[A REECOUTER] Le prix Goncourt est attribué à Jean-Paul Dubois

[A REECOUTER]  Le prix Goncourt est attribué à Jean-Paul Dubois
[A REECOUTER] Le prix Goncourt est attribué à Jean-Paul Dubois - © Tous droits réservés

Le romancier Jean-Paul Dubois a reçu lundi le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier), roman bouleversant et nostalgique sur le bonheur perdu.

Déjà couronné par le prix Femina (en 2004 pour Une vie française), le Toulousain Jean-Paul Dubois, 69 ans, écrivain discret et populaire, a construit depuis une trentaine d’années une œuvre qui séduit par sa délicatesse et sa profonde humanité. Jean-Paul Dubois a remporté le prix au 2e tour de scrutin par 6 voix contre 4 à Amélie Nothomb et son livre Soif. Le Renaudot a été octroyé dans la foulée à Sylvain Tesson pour La panthère des neiges.

Il y a quelques semaines, il était l’invité d’Entrez sans Frapper pour parler de son dernier roman.

Le pitch

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Retour en arrière : Hansen est superintendant à L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés.

On ne sait pas pourquoi Paul Hansen est emprisonné. La seule chose que l’on sait, c’est qu’il ne regrette pas son geste. On découvrira son acte au fil du livre.

Pour Jean-Paul Dubois, son livre est un livre contre l’injustice. On ne doit pas, selon lui, catégoriser les gens trop vite.

Il y a des bons qui sont mauvais et des mauvais que l’on croit bons.

 

Tout l’art de Dubois est d’aller trouver les petites choses qui donnent un autre éclairage sur des comportements qui seraient faciles à condamner. En clair, nous faire sortir des croyances superficielles que nous pouvons tous avoir.

A travers ces personnages, Jean-Paul Dubois "règle" quelques comptes avec son passé. Le père est pasteur. Sévère voire rigoriste et la mère "montreuse de films". Elle a fait scandale en présentant "Gorge profonde, un film sulfureux, à un large public.

Il a dent sévère sur la religion. La région m’a rendu fou, dit-il, et j’en porte encore des séquelles.

Comme le dit Paul Hansen :

Comment penser librement à l’ombre de chapelle ?

Ce duo donne lieu à des échanges et des dialogues surprenants. Quand le père reproche à la mère, la présentation d’un film pornographique, elle a cette réplique cinglante.

Je présente des films. Quand je parle de Bergman, je parle métaphysique. Quand je parle de Damiano, je parle pipe et clito.

C’est donc un échec pour la romancière belge Amélie Nothomb. "Soif", succès en librairie depuis sa sortie pour la rentrée littéraire, fait vivre au lecteur les derniers instants de la vie de Jésus, dans sa peau. L’écrivaine avait déjà été présélectionnée pour le Goncourt à deux reprises dans le passé en 1999 pour "Stupeurs et tremblements" et en 2007 pour "Ni d’Eve ni d’Adam". L’an dernier, le prix Goncourt avait été décerné à Nicolas Mathieu pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud).

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