Sad Night Dynamite : Duo explosif pour hip-hop transgénique

Poussés dans le dos par Damon Albarn, les garçons de Sad Night Dynamite tiennent l’une des meilleures mixtapes de l’année. Entre virée au pays des merveilles et trip psychédélique, le groupe anglais plonge dans une faille spatio-temporelle pour imaginer la pop de demain. Quelque part entre Gorillaz, The Avalanches et The Neptunes, le duo force le respect.

Pour Sad Night Dynamite, tout commence sur les bancs de l’école primaire. Où Josh Greacen et Archie Blagden partagent les cahiers, leur goûter et un penchant avoué pour les stars qui défilent sur le plateau de l’émission Top of the Pops. Copains de classe, les deux garçons ont grandi à un jet de pierre de Glastonbury, bourgade connue pour son festival, ses bains de boue et ses têtes d’affiche XXL. En dehors de ce grand barnum estival, la commune coule des jours paisibles. Pour tromper l’ennui dans les campagnes du Somerset, les deux amis d’enfance s’inventent une vie parallèle au contact des principaux monuments de la culture anglaise : Massive Attack, The Clash, The Streets, Pink Floyd, Gorillaz ou The Specials tournent en boucle sur la platine. Au point d’échauffer les esprits de Josh et Archie, motivés comme jamais à l’idée de jouer de la musique ensemble.

La piraterie n'est jamais finie

Cocktail explosif de sons piochés dans le sanctuaire de la pop anglaise, mais aussi dans les moindres recoins du hip-hop, la proposition de Sad Night Dynamite se construit d’abord à distance. Partis étudier dans deux universités différentes, Greacen et Blagden s’échangent des fichiers et plusieurs milliers d’idées par messageries interposées. Fruit de cette partie de ping-pong virtuelle, "Icy Violence" est le premier morceau enregistré par le duo dans la vie réelle. Ballade rétrofuturiste et mélancolique, la chanson évoque une belle journée à la plage, avant de déraper dans une sombre affaire de kidnapping. Gérée de main de maître, la production évoque inévitablement Gorillaz. Sans parler d’un chant parfaitement calqué sur le timbre nonchalant de Damon Albarn. Bon joueur, ce dernier applaudit d’ailleurs l’effort des deux faussaires en validant publiquement leur certificat de piraterie

Mettre le feu aux poudres

Approuvé par Damon Albarn, salué par FKA Twigs ou Pa Salieu, le duo de Glastonbury pose ensuite ses valises à Londres avec la ferme intention de conquérir le monde. La recette du succès en poche, Sad Night Dynamite impose en effet son instinct de flibustier via "Krunk" un hit ultra efficace qui chatouille le g-funk et qui, une fois encore, picore les graines de Gorillaz. Entre "La croisière s’amuse" et "Piège en haute mer", les paroles racontent l’histoire délirante d’un capitaine de navire sous psychotropes. À l’aise dans les nuances, percutant dans les contrastes, le groupe anglais jongle avec l’électro, le dub et le hip-hop pour esquisser les contours d’une pop résolument moderne et aventureuse. Simplement baptisée "Sad Night Dynamite"la première mixtape du duo regorge de bons plans, piqués ou génétiquement modifiés. Guitares électriques, lignes de basse et nappes de synthés s’invitent ici dans des morceaux imaginés entre ombre et lumière, rêves éveillés et cauchemars apaisés. Un monde excitant qui confirme un sentiment partagé par toute l’équipe de JAM : Sad Night Dynamite a vraiment de quoi mettre le feu aux poudres.

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