Nuits sonores 2021 @Bozar : la performance inédite de Flavien Berger

2 images
© Julien Bourgeois

Du 6 au 10 octobre prochain, dans le cadre somptueux du palais des Beaux-Arts (Bozar), dans la chaleur épaisse des entrailles du C12 et entre les murs chaleureux de La Vallée prendra place la quatrième (et non des moindres) édition des Nuits Sonores & European Lab. Placé sous le signe de la parité et de la diversité, le festival tient toutes ses promesses en proposant un line-up faisant la part belle à une tripotée d’artistes belges, bruxellois et internationaux aux palettes sonores contemporaines et éclectiques.

Parmi eux, un certain Flavien Berger qui signe la bande-son du film Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre de l’artiste plasticienne Laure Provost. Vendredi 8 septembre, Bozar propose la projection de ce long-métrage, accompagné des performances musicales inédites de Lafawndah et de Flavien. Ce dernier nous a accordé une interview où il nous explique plus en détail les contours de ce joli voyage…

On s’est rencontré autour d’un poulpe, c’est le dernier poulpe que j’ai mangé, après j’ai arrêté de manger des animaux.

C’est par cette anecdote quelque peu tentaculaire que Flavien commence son histoire. Nous sommes en 2018, l’artiste plasticienne Laure Provost et la commissaire Martha Kirszenbaum sont sélectionnées pour représenter la France dans le pavillon français de la biennale de Venise de 2019 : "Elles avaient pour projet de faire un film qui raconte la migration d’une espèce d’équipe un peu utopique qui passerait par des étapes symboliques : partirait de Nanterre, irait à Roubaix, passerait par le Facteur Cheval, Marseille, puis, par un tunnel magique qui mènerait à la biennale de Venise par la petite porte. C’est un film très organique et Martha pensait à un paysage sonore qui refléterait une certaine scène française francophone actuelle. Elles ont pensé à moi ! "

Le travail de Laure, Flavien le connaît déjà un peu et cette invitation l’honore : "La première fois que j’ai vu le travail de Laure c‘était à un solo show à Anvers, au M HKA. Ça a été une vraie plongée dans un univers à la fois très profond dans les analogies, les représentations et en même temps drôle et léger. Je me suis vu rire devant des œuvres. Il y a eu une connexion plastique assez instantanée entre nous. Nous avons une façon de travailler qui est assez similaire dans la recherche coupée, collée, bricolée, du moins dans l’aspect. La musique, la matière du film, s’est faite assez organiquement : j’envoyais des espèces de palettes, comme des nuanciers de sons, de musiques à Laure qui après les reprenait dans ses images, les recoupait, les récoltait. "

Mais alors concrètement ça donne quoi ?

Un spectacle en trois actes qui s'ouvre sur le diffusion du film de Laure Provost, suivie du concert de Flavien et de celui de Lafawndah pour clôturer.

Sur scène, Flavien opère, comme il nous l’explique, un exercice de disparition par sa musique : "Je n’ai absolument rien avec moi, je suis encore plus nu que quand je suis seul sur scène avec des fantômes. Je suis noyé, je disparais dans un théâtre d’ombres chinoises sonores où je vais même laisser parler d’autres voix que la mienne. Le film parle d’identité, de disparaître et c’est une notion qui s’est invitée dans mes questionnements il n’y a pas longtemps."

Flavien réutilise, redéveloppe de la matière du film auquel il ajoute des textes à la fois chantés et lus "ce sont des nouveaux morceaux, des nouvelles créations qui parlent de choses qu’évoque le film mais aussi d’expériences personnelles que j’ai eues depuis l’année et demie où le projet a été repoussé à cause du Covid, à cause de notre impassibilité à nous fondre les uns dans les autres. Ça n’aurait pas été le même spectacle sans le Covid, à la fois parce qu’il a été décalé et à la fois parce que le monde à changé."

2 images
© Photographie de plateau du film de Laure Prouvost, They Parlaient Idéale, tirage argentique, 2019 ©

Deep See Blue Surrounding you, une expérience visuelle et musicale qui suit les codes de l’art contemporain sans tomber dans des clichés élitistes et qui à l’inverse se veut accessible à tous. Un film structuré autour d’une réflexion sur l’identité, sur qui nous sommes, où nous allons et ce qui nous lie, magnifié par le talent de ces deux incroyables artistes. Hautement recommandé !

Vendredi 8 octobre 19h30- 23h30 @Bozar

Newsletter Jam.

Recevez chaque semaine toutes les actualités musicales proposées par Jam., la radio "faite par des êtres humains pour des êtres humains"

OK