"Arrêter de boire, je l'ai déjà fait beaucoup de fois"

"Arrêter de boire, je l'ai déjà fait beaucoup de fois"
"Arrêter de boire, je l'ai déjà fait beaucoup de fois" - © Tous droits réservés

"Quasiment toutes les conneries que l’on associe à l’alcool, je les ai faites, et parfois refaites, ainsi que bien d’autres plus insolites. Je cite en vrac : relations sexuelles à (très hauts) risques, adultère, réveil à côté d’une inconnue, réveil sur mon palier, dans des toilettes, insultes à ma mère, accidents de voiture (deux), scandales en public, humiliations, automutilation, larcins divers, funambule sur un balcon, dégradation d’un lieu de culte, cigarettes (par paquets entiers), cannabis (bien sûr), coke (un peu) et champignons hallucinogènes (un peu plus). Tout ce qui suit est véridique. Ce sera parfois drôle, je le pense. Toujours pathétique, je le crains. Et libérateur, je l’espère."

Au travers de ses expériences alcoolisées, Mathias Folley livre un témoignage cru et teinté d’humour qui aide à comprendre ce qui anime cette génération qui boit à outrance, qui "s'amuse" grâce au binge drinking.

"Chroniques d'une génération qui boit" aux éditions La Boîte à Pandore

Le binge drinking, qu'est-ce que c'est ?

La définition scientifique du binge drinking est la suivante : la consommation massive et rapide d'alcool. En français, ce phénomène peut être traduit par "alcool défonce" ou "biture express". Une consommation qui équivaudrait à 7 verres (70 g d'éthanol pur) pour les garçons et 6 verres (60 g d'éthanol pur) pour les filles en moins de 2 heures.

Une consommation que Mathias Folley connait bien : "Je pouvais passer des mois sans boire mais quand je commençais, c'était une grande quantité en très peu de temps".

Un début "comme les autres"

Mathias Folley a commencé à boire "comme beaucoup d'autres" : "à 15 ans avec un pote. Mes parents n'étaient pas là, j'étais devant ma Super Nintendo et nous sommes allés chercher une bouteille à 40° à la cave. On l'a bue à deux. Le lendemain, ce n'est pas très bien passé au niveau gastrique et je n'ai pas compris pourquoi les adultes s'infligeaient ça. Pourtant, quelques semaines plus tard, on a remis le couvert et c'était le début de ma vie de buveur."

Pour lui, cette phase de dégoût suivie d'envie de recommencer se retrouve chez beaucoup : "c'est assez commun chez les adolescents même s'il y en a qui commencent plus tard alors qu'ils sont à l'université. Mais, à l'adolescence, on va vers l'interdit quand les parents ne sont pas là c'est-à-dire, l'alcool et les drogues douces"

"Je ne peux pas donner de leçon"

Mathias Folley est clair, il n'a pas écrit ce livre pour donner des leçons : "s'il y a bien quelqu'un qui ne peut pas donner de leçon, c'est moi ! Ce qu'il s'est passé c'est qu'à 35 ans, un de mes amis m'a dit "tu as un usage problématique de l'alcool". Comme dans les films, ma vie de buveur a défilé devant moi, toutes les conneries que j'avais faites. Et, oui j'ai admis que j'avais un problème"

Mathias Folley prend alors deux décisions : arrêter complètement et définitivement de boire et mettre sur papier ses dérapages avec l'alcool pour se souvenir qu'il n'est pas passé loin de l'irréparable.

 

 

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