et ce genre d’aménagement ne sera que superficiel s’il n’est pas accompagné d’un véritable investissement dans le bien-être au point de vue humain. De plus le bruit du baby-foot est bien plus toxique qu’agréable.

 

Du bien-être, mais pourquoi ?

Parce qu’au-delà du bien-être des employés, des employés qui se sentent bien c’est très très bénéfique à l’entreprise.

La preuve par les chiffres : le coût du chômage est moins important que le coût de la sécurité sociale. Le taux d’absentéisme en entreprise est actuellement en moyenne de 5,5%. Sur 100 jours de travail les personnes sont absentes 5,52 jours, pour maladie ou mal être au travail. Une entreprise qui se préoccupe donc du bien être apporte un taux d’absentéisme moins élevé c’est donc c’est un investissement.

Une entreprise qui se préoccupe du bien-être va attirer les talents et ce bien-être sera également un avantage pour le recrutement.

Au-delà de l’effet de mode, le bien-être est une véritable préoccupation.

Mettre du vernis pour le bien-être comme en plaçant deux baby-foots et un canapé s’use et craque donc très vite. Il faut donc s’investir car le bien-être vient des choses beaucoup plus humaines. Un des premiers critères de bien être serait une hiérarchie ouverte et bienveillante, qui propose des actes et du concret, deuxième critère des moments de convivialité entre les travailleurs, des moments qui ne doivent pas toujours être initiés par employeur, le bien-être au travail découle aussi du caractère autoentrepreneur des employés à construire leur propre bonheur.

 

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK