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Dessin d'une personne accueillie
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Dessin d'une personne accueillie - © Helena Verrier - RTBF

Comme partout en Europe, la Belgique est confrontée à la venue de migrants cherchant une vie meilleure. Face à l’hostilité de certains et à une politique répressive, une mobilisation d’une ampleur inédite s’est mise en place en Belgique, dès septembre 2017.

Centralisée par La Plateforme Citoyenne, chaque soir, au départ du Parc Maximilien à Bruxelles, ce sont des centaines de personnes qui sont logées dans des familles belges de toutes les régions du pays. Migrants, réfugiés, exilés, trans-migrants, dans ces foyers ils deviennent simplement des 'invités'.

C’est un mouvement de solidarité assez unique en son genre, autour duquel s’est tissé tout un réseau d’entraide.

Le premier mouvement a été d'héberger les femmes, puis les hommes, ensuite le mouvement a pris de l'ampleur très rapidement. Aujourd'hui, le groupe Facebook compte plus de 43000 membres, qui soutiennent la Plateforme Citoyenne de manière passive ou active. 

Entre 300 et 400 personnes sont ainsi hébergées par des particuliers tous les soirs, avec autant de lits faits, de repas préparés, de douches, de lessives.
Sans compter tout ce qui touche autour de l'hébergement : le réconfort, le fait de retrouver son humanité et sa dignité parce qu'on est vu par quelqu'un, parce qu'on est reconnu comme étant quelqu'un de légitime, un convive en quelque sorte. 
Et puis tout un travail d'information pour expliquer leurs droits à ces personnes en exil, à la fois désinformés par la mafia des passeurs et par les autorités européennes et belges, qui cherchent à les repousser en dehors des frontières.

Helena Verrier a poussé la porte de 4 foyers : 4 expériences différentes d’accueil, et le regard de 3 générations. 

Extraits 

" L'hébergeuse qui avait dit qu'elle pouvait héberger n'était pas là. Et donc, je me retrouve de l'autre côté de Forest avec mes 6 gars dans la voiture. Pas le coeur de les ramener, quoi. Il faisait froid, il était tard, il était 11h et demi. J'ai traversé tout Bruxelles avec mes 6. Cette première fois, je n'en menais pas large quand même (...) Je n'étais pas trop rassurée finalement, en me demandant "mais qu'est-ce que j'ai fait ?".
Et puis dans le rétroviseur, je voyais les deux derrière, un peu au-dessus, c'était deux gamins vraiment très jeunes. Et en fait ils luttaient contre le sommeil, parce que je crois qu'ils avaient beaucoup plus peur que moi. Et quand je me suis rendu compte qu'ils avaient plus peur que moi, j'ai arrêté d'avoir peur, et après c'était fini."

Anne-Catherine


"Ce qui nous a le plus frappés, c'est que chaque réfugié qui arrivait était super épaté d'arriver dans un kot avec que des étudiants. C'était des échanges super chouettes, du coup ils nous parlaient de leurs projets, de leurs études, de leurs rêves aussi, qui finalement n'étaient pas si loin des nôtres. Mais avec d'autres défis... C'est quelque chose qui nous a poussé à continuer. (...) Ce qui nous a le plus aidé à continuer chaque semaine et à en sortir le meilleur, c'est qu'on a réussi à créer, tout autour de nous, tout un réseau d'entraide. On a pu énormément compter sur la Plateforme. (...)
C'est devenu une super aventure humaine. Ce qu'on a appris avec eux, partagé et surtout reçu, parce qu'on dit toujours qu'on donne mais finalement on a reçu bien plus, c'est tellement énorme !"

Elise, étudiante à Louvain-la-Neuve


Il faisait froid. Ils n'avaient pas de logement. N'importe qui l'aurait fait, je crois. Nous avions le logement, nous avions le chauffage, nous les avons accueillis, tout simplement. (Pierre, 77 ans)

Ecoutez ici tous les témoignages recueillis par Helena Verrier

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