Aujourd'hui en Europe: des échanges commerciaux de plus d'un milliard de dollars par jour entre Chine et UE

Aujourd'hui en Europe: des échanges commerciaux de plus d'un milliard par jour entre Chine et UE
Aujourd'hui en Europe: des échanges commerciaux de plus d'un milliard par jour entre Chine et UE - © Wikimedia-Robert Scoble

C’est la première fois qu’un président chinois se rend dans les bâtiments des institutions européennes, mais ce n’est évidemment pas la première fois que les deux partenaires se rencontrent. Depuis 1998, tous les ans, Chinois et Européens se retrouvent soit en Chine soit sur le territoire de l’Union, mais c’est toujours le premier ministre chinois qui faisait le déplacement jusqu’à présent.

Évidemment, quand on pense aux relations entre l’Union et la Chine, on pense tout de suite aux relations commerciales, Chinois et Européens sont des partenaires commerciaux incontournables. On évoque des échanges commerciaux de plus d’un milliard de dollars par jour entre Chine et Union européenne.

"La guerre du soutien-gorge"

Mais comme souvent dans ces cas-là, ces relations commerciales sont délicates. En 2005, on a connu "la guerre du soutien-gorge" comme on l’avait appelée à l'époque : des centaines de milliers de produits textiles chinois bloqués dans les ports européens parce que la Chine avait adhéré à l’organisation mondiale du commerce, qu’elle avait déversé des tonnes de produits textiles produits à bas prix avant que les Européens ne fixent des quotas de produits chinois autorisés sur leur sol.

Les faiblesses de l'Union

L’Union avait finalement ouvert ses frontières aux chaussettes chinoises, c’était le premier conflit commercial de taille avec la Chine et il avait déjà démontré les faiblesses de l’Union dans ce dossier. Une Union d'ailleurs divisée face aux perspectives de développement du marché chinois.

A l’époque, le sud de l'Europe, producteur de textiles, plaidait pour des mesures de protectionnisme fortes contre les textiles chinois, le nord, qui n’est pas producteur de textile, plaidait pour une large ouverture de notre marché, brandissant même la menace d’un hiver glacial sans pulls chinois bloqués aux frontières.

Et puis surtout, une bonne partie des Européens estimaient déjà à l’époque que tout cela ne valait pas une guerre commerciale d’envergure avec la Chine. Et ceci n’ayant aucun rapport sans doute avec cela, le lendemain de l’accord sur le textile, la Chine commandait dix Airbus pour sa compagnie aérienne nationale.

Des conflits commerciaux délicats

On a entendu un peu le même genre d’arguments plus récemment, il y a un an, avec les panneaux solaires chinois. Le commissaire européen au commerce international, Karel De Gucht, a voulu surtaxer les panneaux solaires chinois largement subsidiés par les autorités chinoises. Plusieurs états membres, Allemagne en tête, étaient opposés à ce genre de sanctions sachant que la Chine est devenue un des principaux débouchés économiques pour les exportations allemandes et autres. Sachant aussi que, tant pour le textile que pour les panneaux solaires chinois, les consommateurs profitent de ces bas prix. Et puis certains Européens sont maintenant installés en Chine et exportent vers l’Union, tout cela rend les conflits commerciaux avec la Chine délicats à gérer.

D’autant que la Chine répond coup pour coup, elle avait ainsi ouvert une enquête sur le vin européen, au grand dam des Français notamment. La Commission a annoncé récemment qu’elle stoppait l’enquête qu’elle menait sur le secteur des téléphones portables chinois, aussi subsidié, et par hasard sans doute, la Chine a stoppé son enquête sur le vin européen.

Investissements chinois en Europe

Les relations économiques vont au-delà des simples relations commerciales au sens premier du terme. En pleine crise de la zone euro, lorsque la Chine a promis son soutien à la zone euro, en clair, la Chine s’engageait à racheter de la dette des pays de la zone euro, y-compris des pays plus fragiles, à une époque où les investisseurs s’en méfiaient. Pas d'altruisme dans cette décision mais les Chinois s’inquiétaient de voir leurs principaux clients ralentir leurs importations et du même coup donner un coup de frein à la croissance chinoise. Sans compter les investissements dans les pays fragiles de la zone euro, comme le port du Pirée en Grèce passé aux mains des Chinois.

C’est d’ailleurs l’un des dossiers qui est sur la table des Chinois et des Européens, un accord sur les investissements. Pour faciliter l’accès aux marchés de part et d’autre, notamment pour balayer les obstacles que rencontrent les Européens quand ils veulent investir dans certains secteurs chinois bien gardés. Cela a été l'un des thèmes de discussions lundi matin lors de la rencontre avec les Européens.

Une séquence réalisée par Anne Blanpain - Aujourd'hui en Europe, tous les jours de la semaine à 17h25 sur La Première.

 

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK