567 romans attendus pour la rentrée littéraire

567 romans attendus pour la rentrée littéraire
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Fini les vacances, la rentrée est là : scolaire, politique, médiatique et…littéraire.  Des centaines de livres en tout genre vont aller gonfler les rayons des librairies. Et comme chaque année, le roman est roi.

Livres Hebdo a répertorié 567 romans dont 381 français et 186 étrangers annoncés par les éditeurs pour la rentrée littéraire qui s’étale grosso modo de la mi-août à octobre. La rentrée 2018 se caractérise par ailleurs par un nombre record de premiers romans, 94 en tout. Ces premières expériences littéraires côtoient des romans d’auteurs confirmés comme celui de la métronome littéraire (un roman par an) Amélie Nothomb, de Yasmina Khadra, Jeffrey Eugenides ou encore Salman Rushdie.

Lecteur, si tu ne trouves pas ton bonheur dans la rentrée littéraire, il y a un problème…Le plus dur finalement, c’est d’opérer un choix dans cette multitude de livres qui fleurissent en septembre. Je ne sais pas vous, mais personnellement, quand je pousse la porte d’une librairie, je suis prise d’un vertige -certes un peu théâtral- et je m’interroge : " Je commence par quel rayon ? Mince, comment choisir ? Celui-là, ah oui, Michel Dufranne m’en a parlé… Non c’est trop sombre…Mais quand-même, il ne raconte pas des âneries Michel. Non, plutôt celui-là. C’est bien celui-là, Nicole Debarre a adoré, Untel de la librairie Machin aussi… Aargh … sans compter tous les libraires amoureux des livres qui nous font désormais part de leurs coups de cœur affichés en grand, au-dessus de la pile. Arrêtez ! Je me sens toute petite dans cette librairie et un peu perdue comme Alice au pays des merveilles.

Une organisation bien ficelée

Je suis perdue mais les libraires finalement, comment s’organisent-ils ? Lisent-ils tous les livres qu’ils proposent à leurs lecteurs ? La rentrée littéraire, c’est une grosse machine bien rodée. Chaque page est écrite à l’avance. Une fois leur catalogue de rentrée établi, les éditeurs en informent les libraires, souvent déjà à partir du printemps qui précède la rentrée proprement dite. Plus même, ils organisent des journées de rentrée littéraire comme Gallimard qui s’installe à Bruxelles fin mai pendant quelques jours, le temps d’y rencontrer distributeurs, libraires et d’organiser des rencontres avec les auteurs. Les médias, spécialisés et généralistes, sont intégrés dans ces campagnes de promotion, ce qui leur laisse le temps de s’organiser, de lire les romans pour être en mesure d’en parler le moment venu en août, septembre ou octobre. A cette période de l’année, à la fin du printemps, certains éditeurs envoient même parfois des épreuves aux libraires.

"Après, notre travail de libraire commence réellement. Souvent, les maisons d’éditions pointent tel ou tel roman et 20 ou 30 romans, souvent les mêmes, sont relayés par les médias. Nous, nous essayons d’aller plus loin et nous proposons des livres que nous pensons être de très bonne qualité mais moins médiatisés, sans négliger les autres pour autant. C’est notre liberté de libraire, peut-être une des seules qu’il nous reste", déclare l’un des conseillers en littérature chez Tropismes, Enrico Vaccari.

Tirer son épingle du jeu

Dans cette surenchère littéraire de la rentrée, certaines maisons d’édition essaient de tirer leur épingle du jeu de manière originale, singulière. C’est le cas des Impressions Nouvelles, maison basée à Forest, fondée et dirigée par Benoît Peeters où le livre entretient souvent un rapport particulier avec l’image : "On associe souvent la rentrée littéraire au roman. C’est le genre roi. On a l’impression que les éditeurs ne font que ça mais au fond", dit Benoît Peeters, "c’est un genre parmi d’autres. En Belgique, on a toujours eu la tradition de livres pour enfants, de bandes dessinées, de livres sur la langue… mais on peut aussi pratiquer l’essai, l’histoire. Notre maison est plus là-dessus."

La rentrée littéraire, c’est un moment important pour les libraires mais l’année est rythmée par d’autres périodes tout aussi fondamentales comme la période des prix à l’automne (Goncourt, Renaudot, Rossel…), les fêtes de fin d’année voire la foire du livre de Bruxelles à la fin de l’hiver, vers février-mars. Des moments où les livres se vendent bien. Des moments où l’on parle beaucoup de livres dans les médias, ce qui éveille la curiosité des lecteurs et se répercute d’une manière ou d’une autre sur les ventes de livres.

Ajoutez à cela que les livres ne périment pas contrairement au pot de mayonnaise que vous achetez en magasin. Aucune étiquette n’indique que passé octobre, vous risquez une intoxication culturelle. Comme le souligne à juste titre Benoît Peeters, il faut sortir de cette tyrannie de l’actualité. De ce cette impression que ça y est, on est à Noël, c’est fini.  Voilà peut-être de quoi aborder cette rentrée littéraire de manière plus sereine…et nous réconcilier aussi avec les bibliothèques publiques.

 

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