Black Marble enclenche l’état de rêve avec "Fast Idol"

Chris Stewart alias Black Marble n’a d’obscur que son nom de scène puisqu’il ramène au goût du jour la synthpop grâce à un mélange détonnant d’énergie grisante et de mélancolie qui fait hocher la tête de plaisir. Fans de synthétiseurs et de voix lancinantes, arrêtez-vous, vous êtes au bon endroit ! Il sortait le 22 octobre, son nouveau disque intitulé "Fast Idol". À cette occasion, nous avons pu échanger quelques mots avec lui.

Salut Chris, comment ça va aujourd’hui ?

Je vais très bien, merci. C’est toujours un challenge de trouver un réseau wifi correcte quand tu es en tournée (rires). Tout se passe bien. Nous sommes en Angleterre, c’est une super occasion de voir le pays et de faire de la musique en même temps !

 

Quand est-ce que tu donnes un concert à Bruxelles ? Tu y as déjà joué ?

Je jouerai au Botanique le 2 avril prochain et ce sera ma deuxième venue à Bruxelles. Normalement, il faut jouer plusieurs fois dans une ville pour comprendre comment fonctionne un public. Par contre, j’adore Bruxelles ! La dernière fois qu’on y était, on a déambulé dans les rues. C’était vraiment cool. Pour un américain, c’est toujours génial de découvrir une ville européenne. Pour moi, Bruxelles est l'une des plus belles capitales d’Europe. Lorsqu’on y a joué la dernière fois, c’était en février 2020. Seulement quelques semaines avant que tout soit mis à l’arrêt.

Ton nouvel album "Fast Idol" est sorti le 22 octobre. Pourquoi ce titre ? Tu as l’impression qu’on crée constamment des idoles éphémères dans notre société ?

C’était plus pour montrer à quel point tout est jetable et interchangeable. Ce que je trouvais intéressant, c’était de pouvoir pointer qu’en fait tout ce qui nous entoure semble être achetable. J’avais l’idée en tête d’un futur, où les gens payeraient même pour pratiquer leur religion par exemple. Généralement, cette dernière est la fondation du système de penser de beaucoup de personnes.

Pour moi, c’était drôle d’imaginer, par exemple, que les gens pour pouvoir pratiquer leur religion, doivent télécharger une nouvelle application. Puis, tu en as marre et une semaine plus tard, tu en achètes une autre car cette dernière ne t’apporte plus ce que tu veux entendre. En fait, je voulais pointer l’idée qu’on est de plus en plus détaché de toutes les réalités qui ont un passé, un présent et un futur. Là je parle de religion, mais tu pourrais aussi lier ceci à l’industrie de la musique. Je me dis également que pour certains ma musique doit être simplement interchangeable. Les gens décident ce qu’ils veulent dire à son sujet même s’ils l’écoutent à peine.

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Dans le communiqué, on peut lire que tu as créé le morceau "Somewhere" comme un lieu qui nous tient à distance des ambiguïtés de la vie quotidienne. Tu avais besoin de créer ces lieux pour te protéger ?

Je pense que j’ai décidé de créer ce lieu parce que j’ai ce rêve où je peux dire et faire ce que je veux. Un espace, où je peux demander aux gens ce que je veux et qu’à leur tour ils me demandent des choses claires. Parfois, dans la vie de tous les jours, je me réveille et c’est compliqué pour moi de comprendre ce que l’on attend de moi. Ce n’est pas facile de communiquer avec les autres. Dans les rêves, si tu veux quelque chose, tu as simplement à le demander. L’état de rêve, c’est un endroit de désinhibition total.

L’état de rêve, c’est un endroit de désinhibition total.

 

Tu dis également que pour concevoir cet album, tu as beaucoup plus utilisé ton intuition. Pourquoi était-ce si important pour toi ?

J’ai l’impression qu’en utilisant mon intuition, j’ai plus de chance de ne pas aller dans la mauvaise direction. Je pense que les gens réagissent à ma musique grâce à cette dernière. En utilisant ce procédé de création, j’ai le sentiment que c’est plus facile pour moi de produire des morceaux que les gens attendent plutôt que de me fier à une logique d'écriture "mathématique".

L’intuition, ce n’est pourtant pas quelque chose que j’utilise dans ma vie quotidienne en dehors de la musique. Quand je crée, je veux juste essayer de me transporter quelque part. J’essaye que ce quelque part devienne également un endroit pour les autres. Un lieu où les gens qui écoutent ma musique ont envie d’aller.

Comment es-tu tombé amoureux de ces sonorités 80’s remplie de synthétiseurs ?

Je ne pense pas vraiment en ces termes de "80’s". Lorsque j’ai commencé à faire de la musique, j’aimais les sonorités "70’s". C’est le moment où les synthés ont commencé à être bon marché. Les kids ont pu en acheter et faire leurs expérimentations. Ça ne demande pas beaucoup de connaissances techniques. Sur un clavier, tu peux jouer une note et c’est super fun.

C’est vrai que les gens parlent beaucoup des années 80 pour décrire ma musique. Pourtant, ce n’est pas volontaire, ce n’est pas quelque chose que j’ai essayé de recréer. En fait, je m’amuse juste sans aucune intention derrière la tête. Se prendre trop au sérieux, ce n’est pas un bon moyen pour faire de la musique.

Se prendre trop au sérieux, ce n’est pas un bon moyen pour faire de la musique.

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C’est quoi la grosse différence entre ton dernier album "Bigger Than Life" et le nouveau "Fast Idol" ?

Pour le nouvel album, j’ai surtout essayé de créer un "mood" au lieu de créer des titres en utilisant une logique d’écriture "mathématique". J’écoutais plus les émotions que certains accords me procuraient par exemple. Je pense que tu peux te perdre si tu commences à trop réfléchir. J’ai essayé de créer un mood différent pour chaque chanson. Je veux que les gens qui écoutent mes morceaux, les voient comme des amis. L’objectif est qu’ils se sentent eux-même. Ce sont différentes portes qu’ils peuvent prendre pour s’évader.

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