185.000 enfants souffrent de malnutrition sévère en Somalie

185.000 enfants souffrent de malnutrition sévère en Somalie
185.000 enfants souffrent de malnutrition sévère en Somalie - © TONY KARUMBA - AFP

Direction l’Afrique de l’est, une région frappée depuis quelques mois par une grave sécheresse. Selon les Nations Unies, 20 millions de personnes sont menacées de famine au Nigéria, en Somalie, au Yémen et au Soudan du Sud. Annick Capelle, s'est rendue en reportage en Somalie. Un pays au bord de la catastrophe, puisque la moitié de la population a besoin d'une aide alimentaire d'urgence.

Le voyage d'Annick Capelle commence au Somaliland, la région autonome du nord du pays, qui est vraiment l’épicentre de la sécheresse. Tout n’est que plaines arides, végétation brulée, pas une seule terre cultivable sur des centaines de kilomètres à la ronde. Toutes les rivières vues, étaient complètement asséchées. Et puis au bord de la route, des cadavres d'animaux en décomposition. Forcément, il n’y a plus rien à brouter. Et leurs propriétaires n’ont pas les moyens de les nourrir. Une scène poignante : une jeune fille qui regardait, impuissante, sa vache en train d’agoniser, étendue sur le sol, mais qu’elle ne pouvait plus nourrir.

 

Deux tiers des Somaliens sont des nomades qui vivent de l’élevage. C’est leur moyen de subsistance. C’est ce qu'explique Ali Suugal, qui a perdu tout son troupeau : "Les animaux sont notre vie. Nous avons besoin d'eux pour vivre. Avant, les gens dans les villages avaient beaucoup d’animaux : des chèvres, des vaches... Mais la plupart n'ont plus rien."

 

Partir pour survivre...

Beaucoup décident de quitter leur village. S’ils ont de la famille, ils se rendent chez des proches. Mais pour beaucoup, cette possibilité n’existe même pas, et donc, ils s’entassent dans des camps de déplacés. Depuis novembre dernier, 250.000 Somaliens ont ainsi quitté leur village. Dans ces camps, ils n’ont absolument rien. Les conditions d’hygiène sont épouvantables. Comme l’explique cet homme qui vit dans le camp d’Ainabo : "La situation est vraiment mauvaise. Les gens n'ont pas de nourriture, ils n'ont pas d'eau. On a beaucoup de malades. Et on craint les épidémies dans le camp."

Depuis le début de l’année on a déjà enregistré plus de 20.000 cas de choléra. Les cas de diarrhée sont aussi très nombreux. Ils touchent particulièrement les enfants.

 

Les enfants, les premières victimes du manque d’eau et de nourriture

185.000 enfants souffrent de malnutrition sévère en Somalie. Et ce chiffre pourrait bien doubler d'ici la fin de l'année. Dans les hôpitaux, centres de stabilisation, le nombre d’enfants sous-alimentés a explosé ces dernières semaines. A tel point qu'il a fallu en installer certains par terre.


En 2011, la famine avait fait 260.000 morts en Somalie

La différence avec 2011, c’est que cette fois, la réaction est beaucoup plus rapide. En plus, les ONG présentes sur le terrain bénéficient des projets mis en place lors de la famine de 2011. Mais sans l’aide internationale, les moyens d’action des ONG sont insuffisants. Comme le rappelle Pierre Verbeeren, du Consortium 12-12, qui était également sur place : "si l'aide humanitaire n'intervient pas, c'est 250.000 enfants sont réellement menacés de malnutrition et donc éventuellement de mort. Ce sont 6 millions de personnes qui se trouvent dans un besoin humanitaire qui ne trouvera pas de réponse. La communauté internationale avec les acteurs locaux doivent se mobiliser pour faire en sorte que cette aide humanitaire arrive sur le terrain."

En résumé, nous ne pouvons rester immobiles, si on veut éviter une nouvelle catastrophe comme en 2011. Or, un petit geste peut faire la différence, puisque avec un don de 40 euros on peut sauver la vie d'un enfant.

 

Annick CAPELLE

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