7 éléments étonnants sur l'Homme de Néandertal

Homme moderne dégénéré, homme-singe ou humain inférieur, il est souvent perçu comme l’archétype de l’homme préhistorique. Mais qui était vraiment l’Homme de Néandertal, et pourquoi tant de préjugés ? Pour la docteure en Préhistoire Marylène Patou-Mathis l’image de l’Homme de Néandertal doit être corrigée. Elle a donc écrit l’ouvrage "Néandertal de A à Z" et nous dévoile 7 faits surprenants sur notre ancêtre.

1. Son nom, loin d’être un hasard

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le nom "Homme de Néandertal" contient déjà une information que nous avons tendance à oublier. L’Homme de Néandertal, c’est en premier lieu l’homme… qui vient de Néandertal. Néanderthal (avec un H à l’époque) est le nom de la petite ville près de laquelle les ossements et les fragments de crânes ont été retrouvés au XIXème siècle. Et d’ailleurs, le hasard faisant parfois bien les choses, le toponyme Néandertal signifie "vallée de l’homme nouveau". Tiens tiens.

2. Pas de maison, mais tout de même une habitation

Oubliez l’image de l’homme des cavernes. Les Hommes de Néandertal habitaient sous des abris, à l’entrée de grottes ou encore en plein air ! Certains os de mammouths étaient aussi utilisés, recouverts de peaux de bêtes, pour servir de pare-vent.

3. L’Homme de Néandertal ou plutôt DES Hommes de Néandertal

Nous parlons toujours de l’homme de Néandertal, mais en fait, nous devrions plutôt parler des Hommes de Néandertal. Les chercheurs ont identifié 4 grands groupes : les néandertaliens d’Europe occidentale, les méridionaux, les orientaux et les proche-orientaux. Même s’ils possèdent des caractéristiques physiques en commun, certains caractères du néandertalien se retrouvent moins dans certains groupes. Par exemple, si les néandertaliens de nos contrées étaient particulièrement trapus, puissant, avec des orbites très marquées, une musculature forte et des os très robustes, les néandertaliens proche-orientaux eux avaient des traits bien plus affinés, déjà plus similaires à ceux de l’Homo sapiens.

4. Un pro de l’alimentation

Adieu l’image de l’homme préhistorique dévorant son bout de gras cru, saignant. "Il a probablement mangé du steak tartare, mais il a aussi mangé de la viande cuite puisqu’il maîtrisait le feu" explique avec humour Marylène Patou-Mathis. Si bien qu’il mangeait même du bouillon gras ! L’Homme de Néandertal avait d’ailleurs une alimentation très variée pour l’époque. Notamment grâce à sa grande connaissance des plantes qu’il consommait également crues ou cuites.

5. Une attention portée aux morts

L’Homme de Néandertal avait une relation très particulière avec ses morts. Si certains finissaient en casse-croûte (hop un petit bout de la grand-mère pour qu’elle continue de vivre en la génération suivante, et surtout pour que son corps ne pourrisse pas), d’autres étaient soigneusement enterrés. Les tombes de femmes, hommes, enfants et même fœtus étaient soigneusement ornées de ramures de cerfs ou de pierres. C’est d’ailleurs un des éléments qui fait dire à la docteure en Préhistoire que l’Homme de Néandertal avait des pensées métaphysiques.

6. Une absence de violence

Des guerres ? Des massacres ? Non. À l’époque de l’Homme de Néandertal, il n’y avait rien de tout cela selon la chercheuse. Il y a probablement eu des violences interpersonnelles, des bagarres, "ce n’étaient pas des bisounours" précise avec une pointe d’humour la docteure, mais "il n’y avait pas de représailles contre un autre groupe, la violence était pratiquement absente" dit-elle encore. Pourquoi ? Parce que les facteurs qui génèrent la violence n’étaient pas présents à l’époque : "La démographie était faible, il n’y avait pas de notion de biens, de sentiment de propriété, etc" explique Marylène Patou-Mathis.

7. Le mystère du langage

On a très longtemps cru que l’homme de Neandertal n’avait pas de langage articulé. Et pourtant ! Il avait tout ce qu’il faut pour parler : un palais creux, les zones du langage bien développées dans le cerveau, des os hyoïdes (qui soutiennent la langue, importants pour articuler correctement) similaires aux nôtres, etc.  De plus, il avait des stratégies de chasse très particulières qui auraient été très compliquées à mettre en place et à expliquer sans le langage articulé. Avec l’évolution de la technologie les chercheurs ont même pu analyser l’ADN de l’Homme de Néandertal et ont découverts le génome qui est celui qui correspond chez nous, au langage articulé.

La docteure en Préhistoire Marylène Patou-Mathis était l’invitée de Laurent Dehossay dans Un jour dans l’Histoire. Écoutez l’émission dans son intégralité pour en apprendre encore davantage sur l’Homme de Néandertal !

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