Rencontre avec Daniel Offermann, l’homme derrière la BO de la série "Coyotes" et bassiste des Girls in Hawaii

Vous étiez peut-être au rendez-vous dimanche soir dernier sur La Une pour voir les deux premiers épisodes de la nouvelle série belge, Coyotes : sorte de comédie noire où une bande de jeunes scouts découvrent, par le plus grand des hasards, un cadavre et des diamants. Si JAM ne s’est pas encore recyclé dans le cinéma et le petit écran, on a jugé opportun de vous en parler car l’entièreté de la bande-son a été réalisée par un certain Daniel Offermann, bassiste de Girls in Hawaii. De quoi prendre au passage, des nouvelles de ces derniers. Rencontre !

Salut Daniel, tu nous expliques un peu comment tu as été embarqué dans cette aventure ?

Ça faisait déjà un petit moment que j’étais en contact avec le producteur lorsqu’il m’a proposé de travailler sur cette série. Ça fait également un petit moment que je fais de la musique pour des documentaires, des courts-métrages, des génériques… Là c’était vraiment la première fois que je bossais de A à Z sur un projet où je prenais en charge toute la musique.

Ce qui est assez cool, c’est qu’on a commencé à travailler dessus assez tôt, avant le tournage, ce qui n’arrive pas souvent ! D’habitude on arrive après, une fois qu’ils commencent le montage. Là, j’ai eu l’énorme avantage de déjà pouvoir discuter avec les réalisateurs. Ils avaient écouté quelques maquettes et ça nous a vraiment permis de créer une musique sur-mesure, qui s’inscrit parfaitement dans l’univers de Coyotes. C’était du coup assez intéressant comme processus : les deux réalisateurs ont, de base, une oreille et une chouette culture musicale, s’en sont suivis de cools échanges. Tout s’est vraiment bien passé.

Qu’est ce qui t’as plu, qu’est ce qui t’as animé dans ce projet ?

J’ai fait les scouts et j’en garde un souvenir assez nostalgique. Pour moi, c’est un univers unique qui m’a beaucoup influencé ; j’y ai rencontré la plupart de mes amis et mon épouse. C’est donc vraiment un univers que je connais bien et qui me parle. Je pense que pour pas mal de gens c’est pareil, on est beaucoup à garder un très bon souvenir du scoutisme. Puis en lisant le scénario, je trouvais que c’était une série qui allait droit au but ; pas le temps de s’ennuyer, ça va très vite, il se passe plein de choses. J’aimais beaucoup le format aussi : 6 épisodes ça évite les détours inutiles.

Ce qui m’a également marqué, c’est ce véritable esprit d’équipe sur les tournages: on se serait presque cru à un camp scout tant l’ambiance était bonne. J’avais l’impression qu’il se passait quelque chose. On était pourtant en période covid donc rien n’était  simple à organiser, or là, nous étions tous très soudés. Je garde un très bon souvenir de ce processus de création.

Un processus de création inspiré des tournages auxquels tu as donc assisté ?

J’ai d’abord lu une fois le scénario et fait quelques maquettes pour essayer de déjà proposer une palette de sons et d’émotions et voir vers où on pouvait diriger la musique de l’univers Coyotes. Pour voir également en quoi la musique pouvait participer à l’aspect scénaristique, le but étant vraiment de ne pas venir coller une musique sur un montage mais qu’elle soit justement intégrée depuis le début.

Des quelques premières maquettes, comme le générique par exemple, beaucoup nous ont permis de définir l’univers. Après, au montage, ça bouge toujours un peu, mais le fait d’avoir opéré en amont nous a permis de ne pas nous perdre et tomber dans des recettes faciles. Créer un univers propre à Coyotes, c’est vraiment cet aspect qui m’a attiré dès le départ: tout le monde avait envie de lui créer une identité propre.

Musicalement, tu le qualifierais comment cet univers autour de Coyotes ?

Un mot qui est revenu assez souvent pour la musique, c’est qu’on voulait quelque chose d’organique, rythmé et pas trop léché. Bizarrement quand on est à un camp scout, je trouve qu’on est un peu dans une capsule intemporelle, du coup on voulait que la musique soit assez forte mais sans sonner forcément 2021. On voulait des sonorités assez marquées mais compliquées à placer dans le temps, comme un camp scout. On a choisi quelques instruments ; des synthés analogiques avec lesquels j’adore travailler car ils ont un grain particulier, des vraies batteries.

On a aussi pas mal écouté de hip-hop pendant le tournage dont on retrouve une petite touche aussi dans la BO.

Est-ce que tu t’es un peu challengé musicalement, éloigné de ce que tu as l’habitude de faire ou pas forcément ?

Bien sûr, pour moi c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce genre de projet : s’éloigner de ce que l’on a l’habitude de faire. C’était un projet limité dans le temps, donc je pouvais vraiment tout réinventer. C’est assez ludique finalement, car quand tu as un groupe de musique par exemple tu dois toujours réfléchir sur le long terme, or ici c’était très dense comme boulot mais limité dans le temps. Tu as la possibilité de créer un univers entier rapidement, une musique qui est là pour aider à raconter une histoire. On est entouré de toute une équipe et on a de chouettes discussions par rapport au rôle de la musique…

C’est ce que j’aime quand je bosse pour l’image, pour le cinéma et les séries, c’est cet échange entre personnes qui ne viennent pas du même univers, c’est tenter de trouver le même vocabulaire et se permettre d’aller au-delà des systèmes passe-partout. Au-delà de l’aspect purement musique, c’est l’idée de se mettre ensemble pour raconter une histoire.

Daniel, comment se porte les Girls in Hawaii ?

On va bien mais le public nous manque ! On avait prévu de faire pas mal de dates cet été mais finalement ça n’aura pas lieu. Notre chanteur, Antoine, est en train de sortir un disque, du coup je pense qu’il a envie de se concentrer là-dessus. Après, on se voit régulièrement, on écrit et compose de nouvelles chansons et on espère pouvoir revenir pour l’automne. On va jouer aux Nuits Botanique et on se réjouit. Le public nous manque vraiment et dès que c’est possible on espère redonner quelques concerts même avant de rentrer en studio.

On ne sait pas toujours très bien quand l’album sera terminé et quand on pourra le sortir, ce n’est pas encore défini.

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© Girls in Hawaii Facebook

…tu peux nous en dire un peu plus sur cet album ?

On a toujours été un groupe où, entre les albums, tout le monde part un peu de son côté, faire ses projets. On a toujours essayé de se nourrir de ces expériences pour ne pas se répéter et évoluer en tant que groupe. Ce qui était compliqué en tant qu’artistes durant l’année Covid, c’est qu’on n’a pas eu de concerts, pas de rencontres directs, or on aime se nourrir de ces évènements du quotidien, de ces rencontres, de ces voyages pour le processus de création. Ça va nous faire du bien de reprendre la vie de tous les jours, comme avant… C’est un aspect important pour les GIH: vivre les choses pour écrire des morceaux.

Mais on est vraiment en train de bosser sur de la nouvelle matière et on aimerait sortir l’un ou l’autre titre inédit très bientôt. On bosse dessus, on s’amuse toujours autant mais là, notre premier désir est de revoir le public. On a la chance d’avoir un public fidèle donc on a hâte de repasser du temps avec lui sur scène.

 

…et nous aussi :) 

Sinon, pour découvrir ou redécouvrir Coyotes, rendez-vous chaque dimanche à partir du 16 mai à 20h50 sur La Une et Auvio !

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