Girls In Hawaii : "Ça fait 20 ans, alors pourquoi pas 20 ans de plus ?"

Ils nous avaient manqués ! 4 ans après la sortie de leur dernier album "Nocturne", les musiciens de Girls in Hawaii reprennent à nouveau la route, avec un double arrêt lors des Nuits Botanique. 2 soirées festives qui sentent bon les retrouvailles. Nous avons profité de l’occasion pour prendre la température avec Lionel Vancauwenberghe, entre 2 parties de pétanque dans le jardin du Botanique et quelques heures avant de remonter sur scène pour la deuxième fois du week-end. 

Vous étiez hier de retour aux Nuits Botanique pour une première soirée à guichet fermé. Ça faisait du bien de remonter sur scène à Bruxelles ?

Lionel : C’était fantastique. Le Bota, c’est vraiment un endroit fondateur pour nous. On le dit souvent mais notre rêve, quand on a démarré le groupe, c’était de jouer à la Rotonde. C’était vraiment notre objectif ultime ! J’ y ai vu les plus beaux concerts de ma vie… 

Quand on joue à Bruxelles, on est toujours un peu tendu. Avant de monter sur scène ici, il y avait de la tension, du trac. Tous nos potes sont là, la famille aussi. C’est toujours plus flippant de jouer devant ses parents que devant des inconnus (rires).

Vous n’avez plus tourné depuis 2 ans, votre dernier album date de 2017 et vous remplissez 2 fois le chapiteau des Nuits. C’est quand même assez exceptionnel ! 

Lionel : À fond, on a été surpris (rires). A la base, on devait jouer 2 fois dans une salle de 400 personnes. C’était une petite tournée "entre deux disques". On se retrouve maintenant à jouer 2 soirs devant 1000 personnes. Tout ça sans promo, sans nouveau disque. On a été surpris de la réponse du public, c’est vraiment génial. Les gens avaient réellement envie de nous voir alors que l’on ne présente finalement que peu de nouvelles choses. On joue deux nouveaux morceaux. On travaille sur un disque mais il n’est pas encore prêt. L’idée, c’était vraiment de se relancer après le Covid avec une petite tournée de retrouvailles.

Les gens avaient sans doute autant besoin que vous de retrouver l’ambiance des concerts…

Lionel : On a senti qu’il y avait une réelle envie commune de se rejoindre dans ce chapiteau. Hier, on a été soulevé et vachement surpris par la réaction des gens. Ils avaient vraiment envie de bruit ! Ça les faisait un peu chier quand on jouait des trucs plus calmes (rires). Les gens avaient vraiment envie de ressentir à nouveau cette pression sonore dans les oreilles.

 

Ça fait longtemps que vous n’aviez plus enchaîné les dates, vous n’avez pas perdu la main ?

Lionel : On vient de faire un petit week-end de festivals ici en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. C’était vraiment cool. On se retrouve de nouveau à rentrer tard chez nous, à reconduire tout le monde à 3-4 heures du matin. C’est un boulot de nuit en fait (rires).

Aujourd’hui, on tourne avec une plus petite équipe et ça nous fait du bien. Quand il y a tout une production autour, tu te retrouves un peu déresponsabilisé et tu perds un peu le goût d’être sur la route. Ici, on retrouve ces choses dont on avait perdu l’habitude : charger le matos, garer la camionnette... Ça nous permet de retrouver la fraîcheur des débuts et de faire un peu d’exercice aussi (rires).

Quelle a été votre approche au moment de préparer cette nouvelle tournée ?

Lionel : On a pas mal voulu se faire plaisir, j’avoue. On joue les morceaux qu’on a vraiment envie de jouer. On va aussi puiser dans les trucs un peu moins évidents. Et enfin, on joue ce que les gens veulent entendre. Il y a vraiment ce côté généreux dans la setlist. Il n’y a pas tellement de dates en fait, une dizaine en France, en Suisse, et en Allemagne. On se fait plaisir et on va là où les gens ont envie de nous recevoir. L'objectif c'est de se retrouver ensemble autour des morceaux, et retrouver ce goût qu’on avait un peu perdu. Et ça marche !

 

Votre claviériste, François Gustin, a annoncé qu’il quittait Girls in Hawaii. Quel impact son départ a-t-il eu sur le son du groupe ?

Lionel : Ça a été un choc, en plus du Covid. On a décidé de ne pas le remplacer et de continuer à jouer à 5. Il a fallu tout réarranger sur scène. Il y a un peu un jeu de chaise musicale derrière le clavier, on y passe chacun à notre tour. Je suis vachement content, ça allège un peu les morceaux d’une certaine manière même si on était super triste de voir François s’en aller.

Votre dernière tournée, pour l’album "Nocturne", était plus électronique avec un son plus produit. Maintenant que vous avez fait le choix de continuer à 5, pensez-vous revenir vers un son live plus organique ?

Lionel : Oui, on espère retourner à quelque chose de plus organique. Ici, cela reste encore un peu hybride, parce qu’on avait besoin de retrouver nos marques. On avait besoin de jouer, de faire quelques dates dans cette configuration pour voir ce que cela ouvrait comme possibilités. Personnellement, j’aimerais bien retrouver un son beaucoup moins synthétique, moins produit, un côté plus pop aussi, avec des chansons plus courtes. On verra ce que l’avenir nous réserve à ce niveau-là.

Vous vous êtes récemment illustrés dans vos projets solos respectifs. Antoine prépare un disque solo en français, Daniel a signé la BO de la série Coyotes… C’est important pour vous d’avoir cet à-côté ?

Lionel : Clairement ! Ça nous permet aussi de pas être à l’arrêt entre deux disques du groupe. Je compose beaucoup de musique pour le cinéma. C’est génial, c’est très gratifiant comme travail. Je pense que tout le monde y trouve une certaine liberté par rapport à Girls in Hawaii qui reste un terrain assez balisé.

On découvre de nouvelles choses, on expérimente et ça nous inspire aussi pour les "Girls". Aller voir ailleurs, ça crée aussi un plaisir de se retrouver par la suite. Antoine avait envie de faire son projet solo. Maintenant je pense que ça lui fait du bien de retrouver un groupe sur lequel il peut s'appuyer.

 

Vous préparez un nouvel album. Comment s’est passé votre confinement ? Était-ce une période propice à la création ?

Lionel : On n’a rien créé pendant le confinement. Il y a vraiment eu une non-envie totale de tout ça, je ne sais pas expliquer pourquoi. Je me suis beaucoup replongé dans les livres que j’avais déjà lus, les films que j’avais déjà vus. J’ai écouté des vieux de trucs. Il n’y avait vraiment rien de neuf ou de tourné vers le futur. C’était vraiment un moment de pause où on n’était pas créatifs. 

Maintenant, on retrouve notre énergie. On se revoit entre nous et ça change tout. On a vraiment besoin d’être stimulés, d’être dans cette dynamique constante, d’aller vers les gens, d’avoir le stress, de prendre le pouls du côté du publique. Maintenant, on est vraiment repartis.

Il y a la volonté d’écrire de nouvelles chansons, on verra où ça nous mènera.

Vous avez joué 2 nouveaux morceaux au Botanique. Annoncent-ils un retour au son des débuts ?

Lionel : Ces deux nouveaux morceaux ressemblent assez fort à ceux du premier disque effectivement. Je les ai composés chez moi, à la fin du confinement. Ils sont encore en chantier mais dans l’esprit, on aimerait retourner à quelque chose de très simple, comme on avait au début.

Quand j’évoquais notre équipe qui s'est retrouvée réduite, tout va un peu dans ce sens-là en fait. "Nocturne", on en est super content mais je pense que toute la structure autour nous étouffait un peu. Ça se ressentira certainement dans les nouveaux morceaux. Ce coup-ci, on va plutôt essayer de passer du temps à 5 dans nos chambres (rires).

Après 4 albums, ressentez-vous toujours ce besoin de devoir vous réinventer ? 

Lionel : Le sérieux du projet a fait qu’on a toujours essayé d’être un peu à la page, d’être ambitieux et de toujours faire mieux que le précédent disque. Aujourd’hui on n’est plus du tout là-dedans. Je crois qu’on a envie de retrouver pas mal d’amusement aussi. Il y a la volonté d’écrire de nouvelles chansons, on verra où ça nous mènera. Ça fait 20 ans, alors on se dit pourquoi pas 20 ans de plus ?

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