Loyle Carner : le rap anglais a un incroyable talent

Loyle Carner
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Loyle Carner - © Photo de presse

Fils à maman, fan inconditionnel d’Eric Cantona et cuistot engagé, Loyle Carner est surtout l’une des étoiles les plus brillantes de la scène rap anglaise actuelle.

Il aura suffi à Benjamin Coyle-Larner d'inverser deux lettres de son patronyme pour se trouver un nom de scène. Mais la notoriété qu’il a bâtie à la force de productions entêtantes et de textes sensés, il la doit à ce qui ne relève pas du hasard : un talent brut et doux.

En 2015, sans prévenir, la toile s’affole. Loyle Carner n’a que 21 ans, mais sort coup sur coup " Ain’t Nothing Changed ", le délicat " Florence " et No CD ", qui dressent d’emblée la liste des thématiques préférées du rappeur anglais : la famille, l’amitié et un amour gigantesque pour la musique. Dans des clips déjà soignés, on y découvre sa mère, figure emblématique de son parcours elle apparaitra également au centre de la pochette de son premier album sorti en 2017, Yesterdays Gone, son fidèle MC Rebel Kleff et, comme un uniforme, le maillot rouge de Cantona. Un gimmick vestimentaire hérité de son beau-père décédé, qui aura droit à son propre morceau.

Un MC hors norme

Très vite, d’autres personnalités viendront le rejoindre sur scène et sur disque : Jorja Smith, Sampha ou encore Tom Misch, complice de ses deux albums, dont le dernier Not Waving, But Drawning est sorti en 2019. Autre soutien de marque, la brillante rappeuse Kate Tempest, qu’il a accompagnée sur " Guts ", alors qu’il n’était encore qu’une jeune MC prometteur.

Depuis, et en moins de cinq ans, Loyle Carner est parvenu à s'imposer comme l’un de ceux qui comptent dans la nouvelle scène rap anglaise, en se différenciant par des textes matures, loin des clichés street du genre. Car l’artiste ne semble pas vraiment intéressé par la drogue, les conquêtes ou les bagarres marketées. À la place, il confie son désir de toujours d’avoir une petite sœur ou encore sa passion pour la cuisine, comme dans " Ottolenghi ".

Cuisinier hyperactif

Dans ce single enregistré avec Jordan Rakkei, le chef israélien Yotam Ottolenghi donne à Loyle Carner l’occasion de chanter son amour pour son prochain, mais aussi de confier une passion bien connue du rappeur.La cuisine a toujours fait partie de ma vie, plus que toute autre chose. J’ai toujours voulu être chef et je cuisine presque tous les soirs ", nous assure-t-il. Il a d’ailleurs monté sa propre école de cuisine à vocation sociale qui se destine aux jeunes atteints de troubles de l’attention, comme lui.

À propos de ses " ADHD " — troubles du déficit de l'attention hyperactifs —, Loyle Carner estime qu’ils sont " à la fois ma meilleure et ma pire caractéristique. En grandissant, il a fallu que j’apprenne à m’aimer, pas de manière égocentrique, mais plutôt de manière à comprendre en quoi j’étais bon, et en quoi je ne l’étais pas. J’ai du mal à fermer ma bouche. Je suis mauvais quand il s’agit de me concentrer. Mais j'ai appris à transformer ça en quelque chose de positif. Ça a été une bénédiction. " Avec un tel talent pour l’optimisme, pas étonnant que Loyle Carner transforme tout ce qu’il rappe en or.