Abbey Road a 50 ans !

Abbey Road, l'album apothéose des Beatles
Abbey Road, l'album apothéose des Beatles - © Iain Macmillan, courtesy Apple Corps/via REUTERS

L’album Abbey Road des Beatles fête ses 50 ans ce 26 septembre. Il est en effet sorti le 26 septembre 1969 au Royaume-Uni. C’est le dernier album enregistré des Beatles. On en parle avec Daniel Ichbiah, auteur de deux biographies des Beatles : Et Dieu créa les Beatles : Secrets d’une alchimie musicale (2009) aux Éditions Scrineo et The Beatles de A à Z (2012).

Abbey Road, c’est l’album qui termine en beauté les années 60. C’est une sorte de condensé des années 60, avec les prémices de ce qui va suivre. On voit que les Beatles commencent à suivre des itinéraires différents, observe Daniel Ichbiah.

Les deux faces de l’album sont très différentes : la face A rassemble 6 morceaux, la face B comporte principalement un medley de 15 minutes avec des micro-chansons, enregistrées pour d’autres albums et restées inachevées. Parmi elles, on trouve de véritables chefs-d’oeuvre comme Golden Slumbers de McCartney, ou Carry that weight.

L’album s’ouvre sur Come together, un titre de John Lennon qui préfigure le RnB et le rap, et se referme avec une autre composition de John Lennon I want you (She’s so heavy). George Harrison signe deux chansons, dont Here comes the sun. Et il y a aussi Something, de George Harrison, qui a été repris par Elvis Presley et Frank Sinatra.


Un album apothéose

Cet album représente l’apothéose des Beatles, il est d’ailleurs célébré comme l’album du siècle dans les pays francophones, c’est l’album le plus mythique du groupe. Dès sa sortie, il remporte un succès colossal : 30 millions d’albums sont vendus dans les premières années.

C’est un album lumineux, les morceaux sont tous extraordinaires, mais c’est aussi le moment où les Beatles jettent l’éponge. Ce ne sont pas des instrumentistes hors pair et ils ne peuvent plus suivre la musique branchée de Pink Floyd, de Genesis… Abbey Road est une synthèse improbable entre la musique branchée de ces groupes et la musique grand public, le medley en est le seul aspect avant-garde.

Mais les Beatles n’ont plus l’avant-gardisme de Sgt. Pepper’s, ils risquent de devenir ringards. Ils savent probablement qu’ils sont en train d’enregistrer leur dernier album, comme l’indique le morceau The End, qui peut être vu comme un message d’adieu. A la fin, John Lennon annoncera d’ailleurs son départ du groupe, il sera suivi quelques mois plus tard de McCartney.
Le groupe se séparera suffisamment à temps pour entrer dans la légende.

Abbey Road n’est pourtant pas leur tout dernier album, mais le dernier album qu’ils ont enregistré. Let it be, cet autre album mythique, a été enregistré au début de 1969, mais ne sortira qu’en 1970. L’album a été filmé et les chansons issues du film ne sont pas d’un niveau extraordinaire. Il précipite la fin des Beatles : on impose des violons à McCartney, il refuse et c’est là qu’il décide de s’en aller.


La photo de légende

La pochette simplissime où l’on voit les Beatles traverser le passage pour piétons juste en face du studio EMI, qui allait devenir le studio Abbey Road, est elle aussi tout à fait mythique et indissociable du disque. Elle réunit les 4 archétypes de la société de l’époque : le hippie George Harrison, le conservateur un peu rebelle aux pieds nus, Paul Mac Cartney, le révolutionnaire John Lennon, le monsieur tout le monde Ringo Starr.

C’est la photo des années 60. Elle célèbre la fin de cette période dorée d’intense liberté. Viendront des années compliquées, avec les mouvements révolutionnaires, la guerre du Vietnam qui s’intensifie. Abbey Road est l’album qui sonne la fin de la fête. Musicalement aussi, quand les Beatles s’arrêtent, c’est un peu un monde qui finit…

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