1918 : quel avenir pour la communauté scientifique ?

Photo d'Henri Pirenne sur son lit au sein du camp de Holzminden (Allemagne), 2 juillet 1916. © AGR.
Photo d'Henri Pirenne sur son lit au sein du camp de Holzminden (Allemagne), 2 juillet 1916. © AGR. - © Tous droits réservés

Après la guerre 14-18, la communauté scientifique est éclatée. En Belgique, par exemple, la plupart des scientifiques ont fui le pays pendant la guerre. Comment reconstruire une communauté internationale de scientifiques après l’Armistice ? Réponse avec Kenneth Bertrams, chercheur qualifié au FNRS et professeur d’histoire à l’ULB.

Après la guerre apparait rapidement l’importance de reconstruire une communauté scientifique internationale tout en essayant de faire table rase sur le passé. Les rencontres se font dès octobre 1918 à Londres. Dans la capitale anglaise, on veut voter cette reconstruction internationale mais également l’exclusion de tous les savants des empires centraux.

En octobre 1919, Henri Pirenne, la référence majeure des historiens belges et une grande figure de la résistance non violente à l’occupation allemande, se réjouit du choix, qui vient d’être fait. A Paris, la communauté scientifique, vient d’établir Bruxelles comme siège de l’Union Académique Internationale.

Plus tôt, un document de propagande était publié en 1914. Il s'agit du manifeste des 93 savants (également intitulé Appel des intellectuels allemands aux nations civilisées) rédigé par une série de scientifiques, intellectuels et artistes allemands qui édicte une série de recommandations négationnistes. Il va connaitre des traductions et publications parallèles qui vont provoquer la colère de la plupart des membres de la communauté scientifique interalliée.

Une communauté scientifique belge en reconstruction

En Belgique, les institutions scientifiques ont triste mine à la sortie de la guerre. Même s’il existait des initiatives individuelles, la plupart des institutions ont fermé. Des académies ont d’ailleurs été réquisitionnées par l’armée allemande pendant la guerre pour faire office de lazarets et d’hôpitaux. Beaucoup de savants, comme des citoyens, ont pris le chemin de l’exil pendant la guerre. Le territoire belge est quelque peu déserté de son activité scientifique en 1918.

La même année, lors de la conférence de Londres, on tente de redonner un nouvel élan aux relations scientifiques internationales. La plupart des intervenants essaient de faire prendre conscience au monde politique qu’il faut pérenniser les alliances des sociétés qui ont été créées durant le conflit et de leur faire jouer un rôle moteur pour le développement de la recherche scientifique.

L’astrophysicien américain George Ellery Hale va jouer un rôle important puisqu’il sera appelé à présider le comité exécutif de cette nouvelle plateforme de conseil international des recherches qui va réunir la plupart des professeurs et chercheurs en sciences naturelles. Le scientifique va jouer un rôle d'intermédiaire avec les allemands pour leur réintégration dans la communauté scientifique internationale.

Pour en savoir plus, (ré)écoutez l’émission ci-dessous.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK