Tout ce qu'il faut savoir sur Odd Future en un podcast

Musique alternative pour ce 6e épisode du podcast Goûte Mes Disques (ultime de la saison) sur Jam, à la croisée des mondes, entre planche à roulettes et culture hip-hop, puisqu’il s’agit de découvrir le collectif Odd Future.

 

À la fin de la première décennie des années 2000, une meute de jeunes artistes californiens a commencé à dicter les codes d’une forme particulière de hip-hop alternatif, et de tout ce qui s’apparentera à la hype que nous connaissons encore aujourd’hui. Tous ont ainsi officié au sein du collectif Odd Future, avant que ce dernier ne tende à disparaître sous l’influence de ses membres les plus illustres, dont l’impact des carrières solos résonne d’ailleurs avec éclat à la seule évocation de leurs noms : Tyler, The Creator, Earl Sweatshirt, Syd et Frank Ocean.

Une trajectoire atypique

Ces jeunes trublions ont donc d’abord placé leur musique dans un paysage peu exploré, entre rap hardcore et guitares bruyantes ; entre le cool des musiques urbaines et le trash des attitudes punk, en suivant évidemment la philosophie de chacune de ses mouvances. Pas de stratégie, si ce n’est celle d’asphyxier le public, à l’aide de visuels dérangeants, d’ambiances sombres et glauques, de sonorités qui accrochent, au fil de nombreuses sorties toutes mises à disposition des auditeurs gratuitement.

Petit à petit, le jeu assez adolescent de la bande va se muer en volonté d’affiner son art, de lui offrir la maturité qu’il méritait. Certains s’échappent alors du groupe pour briller dans des formes de musique plus accessibles, moins repoussantes ou parfois même plus ciselées – d’un r&b suave et chaleureux aux grooves expérimentaux.

Quant au fameux Tyler, The Creator, sorte d’éminence grise derrière bon nombre des projets relatifs au collectif, il n’a jamais cessé d’accroître son rayonnement en occupant tour à tour les postes de producteur, de chanteur, de stylistes ou encore de guignol des réseaux – son préféré. Et, bonne surprise, il vient d’ailleurs tout récemment de sortir son dernier album, avec Call Me If You Get Lost, pour 16 titres d’un rap une nouvelle fois à part, qui ne renie pourtant jamais ses manières brutales des débuts, même avec subtilité.

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Odd Future Live à Toronto, 15 mai 2011 © Wikimedia

En dehors du collectif, une poignée de rappeurs n’ont pour leur part jamais rencontré le succès, malgré des propositions honorables, voire talentueuses. Cette émission est l’occasion de retracer ce parcours éclaté, de saisir l’ADN d’un groupe dans son entier, tant que possible.

Des performances scéniques explosives

Une des dimensions importantes que la radio ne saurait justement pas rendre réside dans l’approche visuelle : avec Odd Future, l’importance de l’esthétique déborde la musique, en se saisissant des pochettes, de clips léchés, de tenues vestimentaires novatrices et surtout, de performances scéniques bouillonnantes.

Typiquement, il suffit de lancer une vidéo live – sans le son – pour se mettre au défi de définir à quel type de concert nous sommes en train d’assister : des références de la culture skate aux pogos rancuniers, il n’en faudrait pas plus pour ne pas croire à un concert rap. Et pourtant.

Si la sélection musicale de cette 6e émission n’a pas encore été suffisamment éloquente à vos yeux (ou oreilles), on vous laisse sur cette performance au SXSW 2011 qui devrait venir ponctuer comme il se faut les débats.

Le podcast

L'émission a été diffusée ce mercredi 30 juin 2021, avec Cédric Godart et Amaury Rauter, en ligne et en DAB+.

Le podcast est disponible sur le compte Soundcloud de Goûte mes disques. Rendez-vous en septembre pour la 2e saison de l'émission.

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