1er avril 1939, fin de la guerre d'Espagne : des réfugiés témoignent

Henri Cartier-Bresson - La guerre d'Espagne - 1933
Henri Cartier-Bresson - La guerre d'Espagne - 1933 - © Henri Cartier-Bresson

En 1939, des centaines de milliers d’Espagnols et de Catalans, républicains ou non, franchissent la frontière des Pyrénées pour venir se réfugier en France. Les 80 ans de la fin de la guerre d'Espagne, le 1er avril 1939, sont l'occasion d'écouter les témoignages de quelques uns de ces exilés espagnols :


'Témoignage d'une grand-mère'

Carline Albert recueille les souvenirs de sa grand-mère, partisane espagnole.

"Je suis née à Barcelone le 30 décembre 1930, en pleine période d'agitation sociale. Après, il y a eu 'la Retirada'. Mon père, s'il était resté en Espagne, on l'aurait fusillé, et peut-être nous aussi."

"On a passé la frontière en courant et sans rien. Parce que mon père en vitesse nous a fait partir. Il y avait ma mère avec mon frère de 6 mois sur les genoux, sans rien, ni biberon, ni change pour le bébé, rien, on n'avait rien."

"A la frontière, il y a des hommes qui nous arrêtent. Mon père est resté là-bas, et nous ils nous ont foutus dans un camion et on est parti en France. (...) On arrive là, et ils nous mettent dans une prison désaffectée. C'était que les femmes et les enfants. Les hommes ils étaient restés à la frontière."

"Les gens de là-bas, ils disaient qu'on était pire que des animaux. Ils croyaient qu'on avait même une queue, nous les Espagnols, ah oui ! Surtout les révolutionnaires... ça devait être des gens monstrueux."

 

'Un temps de cochon' (extrait)

Benoit Bories nous propose une composition musicale, sonore, affective et archéologique par strates, de témoignages d'enfants de républicains aujourd’hui établis dans le Sud Ouest de la France.

En 1939, des centaines de milliers d’Espagnols et de Catalans, républicains ou non,  se réfugient en France. Cette retraite désespérée et forcée, on l’a appelée 'la Retirada'. Mercedes, Floréal, et Joaquim l’ont vécue et sont arrivés finalement dans le Tarn et Garonne.

Joachim a été enfermé dans le camp de concentration de Septfonds, qui risque aujourd’hui d’être transformé en porcherie industrielle. Un symbole insupportable pour les exilés espagnols,  leurs descendants  et tous ceux qui  se souviennent  de la mémoire douloureuse de ces lieux. Une situation qui fait clairement écho au destin des réfugiés qui hantent nos villes aujourd’hui.

Vous pouvez écouter 'Un temps de cochon' dans son intégralité en binaural ou 3D
>>> ICI <<<

Une expérience d'écoute "augmentée" à écouter impérativement au casque audio ou avec des écouteurs (peu importe le modèle). La perception de l'espace, du SON en 3 dimensions sera totalement recréée. 

A lire : l'interview de Benoît Bories dans Telerama : “Un temps de cochon” fait revivre l’exil des réfugiés du franquisme.

Ecoutez ces témoignages dans Par Ouï-dire

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