AUTONOMICAP & Wittert : deux projets d'envergure !

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Ce samedi 5 décembre 2020, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans LES ÉCLAIREURS : Dominique Allart, Professeure ordinaire à l’Université de Liège, où elle enseigne l’Histoire de l’Art européen du XVème au XVIIIème siècle et dirige le Service d’Histoire de l’Art des Temps modernes & Isabelle Hachez, Professeure de droit à l’Université Saint-Louis, co-présidente du CIRC (Centre Interdisciplinaire de Recherches en droit Constitutionnel) ; elle a co-dirigé l’ouvrage collectif  " Les grands arrêts en matière de handicap " (Larcier)  et elle coordonne le projet de recherche AUTONOMICAP.

 

DIFFUSION : samedi 5 décembre 2020 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 6 décembre 2020 à 23h10’

      

Dominique Allart

Dominique Allart est Professeure ordinaire à l’Université de Liège où elle assure les enseignements relatifs à l’Histoire de l’Art européen du XVe au XVIIIe siècle ainsi que la Technologie des Arts plastiques. Elle y a fondé le Centre européen d’Archéométrie et contribué à la création de l’Unité de recherche interdisciplinaire  " Transitions "  sur le Moyen âge tardif  et la première Modernité qu’elle a dirigée pendant plusieurs années.

 

Sa principale spécialité de recherche porte sur la peinture et les arts graphiques au XVIe siècle. Elle s’est intéressée aux premiers développements de l’art du paysage aux Pays-Bas au XVIe siècle, ce qui l’a conduite très naturellement à Pierre Bruegel l’Ancien, auquel elle a consacré  une part importante de ses travaux. Elle a notamment étudié la réception de l’œuvre de Bruegel et un phénomène longtemps resté énigmatique : les modalités de production massive de copies exactes des tableaux de l’artiste, dont son fils aîné, Pierre Brueghel dit le jeune, se fit une spécialité. En collaboration avec Christina Currie (Institut royal du Patrimoine artistique), elle a publié un important ouvrage sur la question. Elle a aussi pris une part active aux grandes manifestations scientifiques organisées à l’occasion du 450e anniversaire de Bruegel, en 2019.

 

Un autre aspect des recherches de Dominique Allart concerne la Renaissance artistique en Principauté de Liège. La figure majeure, dans ce contexte, est celle de Lambert Lombard, qui incarna en quelque sorte une tendance artistique opposée à celle de Bruegel l’Ancien. Il fut en effet l’un des chefs de file d’un art italianisant et antiquisant, très prisé au Nord des Alpes à l’époque. Le rayonnement de Lambert Lombard fut immense, non seulement à Liège, mais aussi au-delà : il fut apprécié en Italie et forma des artistes flamands notoires. Le bagage historique et archéologique hors du commun dont Lambert Lombard s’était doté pour atteindre ses objectifs artistiques lui vaut d’être souvent qualifié de doctus pictor, peintre savant. Il fut la figure majeure d’une Renaissance liégeoise qui mérite d’être réévaluée. Dominique Allart dirige l’édition d’un ouvrage collectif sur le sujet. Ce livre permettra de mesurer la cohérence et la richesse de l’essor artistique et culturel qui se produisit à Liège autour de Lambert Lombard.

 

Depuis le début de cette année, les recherches de Dominique Allart se focalisent enfin sur un projet d’exploration d’un extraordinaire fonds de dessins et de gravures appartenant à l’Université de Liège, qui l’hérita d’un collectionneur, le baron Adrien Wittert, en 1903. Le legs Wittert comprenait 20.000 livres, 117 manuscrits et incunables et pas moins de 25.000 gravures et dessins anciens, auxquels s’ajoutaient près de 150 objets d’art et de curiosité, ainsi qu’une cinquantaine de tableaux. Par son importance, il contribue à la réputation internationale du Musée qui abrite les Collections artistiques de l’Université de Liège, un Musée d’ailleurs baptisé du nom du généreux donateur.

 

Au sein du Fonds Wittert, la fabuleuse collection d’arts graphiques anciens mérite que lui soit consacré un véritable travail d’expertise. Le Wittert Project " dirigé par Dominique Allart vise à entamer cette démarche en se concentrant sur la composante la plus remarquable de cet ensemble : les dessins du XVe siècle (il y en a quelques-uns dans le Fonds Wittert) et du XVIe siècle (beaucoup plus nombreux). Les chercheurs impliqués à ses côtés dans cette initiative sont le Dr Antonio Geremicca, expert des dessins italiens de cette époque, et Gaylen Vankan, qui consacre sa thèse de doctorat à l’étude des arts graphiques flamands et hollandais du XVIe siècle, sous la conduite de Dominique Allart.

 

L’un des objectifs du " Wittert Project " est de produire un catalogue scientifique des dessins du XVe et du XVIe siècles les plus importants, en proposant ainsi un protocole qui pourra être appliqué à l’étude de l’ensemble des dessins du fonds Wittert. Chaque pièce fait l’objet d’un travail de datation et d’identification de l’artiste qui l’a réalisé ou du milieu dans lequel il a été produit, d’une description de sa technique et de son état de conservation, ainsi que d’une étude iconographique (identification du sujet représenté).

 

Pour lever un coin du voile sur les richesses du Fonds Wittert dans le domaine de la gravure, une approche thématique sera privilégiée ; elle donnera lieu à des expositions temporaires. Une première exposition a déjà vu le jour l’an dernier à Liège, à la faveur d’un partenariat entre le Musée Wittert et la Ville de Liège : " Renaissances contrastées. Bruegel, Lambert Lombard et Lambert Suavius ". Son succès a conduit l’équipe à la pérenniser sous une forme virtuelle, librement accessible en ligne, ce qui sera chose faite d’ici peu.

 

La prochaine exposition en préparation s’intitulera " Raphaël, la grâce et l’invention. De Rome aux anciens Pays-Bas ". Elle sera prête au printemps 2021 pour être montée, sinon physiquement, vu les conditions sanitaires,  en tout cas sous une forme virtuelle, elle aussi librement accessible en ligne.

 

Si le " Wittert Project " est un véritable projet de recherche spécialisée, il n’en revêt pas moins une finalité pédagogique, ciblant de manière privilégiée les étudiants en Histoire de l’art et Archéologie à l’Université. Dominique Allart prévoit ainsi d’initier et d’associer les étudiants du niveau Master aux procédures d’expertise du dessin et de la gravure, tout en les familiarisant par la même occasion avec les exigences de conservation de ces œuvres délicates et fragiles.

 

Un aspect du " Wittert Project " concerne enfin le profil d’Adrien Wittert comme collectionneur et sa biographie de manière plus générale. Anne-Sophie Laruelle, une des chercheuses post-doc FNRS du service de Dominique Allart, accomplit des recherches d’archives en ce sens.

 

Retrouvez ici la liste des publications de Dominique Allart.

Isabelle Hachez

Isabelle Hachez est Professeure de droit à l’Université Saint-Louis et co-présidente avec François Tulkens du CIRC (Centre Interdisciplinaire de Recherches en droit Constitutionnel). Isabelle Hachez travaille au cœur du projet interdisciplinaire ARC " AutonomiCap " et a co-dirigé l’ouvrage collectif " Les grands arrêts en matière de handicap "(Larcier).

 

En 1999, après 5 années d’études de droit à l’Université Saint-Louis puis à l’UCLouvain, Isabelle Hachez se lance dans un Master de spécialisation en droits de l’homme, tout en étant engagée comme assistante de Hugues Dumont à l’USL-B, d’une part, et dans le Centre de droit public de l’UCLouvain d’autre part. L’année suivante, elle entame son stage au barreau sous la supervision de François Tulkens en conservant un mandat d’assistante à l’USL-B. En 2002, Isabelle Hachez quitte le barreau pour réaliser une thèse de doctorat sur le principe de standstill à l’USL-B, sous la promotion de Hugues Dumont et avec une bourse du FNRS. Depuis 2008, elle poursuit sa vie professionnelle à l’Université Saint-Louis où elle est Professeure.

 

Depuis cette année 2020, Isabelle Hachez assume, avec François Tulkens, la co-présidence du CIRC, un centre de recherche qui compte une soixantaine de membres. Chez Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, elle est  membre du Conseil d’administration et membre effectif de sa Commission d’accompagnement dans le cadre de la mise en œuvre de l’article 33.2 de la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées.

 

Les activités de recherche d’Isabelle Hachez se déclinent en trois axes principaux :

 

 

  • La théorie des sources du droit, explorée dans le cadre d’une recherche collective menée notamment avec François Ost et Michel van de Kerchove et qui a débouché sur la publication de 4 volumes rassemblés sous l’intitulé " Les sources du droit revisitées " (vol. 1 : Normes internationales et constitutionnelles ; vol. 2 : Normes internes infraconstitutionnelles ; vol. 3 : Normativités concurrentes ; vol. 4 : La théorie des sources du droit ), Limal, Anthémis, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2012).

 

Isabelle Hachez travaille au cœur du projet interdisciplinaire ARC " AutonomiCap ", fédérant une équipe de 6 promoteurs, 3 doctorants, un post-doctorant à venir (la vacance sera publiée sous peu) et 2 aides administratives. La problématique centrale de ce projet consiste à analyser, par le biais d’une approche interdisciplinaire, de quelles manières la montée en puissance des références à l’autonomie transforme les objectifs et les modalités des politiques publiques à l’égard des personnes en situation de handicap. Pour ce faire, l’équipe a utilisé une voie d’entrée originale et encore peu explorée en Belgique : la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Celle-ci cristallise en effet une série d’évolutions dans la manière de considérer le handicap, en mettant notamment l’accent sur l’importance d’une approche inclusive et sur la promotion de l’autonomie des personnes en situation de handicap.

 

Dès lors, plusieurs questions se posent : Dans quelle mesure ces évolutions ont-elles été traduites par les législateurs belges compétents ? Comment sont-elles mises en pratique dans les politiques publiques belges et dans l’action des professionnels en charge de ce secteur ? Quelles sont les impacts et les effets de ces pratiques d’intervention pour les personnes concernées et l’exercice de leurs droits ? De manière plus prospective, en quoi ces reconfigurations invitent-elles à repenser les concepts d’autonomie et de handicap ? Et quelles pourraient en être les implications pour les politiques publiques ?

 

Retrouvez les publications et actualités du projet " AutonomiCap " sur leur site Internet.

 

L’ACTU LES ECLAIREURS :

Pierre-Guillaume Méon fut l’invité de notre émission LES ECLAIREURS, le 27 avril 2019 (pour consulter sa notice, cliquez ici).

 

Il est Professeur d’économie à l’ULB et dirige le Centre Emile Bernheim (centre de recherche en sciences de gestion) où il a aussi lancé le Management Café pour partager les travaux des membres du centre en suivant le modèle des cafés philo.

Le prochain Management Café avec Pierre-Guillaume Méon " Se reconvertir : pas de côté, grand écart, ou accélération ? " aura lieu le 09 décembre 2020 à 18h00. Pour respecter les mesures de confinement, cette édition se fera à distance sur Zoom. Pour y participer, il vous suffit de cliquer sur : Management Café Online

 

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