"L'enseignement professionnel est souvent vu comme une voie de garage mais peut être tellement autre chose!"

A l'école des métiers
A l'école des métiers - © RTBF - Helena Verrier

Alors qu’il est souvent mal vu, dénigré, l’enseignement professionnel foisonne d’idées et de dynamisme. Dans ces filières, on y retrouve des adolescents ou de jeunes adultes au parcours parfois chaotique, et des professeurs qui font tout leur possible pour les motiver.

Dans son documentaire 'A l'école des métiers', Helena Verrier visite six écoles, aux quatre coins de la FWB, dont les équipes pédagogiques mettent en place des projets très variés dans le but de valoriser et responsabiliser leurs élèves. Des professeurs enthousiastes, investis, qui poussent ces jeunes à se surpasser et les mènent à découvrir leur voie et leurs potentialités.

Les écoles visitées sont l'Athénée Royal de Jodoigne (section menuiserie), l'Institut Saint-Joseph à Jambes (section vente), le CEFA Don Bosco de Huy (CEFA = éducation en alternance), l’Institut de la Providence à Herve (section services sociaux), l'ITH Gembloux - Institut Technique Horticole (section fleuriste), l'IET Notre Dame de Charleroi (section assistant aux métiers de la publicité).

Avec : Alain Doyen (Jodoigne), Patricia Hubert et Madame Delhez (Jambes), Tiffany Wolters et Tamara Valin (Huy), Béatrice Libouton (Gembloux), Valérie Horsch, Raphaël Bontemps, Madame Paquet, Madame Mawet (Herve), Nicolas Christophe (Charleroi).


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Témoignages d'enseignants...

"Notre objectif, c'est de leur dire à chacun qu'ils sont importants, qu'ils ont un rôle à jouer."

"On arrive à les accrocher, à les motiver et à donner du sens à cet apprentissage."

"J'adore ce public parce qu'on est cash entre nous. On se dit franchement les choses. Quand je les ennuie, ils me le disent. Quand eux m'ennuient, je le dis évidemment. Et c'est sans aucune amertume. Au contraire, ça crée des liens sincères. D'ailleurs si je suis toujours enseignant, à 57 ans, c'est parce qu'il y a vraiment du potentiel chez ces jeunes-là."

"A travers ce type de projet (la construction d'un catamaran), ils se découvrent aussi, en se disant : "Ben moi aussi je suis capable de faire ça". Parce que c'est vraiment donné à tout le monde. La preuve en est qu'au départ je privilégiais mes élèves de 5-6 Menuiserie et pour finir, j'ai eu des filles de 3 ou 4e Services sociaux, qui n'ont jamais touché un outil et qui en une heure de temps, le maîtrisent parfaitement. On a aussi des élèves de 3e Générale qui découvrent qu'il y a autre chose. Et voilà un projet qui fédère !

"Avant, je voulais d'abord former des menuisiers, aujourd'hui, je forme des gens aptes à travailler. Avoir une attitude au travail, c'est ce que l'employeur demande en premier".

"Le CEFA est l'acronyme de Centre d'Education et de Formation par Alternance. Les élèves ont fait le choix de quitter l'enseignement de plein exercice pour rentrer dans le monde du travail. Ils viennent 2 jours à l'école et 3 jours en entreprise."

"Au CEFA, il y a une ambiance particulière, une dynamique qu'il n'y a pas dans les autres écoles, une cohésion entre les professeurs et une relation à l'élève complètement différente. On communique beaucoup avec eux. Le CEFA est rarement un premier choix pour eux. On doit trouver des projets qui leur redonne la motivation de venir à l'école, ne fut-ce que de se lever le matin. Donc on se donne à fond pour pouvoir y arriver."

"On essaie aussi de régulièrement contacter les parents pour leur dire ce qui fonctionne. Parce que les parents, depuis longtemps, sont habitués à avoir un retour négatif  de l'attitude du jeune. Ici on met en évidence ce qui fonctionne bien."

"Ça ouvre le champ des possibles. Le professionnel est souvent vu comme une voie de garage mais peut être tellement autre chose ! Ils se rendent compte que si on travaille, si on met de l'investissement, si on donne du temps, tout est possible. Avec de l'acharnement, de l'envie, de la passion, on peut arriver à tout. Si on leur fait confiance et qu'on leur donne les moyens de s'exprimer, avec de la bienveillance, ils sont exceptionnels, ils se révèlent à chaque fois, c'est incroyable."

 

... et témoignages d'élèves

"Ce qui est bien dans le système du CEFA, c'est que, la théorie c'est très bien, on s'assied à une table, on lit... mais la théorie c'est les ingénieurs, ce n'est pas les manuels. Il faut apprendre de ses mains. Si on ne se salit pas les mains, on n'ira nulle part dans la vie. (...) Moi j'ai eu beaucoup de problèmes familiaux... le mal-être, la peur en rentrant chez moi. J'avais envie de rien, j'avais pas envie d'être heureux. Ici j'ai trouvé ma place. Et c'est la seule école où je suis retourné voir mes professeurs."

"Les patrons sont super sympa, ils vous apprennent bien le métier. Ils vous apprennent tout ce qu'ils ont appris auparavant et c'est magnifique. Ce qu'ils ont appris, ils le rendent. Et nous ce qu'ils nous ont appris, on peut le rendre. Et c'est une histoire sans fin."

"Le magasin de l'école, ça m'a permis d'avoir une maturité différente : apprendre à gérer de l'argent, à travailler en équipe."

"Les avantages de la mini-entreprise (ici impression textile sur casquettes), c'est que ça nous a appris à travailler sous pression. Ça a renforcé un peu la solidarité dans la classe. Parce qu'on est dans la même galère. Si une commande foire, ça foire pour tout le monde. On apprend aussi la gestion, l'économie de la mini-entreprise : les dépenses, les taxes, la gestion du personnel, et aussi le marketing en créant notre stand et en trouvant des points de vente."

Ecoutez le documentaire d'Helena Verrier ici

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