Basquiat-Schiele, entre révolte et liberté

® Fondation Louis Vuitton
® Fondation Louis Vuitton - © Tous droits réservés

Jean-Paul Claverie, conseiller d’un certain Bernard Arnault (qui préside la destinée du groupe LVMH) était l’invité de Sophie Moens dans Week-end 1ère pour aborder l’exposition "Jean-Michel Basquiat - Egon Schiele" présentée à la Fondation Louis Vuitton. Une Fondation Vuitton qui accueille cette double exposition événement autour de deux artistes aux destins fulgurants... Deux époques, deux univers, deux génies. Découverte.

Cette exposition, initialement pensée pour célébrer le 30ème anniversaire de la disparition de Jean-Michel Basquiat, prend place à la Fondation Louis Vuitton, un lieu devenu petit à petit un espace d’exception pour l’art et la culture. Celle-ci illustre la volonté de Bernard Arnault de marquer l’engagement du groupe dans le domaine de l’art, de l’éducation, mais aussi de l’architecture (qui est une de ses plus grandes passions). Selon Jean-Paul Claverie, cet engagement dans le domaine de l’art constitue le socle identitaire de ce qu’est aujourd’hui la Fondation Louis Vuitton. "L’idée derrière la Fondation, c’est cette conscience que le succès de toutes nos maisons doit beaucoup à cette relation très particulière entretenue avec la culture, avec les artistes et l’émotion que tout cela peut susciter".

Deux artistes dont la forme d’expression artistique fait aujourd'hui partie de l’histoire de l’art.

D’un côté Egon Schiele, dont on commémore le centenaire de sa mort, et de l’autre Jean Michel Basquiat, figure de l’underground new-yorkais. Deux icônes de l’art moderne et contemporain dont les contextes historiques et artistiques peuvent sembler éloignés. Pourtant, un certain nombre de points rapprochent ces deux artistes. Et lorsque Sophie Moens s’interroge sur "ce qui a poussé la Fondation Vuitton à organiser une exposition autour de ces deux maitres de l’art", la réponse de Jean-Paul Claverie est sans équivoque. "Il y avait une réelle volonté de trouver ce dénominateur commun entre Basquiat et Schiele. Ce qui les rapproche d’abord, et c’est peut-être une question anecdotique, mais c’est que les deux sont morts à 28 ans. Le premier en 1918 de la grippe espagnol, le second en 1988 d’une overdose. Rajoutez à cela que ces deux artistes ont eu une carrière très courte, mais en à peine 10 ans, ils ont réussi à créer une forme d’expression artistique qui aujourd’hui fait partie de l’histoire de l’art."

Révolte et liberté

Mais les points de comparaison ne s’arrêtent pas là. Au niveau "des modes artistiques", Jean-Paul Claverie pointe du doigt ce qu’il appelle "le caractère existentialiste de la ligne" : "Vous parliez du graffiti plus tôt dans l’émission… Les dessins de Basquiat sont absolument admirables et à la fois très classiques mais ils sont surtout novateurs, voire révolutionnaires. Et ce qui est marquant avec ces deux artistes, c’est l’intensité, l’énergie de leurs révoltes. Ce sont deux artistes qui considéraient avoir une mission quasiment christique."

Autre point de comparaison : Leur attachement à la liberté. Schiele par rapport à sa liberté de vie, la liberté qu’il manifeste déjà en quittant l’Académie alors qu’il y est entré à l’âge de 16 ans. Tandis que du coté de Basquiat, c’est l’histoire de "la figure noire". Il veut faire exister la figure noire dans l’histoire de l’art. Et tout cela créé en lui une forme de révolte, une forme de mission, celle de marquer une avancée par son art. Deux personnalités en révolte mais aussi très engagées à réaliser une œuvre qui les rapproche.

Des prophètes de l'art

La grande majorité des œuvres exposées sont issues de collections privées. L'exposition d'Egon Schiele rassemble près de 120 œuvres alors que l’univers Basquiat se déploie au sous-sol et dans les étages du bâtiment dessiné par Frank Gehry. Découvrez cette exposition jusqu’au 14 janvier 2019 à la Fondation Louis Vuitton.

 

 

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK