Jamendo, alternative à Spotify et même à la SABAM ? Voici comment c'est possible !

Jamendo se mue en plateforme pour les artistes émergents. Ses atouts : une offre de streaming et de téléchargement - gratuite pour les particuliers et payante en B2B -, ainsi qu'une gestion des droits pour les créateurs de musique.  

Après Soundcloud, Bandcamp, Tidal et Mixcloud, coup de projecteur sur Jamendo, un pionnier européen de la musique libre, racheté en 2010 par l'entreprise belge AudioValley.

Jamendo : un peu d'histoire

Créé sous l'impulsion de mouvements comme l'Open Source et le partage des œuvres numériques, Jamendo a été la première plateforme de partage de musique gratuite et légale sous une licence libre (Creative Commons). Pour l’anecdote, la marque Jamendo est née de l'association des termes "Jam" (tiens donc) et "Crescendo".

Le site web, lancé en 2004, a connu plusieurs vies, mais la philosophie est restée intacte : permettre aux artistes de mieux se faire connaître en diffusant librement leur musique. Au fil des années, il est également devenu une source de revenus pour ces derniers.

Depuis 2010, Jamendo fait partie d'AudioValley, groupe belge de premier plan dans le domaine de l'audio numérique. La filiale, basée au Luxembourg, compte aujourd'hui une vingtaine de collaborateurs et réunit 5 millions d'utilisateurs.

Une marque, deux services

Jamendo se présente comme un écosystème avec deux entités distinctes, qu'on pourrait grossièrement découper en branches B2C et B2B : Jamendo Music et Jamendo Licensing.

1. La plateforme Jamendo Music

La plus connue depuis ses débuts : Jamendo Music est une plateforme de téléchargement et de streaming pour la musique libre. Elle regroupe 45 mille artistes indépendants et environ 700 mille titres. Streaming (diffusion en direct) et téléchargement y sont gratuits, pour un usage privé uniquement.

Jamendo Music est accessible depuis n'importe quel navigateur web. Une application mobile est disponible sur iPhone et iPad, mais aussi sur les derniers ordinateurs Apple dotés de la puce Apple Silicon. La version Android est proposée sur le Play Store

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Application mobile Jamendo Music (iPhone, iPad, Android, Mac M1) © Jamendo

2. Le service Jamendo Licensing

La musique libre est-elle une solution rentable pour les artistes ? L’entreprise y croit dur comme fer. 10.000 artistes émergents auraient ainsi déjà confié leur musique à Jamendo Licensing sur les 45.000 présents sur la plateforme. Le service permet aux créateurs (auteurs, musiciens, interprètes et producteurs) de diffuser leur musique et de gérer leurs droits. Ils sont alors directement rémunérés sur la vente de licences, de manière plus équitable que sur les grandes plateformes commerciales.

Mais qui achète ces licences ? Plusieurs cas de figure sont possibles.

D'un côté, le catalogue peut intéresser des producteurs qui doivent sonoriser un support multimédia : une publicité, un documentaire, un film. L'abonnement mensuel est facturé à 49€, ce qui permet de puiser un nombre illimité de titres pour un usage commercial en ligne (publicité, streaming, podcast).

De l'autre, des espaces publics peuvent avoir besoin de musique d'ambiance originale (commerces, hôtels, restaurants). La musique est libre de droits. Traduction : aucun frais à payer à la SABAM en Belgique ou à la SACEM en France. Les abonnements mensuels vont de 4,99€ à 19,99€ par mois, en fonction de la superficie (moins de 50 m² jusqu'à 1000 m²).

Autre débouché : la musique à destination des streamings vidéo pour éviter aux diffuseurs de payer des droits. La licence est économique : moins de 3 euros par mois.

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Catalogue Jamendo en licence pour la sonorisation de jeux vidéo © Jamendo

Quel avenir pour Jamendo ?

En 2021, c'est la branche Jamendo Licensing qui est l'objet de toutes les attentions au sein du groupe installé à Anderlecht. Cette activité est baptisée - à dessein - Jamendo Rights Management (gestion des droits). Son ambition est de devenir un écosystème complet pour les artistes DIY (indépendants et émergents). Pour y arriver, AudioValley vient de lever plus de 8 millions d'euros.

Depuis 2019, Jamendo est en effet autorisé à exercer une activité similaire à la SABAM pour la collecte des droits, partout en Europe. Son objectif à présent consiste à en devenir une alternative, avec une triple casquette : la gestion des droits, la rémunération et la visibilité, auprès des particuliers comme des marchés B2B de la musique.

On parle ici d’un marché global d’environ 10 milliards d'euros de revenus par an aux auteurs et aux compositeurs. - Jocelyn Seilles, directeur général de Jamendo.

Cette libéralisation de la gestion collective des droits d’auteur représente une opportunité de croissance importante pour le groupe. Elle pourrait également séduire des artistes à la recherche d'une solution globale de diffusion, de promotion et de monétisation de leurs créations sonores et musicales.

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