Voyou souffle un vent de liberté avec ses "Chroniques terrestres (Vol.1)"

Ce vendredi 19 février, on vous recommande vivement de vous accorder une petite demi-heure de battement pour écouter Chroniques terrestres. (Vol.1). Soit sept petites comptines presque 100% instrumentales, entre sonorités hip-hop et jazz, issues du monde imaginaire et farfelu de ce gentil bandit de Voyou.

Amateurs de pop urbaine française, vous n’avez sans doute pas pu passer à côté des Bruits de la Ville et autres pérégrinations abstraites de cet enfant terrible à la drôle de dégaine qu’est Thibaud Vanhooland, alias Voyou. Musicien de formation, il semble avoir trouvé, ces dernières années, l’inspiration dans la mécanique des mots pour clamer sa poésie. Or, ces confinements successifs lui ont offert l’opportunité de se retrancher dans un exercice introspectif autour de son instrument de musique fétiche, la trompette.

Fanfare d’émotions et trompette

"L’idée de composer cet EP est arrivée au moment où, comme tout le monde, j’ai été privé du contact avec les gens, avec la ville qui bouge, ses odeurs, ses ambiances. Du coup, j’avais à la fois l’impression de pas avoir assez de choses à raconter de mon quotidien, semblable à celui de tout le monde, et à la fois j’étais submergé de 1000 émotions différentes".

C’est à ce moment qu’elle entre en jeu : "Là où j’avais du mal à mettre des mots sur mes émotions, ma trompette les a traduits d’elle-même, de manière très bavarde et sans que j’aie besoin de trop y réfléchir. "

Jouer de la trompette, c’est comme parler pour moi ! J’entretiens un véritable rapport langagier avec cet instrument.

Un instrument à vent créateur de 1000 images réconfortantes, enfantines et colorées où se mêlent funambules, fanfares, fêtes foraines et bal fantôme…

Allô la Terre

"J’ai eu la chance d’être confiné dans le Sud-ouest, dans la nature, entouré de forêts et proche de l’océan… Je vivais en regardant les oiseaux et les fourmis [rires]. C’était très agréable finalement de me retrouver seul avec moi – même, de n’avoir que moi comme public pour ressentir les choses. Des moments précieux qui poussent à l’introspection, à la reconnexion… "

Ainsi donc, si le titre de l’EP tire son nom d’un livre de science-fiction Les chroniques martiennes, ses chroniques terrestres, Voyou les envisage comme "des nouvelles de la Terre, sur ce qu’il s’y passe : une heure particulière, un paysage à un instant donné, une ambiance. Chaque chanson fait écho à un moment, à une sensation."

 

Chroniques terrestres (Vol 1), c’est la musique du film qui se passe dans ma tête et défile sous mes yeux. "

De la musique pour nourrir nos petites plantes

La force de cet EP, Voyou la trouve également dans la reconnexion avec une temporalité perdue et oubliée. A l’instar de petits artisans de la musique électronique "qui font du son non pas pour l’argent mais la beauté du geste" comme Mort Garson et son disque Plantasia, Voyou nous invite poétiquement à "faire pousser les plantes cachées à l’intérieur de nous."

"On ne prend plus le temps de s’arrêter et d’écouter la musique… Ce disque est fait dans cette optique : récupérer ce rapport au temps perdu", explique celui qui possède la chance incroyable d’écouter très peu de musique de façon digitale mais bien avec ses vinyles. "On devrait tous se forcer à avoir des moments où on ne fait qu’écouter de la musique… pour se nourrir, pour qu’il y ait des choses qui poussent à l’intérieur de nous."

" Je sais que commercialement ça ne rapportera pas grand-chose, mais ça me permet de garder un rapport de temporalité normal. De faire de la musique pour me faire du bien et pas dans une logique de consommation abusive et d’efficacité ! "

Une invitée de marque

Elle est la touche solaire et la seule et unique voix du disque, Voyou s’offre le timbre oriental et envoûtant de la chanteuse arménienne Jacqueline Baghdasaryan sur son titre Malika. Echappée de son groupe Ladaniva pour l’occasion, elle fait partie "des véritables claques musicales de ces derniers mois" pour notre Voyou. Une chanson mise en image dans un clip qui paraît également ce vendredi 19 février.

…et comme s’il vous en fallait encore pour vous convaincre, on vous laisse avec Mue, premier single sorti en janvier dernier, extrait de cet incroyable EP.

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