En live, Tim Dup sort des sentiers battus

Il y a quelques semaines, Tim Dup clôturait les Nuits Botaniques avec un concert puissant, à l’identité plurielle : entre jeux de lumière, projections vidéo, descente dans le public et un combo basse-guitare à couper le souffle, le jeune artiste français nous a proposé une énergie nouvelle, authentique et spontanée. Agréablement surpris, nous avons profité de son passage à Bruxelles pour échanger quelques mots avec l’auteur-compositeur-interprète

Une vibe plus rock

En juin dernier, Tim Dup débarquait avec son troisième album studio, l’intrépide et solaire La course folle. Pour défendre ce projet en bonne et due forme, l’artiste a opté pour un set-up live plutôt intéressant : pour la première fois, il a laissé tomber sa casquette de crooner pour s’entourer d’un bassiste, Thomas Clairice, et d’un guitariste, François Lasserre. “Je n’avais pas envie de lâcher les rythmiques électro ni le côté bande électronique, qui font partie intégrante de mon identité sonore. Par contre, j’avais envie d’une vraie basse qui pouvait s’allier à ça. Quant à la guitare, ça me permettait de retirer beaucoup de choses des bandes, et d’avoir une dimension plus rock.” En décalant les mélodies des synthés à la guitare, Tim Dup est parvenu à ajouter une composante plus agressive à son projet : “Avec cette formation-là, il y a un aspect plus rock qui n’est pas du tout présent sur les albums. Ça donne une énergie nouvelle qui va homogénéiser les trois albums, qui sont en fait très différents musicalement.” Interprétées de cette façon, les chansons mélancoliques de l’artiste prennent une toute autre allure : “C’est une énergie qui donne à la fois quelque chose de très organique, de très vivant, et de fiévreux aussi : il y a le côté basse-guitare qui est plus tendu,” explique-t-il.

En plus de l’aider à se renouveler, cette configuration permet également à l’artiste de lâcher son poste au piano, et de se concentrer sur l’interprétation : “Je propose quelque chose d’autre, de très surprenant : moi-même je suis surpris, soir après soir, du boulot qu’on fait et de ce que ça rend. Je suis content, ça me sort aussi de cette étiquette musicale un peu sage.”

4 images
© Diane Sagnier

Un spectacle à plusieurs dimensions

Pour cette tournée, Tim Dup a choisi la pluralité. En plus de moments instrumentaux enragés, de cris dans le micro et de riffs endiablés, l’artiste nous emmene dans des contrées plus calmes et plus intimes, bercées par les pianos et les ukuleles. “Ce qu’on a essayé de faire, c’est d’avoir des phases différentes : on commence avec des choses assez tendres, plutôt down temp et good mood, ensuite il y a une rupture un peu plus violente et plus dark avec l’enchainement de “La course folle” et “Une envie méchante”, qui sont un peu plu rentre-dedans,” explique l’artiste. 

Très vite, les choses s'enchainent avec une phase plus solaire, dansante et presque décalée avec "Mourir vieux (avec toi)” et “Juste pour te plaire”. L’artiste entre alors en contact avec le public, et descend dans la fosse pour y interpreter un morceau tout en finesse, se frayant un chemin dans la foule subjuguée. “Je trouvais ça intéressant de complètement casser le mood avec un truc complètement hors du temps, un moment très intime dans le public,” dit-il. À la fin du concert, Tim Dup se replonge dans un profond duo avec son piano, un moment bien à lui qui envoute et ensorcelle. “C’est drôle parce qu’il y a vraiment ce côté itinérance, j’ai comme envie d’embarquer les gens sur un chemin."

4 images
© Diane Sagnier

Des visuels simples et marquants

Pour accompagner cette set list variée, l'artiste a mis en place une création visuelle très bien léchée : à plusieurs moments, clips, films de vacances et documentaires sont projetés, et assistent l'artiste dans sa démarche créative. “C’est la première fois que je conscientise la dimension du spectacle. J’ai très longtemps tourné seul sur scène et j’ai adoré, mais t’es tout de suite moins dans le show étant donné que tu cristallises tout sur toi. Cette fois-ci, on a aussi une création lumière, des projections vidéo, des moments instrumentaux, et ces phases-là qui t’emmènent un peu à droite à gauche.”

En plus de l’aider à renforcer son propos, ces images permettent à l’artiste de fournir une seconde grille de lecture à son public, tout en laissant place à l'imagination de chacun. “L’idée c’est de proposer des illustrations simples qui vont avoir un impact visuel, mais pas forcément faire réfléchir à tout prix. On a essayé de faire des vidéos qui étaient musicales, dans le sens où elles étaient aussi rythmées que la musique pour apporter un soutien rythmique à la lumière, et pas nécessairement donner du sens.”

4 images
© Diane Sagnier

Tim Dup sera de retour en Belgique le 22/10 à la Maison de la culture de Tournai, le 18/11 à la Ferme du Biéreau, le 19/11 à la Maison de la culture de Marche-en-Famenne, et le 09/12 au W.Hall. Soyez vifs ! 

Newsletter Jam.

Recevez chaque semaine toutes les actualités musicales proposées par Jam., la radio "faite par des êtres humains pour des êtres humains"

OK