Au feu les CD et les DVD

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CD - © Google

Chronique mediaTIC du lundi 13.05.2013

Je ne sais pas si je me souviens encore de la dernière fois où j'ai inséré un CD dans mon ordinateur pour installer un logiciel. Et je pense que ce matin, Cédric Godart, vous allez m'expliquer que je suis loin d'être le seul.

Oui, Georges. Vous faites partie de cette proportion de plus en plus grande de la population qui porte de moins en moins d'attention au physique au profit - non pas de la beauté du coeur -, mais plutôt de la matrice virtuelle. A l'heure actuelle, pour télécharger des divertissements - qu'il s'agisse de musique ou de vidéo -, vous disposez de deux options. Soit vous achetez un support physique ou un support numérique. Soit vous louez l'accès ce support. Que ce soit de manière temporaire ou de manière définitive. Certains pensent qu'à moyenne échéance, ce modèle va voler en éclats. On assiste petit à petit à la fin d'un modèle de distribution physique. Et pas uniquement pour la musique. Le 1er mai, l'éditeur Adobe - que vous connaissez peut-être pour sa technologie Flash ou Photoshop - a décidé que les CD et les DVD de logiciels seraient abandonnés. Deux options s'offrent à vous désormais. Soit télécharger l'application que vous posséderez sur votre ordinateur. Soit louer l'accès à ce logiciel sur base mensuelle ou annuelle. Mais vous ne pourrez plus acheter le DVD dans une boutique physique. // L'air de rien, ce revirement est un changement de paradigme total pour le métier d'éditeur d'applications. Cela signifie concrètement qu'on ne paie plus pour un logiciel. On paie pour un service. Et ce mouvement est de toute manière inéluctable. Apple et d'autres constructeurs abandonnent petit à petit les lecteurs de CD, DVD ou Blu Ray sur nos ordinateurs, qui deviennent de plus en plus fins et dont les capacités de stockage deviennent de plus en plus minces à mesure que le temps passe. Traduction: on ne traîne plus avec soi des kilomètres de fichiers musicaux, de photos, de vidéos. On dispose désormais d'un "nuage" qui distribue ces fichiers, ces services à la demande. Sur le support que l'on a choisi, au moment où on l'a choisi. 

Et tout le monde suit ce mouvement ?

Non, à commencer par le premier éditeur de logiciels dans le monde, Microsoft. Il a profité de l'annonce d'Adobe pour déclarer qu'il était un peu tôt pour penser à une modification aussi radicale de notre manière de consommer. Pour eux, la transition des utilisateurs depuis les logiciels en boîte vers des services d'abonnement va prendre du temps. Et ils disposent même d'une ligne du temps pour leur propre transition. Pour Microsoft, il va falloir dix ans avant que l'abonnement ne devienne la règle. En attendant, ils vont donner le choix aux utilisateurs. Probablement en les orientant de plus en plus vers le modèle de services, au fil des années. Depuis la mise en place d'une version en ligne de Microsoft Office - ce qui signifie une version qu'on utilise directement dans le navigateur Internet -, il semblerait que 25% des utilisateurs d'Office sont déjà passés sur une offre mensuelle ou annuelle. Ce qui est à la fois supérieur aux attentes, mais également déjà très significatif d'un changement de paradigme. Il a déjà démarré avec l'avènement de Deezer, Spotify et même des films à la demande sur les décodeurs des opérateurs. La suite logique, ce sont les logiciels. Et les livres ne pourront pas non plus y échapper.

#médiaTIC @cedricgodart

 

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