The Notwist: Vertige de l'amour (à la machine)

Vétérans de la pop alternative, les gars de The Notwist n’abdiquent pas. Sept ans après leur dernier essai, les Allemands signent en effet un coup de maître avec "Vertigo Days". Cosmopolite et ultra cinématographique, ce nouvel album connecte krautrock, jazz, soul et musiques électroniques à la réalité d'un monde en mouvement. Un monde ouvert aux autres, aux changements et à la diversité culturelle. Bienvenue sur Terre.

Certains groupes semblent mieux parés que d'autres pour traverser les âges sans prendre une ride. Né sur les cendres du punk, au lendemain de la chute du mur de Berlin, The Notwist s'est ainsi métamorphosé au contact des nouvelles technologies. Véritable caméléon du son, le groupe s'est toujours adapté aux (r)évolutions musicales et ce, en toute discrétion. Travailleur, le gang bavarois a façonné son univers loin des paillettes et, surtout, à l'ombre des projecteurs. Ce qui ne l'empêche pas de signer des succès et de claquer, comme le Bayern Munich, quelques jolies pralines dans la lucarne. L'album "Neon Golden", par exemple, lui a valu un tube en or ("Pilot") et une reconnaissance éternelle dans les rangs de la pop moderne. Mais tout ça remonte à 2001.

Morr, pas enterré

Vingt ans plus tard, The Notwist est toujours là. Signé sur Morr Music, un label indépendant que l'on croyait disparu depuis longtemps, le groupe allemand refait surface avec l'un des disques les plus intrigants de 2021. Fidèle à ses explorations sonores et à sa douce mélancolie, la formation de Markus Acher a l'intelligence d'ouvrir les portes de son laboratoire à des voix venues du monde entier. C'est là tout l'intérêt du disque. Chaque personnalité invitée sur "Vertigo Days" fait le taf à sa façon, dans sa langue et sans concession.

Du Japon aux musiques noires

Parmi les convives, déjà, il y a Saya. La chanteuse du groupe japonais Tenniscoats vient offrir sa voix d'ange à un morceau d'anthologie. A ses côtés, The Notwist s'invente une transe sous psychotropes, une échappée krautrock sur le dancefloor. Un peu comme si Blonde Redhead terminait une soirée de débauche sur les hauteurs d'un rooftop berlinois. Ensuite, le groupe s'envole en compagnie de la clarinettiste Angel Bat Dawid. Avec elle, la dream-pop se frotte à un jazz cosmique, totalement hallucinant. Une sensation d'apesanteur renforcée par la collaboration avec le multi-instrumentiste américain Ben LaMar Gay, impeccable en crooner lunaire sur le touchant "Oh Sweet Fire".

Vers des sommets insoupçonnés

Venue d'Argentine avec sa fantaisie et un sac rempli de délices électroniques, la chanteuse Juana Molina souffle, quant à elle, des mots chauds comme la braise dans la fraîcheur germanique. Intitulé 'Into Love Again', le final se joue aux côtés de la fanfare japonaise Zayaendo. Au-delà de toutes ces collaborations, The Notwist enfile les perles et touche à la perfection sur plusieurs titres. Qu'ils soient romantiques ("Where You Find Me") ou soucieux de l'avenir de notre planète ("Sans Soleil"), les morceaux de "Vertigo Days" atteignent des sommets insoupçonnés. 

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