Joy Orbison, la famille avant tout

Dans la lignée de son EP Slipping, sorti en 2019, Joy Orbison a dévoilé Still Slipping vol. 1, son premier album studio, après deux ans de silence. Il a profité des confinements pour créer ce disque et se tourner vers un penchant calme et bienveillant de la musique électronique, avec une franche réussite.

"Je voulais que ma musique puisse mieux accompagner les trajets en bus des gens. Jusqu’ici je ne vous avais donné que de quoi faire la moitié de Walworth Road", écrit le Britannique sur Instagram, ironisant sur sa démarche de créer son premier album. Enfin, sa première mixtape, si on reprend ses mots précisément. Après quelques EP et singles, il a ressenti le besoin de passer à un format plus long, aidé évidemment par la crise sanitaire qui l’a sans doute poussé à produire. Et là où pour beaucoup, cette période sombre a donné lieu à des œuvres austères, révélant un certain mal-être, une angoisse des temps présents, Joy Orbison s’est quant à lui affairé à construire quelque chose d’humain, de lumineux et délicat. Le résultat forme un mélange de jungle, d’ambient et de deep house survolé par quelques toplines et complété par des notes vocales enregistrées à partir de conversations avec les membres de sa famille.

Family First

Dans son EP Slippping, Joy O avait déjà évoqué de façon indirecte que sa famille avait un rôle central dans sa vie. C’est d’ailleurs grâce à elle qu’il a commencé la musique, via son oncle Ray Keith, célèbre producteur de jungle, qui l’a introduit à la dance music. Sur la couverture, on pouvait apercevoir sa grand-mère, s’allumant une cigarette les pieds dans l’eau, et dans la tracklist, on trouvait une piste nommée "w Dad" sur laquelle on entendait sans surprise la voix de son père. Le musicien originaire de Croydon a réitéré la chose pour ce premier album, où l’on entend des passages vocaux de membres de sa famille : ses parents, sa soeur, ses cousins, oncles et sa tante Hélène. Cette fois, il a troqué sa grand-mère pour sa cousine Leighann pour illustrer la pochette, sans toutefois retirer la cigarette. Le disque nous plonge dans l’intimité de sa famille d’une manière assez originale, en restant dans la subtilité tout en nous donnant envie d’en découvrir plus sur les O’Grady.

Le producteur explique cette obsession familiale comme la conséquence de nombreux déménagements. "Mon père était ingénieur, donc durant une grande partie de mon enfance, on suivait son boulot. Il m’a montré la liste du nombre de fois où nous avons déménagé (16 si je me souviens bien). C’est pourquoi j’ai beaucoup pensé à ma famille et mes appartenances en grandissant et c’est aussi la raison pour laquelle ça se ressent dans ma musique."

Celui dont le titre Hyph Mngo avait été élu "morceau de dubstep le plus avant-gardiste" en 2009 a parcouru un sacré chemin depuis une grosse dizaine d’années, passant notamment par des moments peu productifs au milieu des années 2010. Mais depuis 2019, sa carrière semble avoir pris un nouvel élan, confirmé par cette mixtape qui affirme un peu plus un style recherché, mais aussi la polyvalence de l’artiste, qui ne se cantonne pas à une vision unique de sa musique en passant par plusieurs ambiances à travers son disque.

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