Bicep: retour gagnant pour le duo électro le plus excitant du moment

Force vive de la scène électro britannique, Bicep impose le respect et enfonce le clou avec un deuxième album de référence. Entre disco, techno, house et sonorités piochées aux quatre coins du globe, le duo atteint aujourd’hui de nouveaux sommets

 

Réunis sous le blason de Bicep, Matt McBriar et Andy Ferguson poursuivent leur ascension sur les hauteurs de l’électro avec Isles. Véritable machine à danser, ce deuxième essai ravive l’esprit des rave parties en dix morceaux pétris d’innombrables influences.

God is a DJ

Si l’union fait la force, la musique de Bicep est riche en symboliques. Né à Belfast, le projet voit en effet un catholique et un protestant célébrer une religion commune derrière la table de mixage. Fans d’électro, les deux amis d’enfance collectionnent depuis toujours les trésors cachés qui se planquent dans des bacs de vinyles estampillés italo-disco, house de Chicago ou Techno de Detroit. De là à faire du neuf avec de l’ancien, il n’y a qu’un pas. Un pas que Bicep franchit en dansant et, surtout, sans se poser de questions. Après quelques entrées en matière remarquées sur des labels comme Throne of Blood ou Aus Music, les garçons trouvent refuge sur les rangs de Ninja Tune (Amon Tobin, Bonobo, Jordan Rakei, Leon Vynehall). C’est sous cette prestigieuse enseigne que le groupe, désormais établi à Londres, claque l’inaugural Bicep en 2017.

Sunday Groovy Sunday

Pour le duo nord-irlandais, le déménagement dans la capitale anglaise est un choc. Même la banalité du quotidien devient une extraordinaire source d’inspiration. En plein enregistrement de leur deuxième album, les deux DJ’s entendent des chants hindous s’élever par-dessus les toits de la ville, des bribes de chœurs bulgares s’échapper d’une voiture au feu rouge. Un dimanche soir, ils se surprennent même à marteler Shazam dans un Kebab du quartier dans l’espoir d’identifier un tube chanté en turc, un morceau ultra pop, méga groovy.

La possibilité des îles

Ces influences cosmopolites se retrouvent aujourd’hui au cœur d’Isles, un disque tout-terrain doté d’une production capable de défoncer le dancefloor au bout de la nuit, mais aussi à même de s’ajuster aux enceintes du salon en plein milieu de l’après-midi. Le single ‘Apricots’, par exemple, témoigne de cette polyvalence. Entre samples d’un chant traditionnel du Malawi et chœurs féminins dégotés dans les archives de la Radio et Télévision d'État bulgare, le beat traverse des champs électromagnétiques, modernes, puissants et oniriques. Ailleurs, entre kicks syncopés et synthés psychés, le morceau ‘Saku’ plonge dans la vague UK garage avec les bras en l’air et la tête à l’envers. Respectueux du passé, les mecs de Bicep se fendent même de l’un ou l’autre clin d’œil à Orbital avec des titres comme ‘Atlas’ ou ‘Sundial’. Dernière étape de l’odyssée, ‘Hawk’ n’est pas une référence à la série Cobra Kai, mais un final trance-house, une bande-son épileptique et mélancolique qui sent bon la fin de soirée, la sueur. Le bonheur.

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