Concerts tests, reports, annulations : après le live de Barcelone, qu'en est-il en Belgique?

5000, c'est le nombre de personnes qui ont dansé ensemble à Barcelone au son du groupe Love of Lesbian très populaire en Espagne. L'évènement s'est passé dans une salle de concert à l'allure tout à fait normale. Les conditions strictes étaient de présenter un test négatif à l'entrée et porter un masque FFP2. Une expérience dans le but d'évaluer les risques pour les évènements de grande ampleur. Ces concerts sont encore rares, en Belgique, les annulations et reports semblent hélas plus probables.

Samedi 27 mars était festif au Palau Sant Jordi dans la ville catalane. Du rock indé sur scène, devant un public serré contre les barrières du premier rang, cela faisait bien longtemps que cela n'était plus arrivé. Le but n'était pas uniquement de s'amuser mais surtout de contribuer au retour du secteur culturel. En pratique, l'expérience se déroule en deux phases. Une première le jour du concert où chacun est testé sur place et muni d'un masque fourni pour l'occasion. Puis pendant 14 jours, un suivi du public pour vérifier le nombre de contaminations au covid au sein de cet échantillon de la population. 

 

"Si c'est pour refaire la même chose qu'à Barcelone, ça ne sert à rien"

Coté Belge, l'envie et les projets ne manquent pas du coté des différents organisateurs du secteur évènementiel. Un projet de concert test avec le groupe Ykons a déjà fait parlé de lui à Spa et plusieurs autres projets pilotes sont sur les tables des groupes d'experts et du gouvernement. De nombreuses formes de tests à grande échelle existent en faisant varier les paramètres comme la distanciation ou le port du masque. "Tout est réalisable. Simplement, en réalité on a toujours besoin de ces autorisations du GEMS et du gouvernement et que là, à l'heure actuelle, on ne nous donne aucun "go" pour réaliser ce genre d'évènements tests" nous confie Damien Dufrasne, organisateur du Dour festival et président de la Fédération des Festivals de Musique Wallonie (FFMW). 

Un projet de concert de 1000 personnes sans port du masque mais avec une quarantaine obligatoire est d'ailleurs sur la table depuis plusieurs mois. Intitulée "Moonshot" cette idée est notamment à l'initiative commune des organisateurs de Dour, Rock Werchter, Tomorrowland, Pukkelpop et Graspop en étroite collaboration avec l'université d'Hasselt pour l'étude médicale mais ce projet est toujours sur la table.

Actuellement, les propositions données aux organisateurs vont dans le sens d'évènements avec distanciation, port du masque et sans restauration. Là, il n'y aurait pas de problème mais, selon Damien Dufrasne, il faut maintenant aller plus loin et se tourner aussi vers les publics cibles, jeunes, pour voir comment ils réagissent pour tirer des conclusions et voir des perspectives.

 

 

 

Des attentes aussi coté Liégeois

De nombreux projets sont aussi passés sur la table à Liège, notamment avec le Reflektor en collaboration avec la ville et l'université de Liège. La fédération Wallonie-Bruxelles avait elle aussi débloqué du budget pour organiser une serie de concerts tests nous confie Fabrice Lamproye, co-fondateur et programmateur des Ardentes et du Reflektor.

Seulement, maintenant, c'est au niveau du fédéral que toutes ces initiatives sont gelées. Le dernier comité de concertation à mis en pause tous ces plans de réouvertures qui étaient en cours d'élaboration. 

Pour ces organisateurs, la certitude est commune, l'intérêt se trouve dans le fait de tester des choses qui n'ont pas encore été réalisées ailleurs. Selon Fabrice Lamproye, ces tests qui aboutiront à une mise en place de protocoles sont réalisables et même souhaitables pour avancer et construire des propositions concertes adaptées sous tous les aspects d'un évènement. Aussi, il souligne que "l'économie des concerts est aussi liée à celle de l'HoReCa donc il faut trouver des solutions pour que les deux puissent marcher de paire". L'objectif actuel de ces projets seraient, pour les salles, de pouvoir recommencer à travailler à la rentrée, début du mois de septembre.

Au niveau extérieur, pour l'été, les reports de décisions posent un réel problème organisationnel pour espérer proposer des alternatives viables aux festivals que l'on connait. Tout cela prend du temps à organiser et plus l'échéance approche sans perspectives d'une jauge de public à accueillir, les événements semblent de plus en plus compromis.

Malheureusement, on nous dit qu'il faudra s'attendre à des annonces d'annulations claires dans les prochains jours du coté des différents festivals Wallons.


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Les concerts tests d'un côté, les évènements adaptés de l'autre

Pour faire revivre la culture, les évènements se sont multipliés lors du premier assouplissement à l'été dernier et ce jusqu'en octobre. Des mini-concerts d'artistes à découvrir ont, par exemple, eu lieu grâce aux Fifty Sessions dans le parc de Bruxelles. Les Nuits du Botanique ont pu avoir lieu à l'automne. Va-t-on pouvoir se rediriger vers ce type d'évènements?

Les concerts mis en place l'été dernier avec toutes les mesures sanitaires nécessaires ont été un succès vu les conditions, on ne nous rapporte aucun cluster qui se serait déclaré après ces évènements. Pour ces organisations, le fait d'être en extérieur devrait pouvoir ouvrir à des perspectives. A l'image d'une réflexion à Paris par exemple pour se réapproprier les espaces publics extérieurs de façon sécurisée et adaptée.

Pour Laetitia Van Hove, l'organisatrice des Fifty sessions et directrice de l'agence Five Oh, une idée serait d'instaurer "une charte de mesures pour les évènements en plein air de 100 personnes, 500 personnes,..., quelles sont les mesures à respecter pour avoir un pourcentage infime de risques? Un cahier des charges pour chaque cas généraux en fait. Par exemple, un protocole a suivre dans le cas d'une activité plein air de 100 personnes avec DJ et un bar,... Faire venir un expert qui donne le pourcentage de chances de transmettre le virus dans ce cas, si les chances sont au dessus d'un certain pourcentage on ne le fait pas, si elles sont en dessus on le fait."

L'avenir des événements de petite ampleur n'est pas beaucoup plus clair que celui des grands, la difficulté de garder l'enthousiasme est présente. Des sessions, même en streaming doivent s'annuler avec toutes les restrictions. Pour l'été, Fifty espère un retour de ses sessions de découvertes d'artistes et pouvoir proposer cette visibilité, ce contact de la scène aux artistes émergeants.

Du coté des Nuits Botanique, l'annonce est tombée, de nouvelles dates sont prévues entre le 8 et le 26 septembre 2021. Le protocole encore inconnu ne permet pas de prédire la forme qu'elles auront mais les organisateurs misent sur ces dates pour retrouver l'ambiance des Nuits.

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