Avec sa nouvelle mixtape, Naomi Banks veut redéfinir les codes de l'amour

On la découvrait il y a quelques mois avec son titre Waiting, la décrivant comme "la nouvelle voix soul qui ne va plus vous quitter". Naomi Banks a dorénavant sorti sa première mixtape, rassemblant des collaborations avec ses plus proches relations musicales. Mélangeant une voix soul avec des productions alt-pop, l’anglaise originaire du comté d’Hampshire, dans la campagne britannique, confirme les impressions que l’on ressentait à son égard. Jam a eu l’occasion de la joindre pour discuter de son parcours.

Du jazz à la pop

Difficile de ne pas être frappé par cette voix chaude et rassurante qui s’envole des cordes vocales de l’anglaise dans ses chansons. Si son timbre sonne résolument soul, c’est pourtant de l’alternative pop que Naomi Banks produit. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Après être passée par une bonne école de musique, celle qui vit désormais entre Londres et la côte est anglaise s’est dirigée vers le Trinity College of Music afin d’apprendre le jazz. Un background qui lui apportera une excellente connaissance de la musique. Petite fille d’une pianiste, fille d’une chanteuse d’opéra, sa voie semblait toute tracée. "J’ai commencé avec le saxophone et le piano et de là s’est développé mon amour pour la musique. J’ai seulement commencé à écrire ma propre musique à partir de mes 22 ans. Mais je savais que je voulais faire carrière dans la musique alors que je n’avais que 10 ans."

Mais le jazz ne semble pas transcender Naomi qui effectuera une transition drastique vers le monde de la pop. "J’ai arrêté le jazz il y a environ cinq ans parce que ce n’était pas exactement ce que je voulais, même si j’adorais ça. J’ai commencé à écrire sans vraiment savoir ce qui allait en ressortir. J’ai demandé à plusieurs producteurs de travailler sur les chansons que j’avais écrites et ça a découlé sur ce genre d’alt pop. J’en suis vraiment contente. Je me connecte beaucoup plus à ce genre. C’est beaucoup plus large, il y a moins de limites."

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Une mixtape plutôt qu’un album

Il y a quelques semaines, la chanteuse a sorti sa première mixtape, qu’elle n’apparente pas à un album à part entière. "Je ne voulais pas que ce soit un album en tant que tel. Cette mixtape contient des musiques que j’ai créées avec beaucoup d’autres personnes et je les aimais trop pour continuer à les voir patienter sur ma dropbox. Mais depuis j’ai commencé à produire mes propres musiques et l’année prochaine je sortirai un album avec uniquement des morceaux que j’aurai écrits, produits et joués moi-même. Ce sera plus authentique."

Je pense que ma musique va devenir plus bizarre étant donné que je peux la produire moi-même dorénavant.

Né durant une escapade à travers la France et l’Espagne avec son chien, enregistré avec son ordinateur portable et ses enregistreurs, ce projet rassemble ses collaborateurs musicaux préférés sur une majorité des morceaux : Dieter Gieckel, Kuma Overdose, Gareth Malone, Barnsolo, ARKTKT ainsi que Blossom Caldarone. Des artistes qui n’ont pas été choisis au hasard. "Ce sont les personnes qui m’ont entouré durant tout mon parcours artistique. Ce sont eux qui m’ont poussée à écrire des chansons, qui m’ont accompagné le plus sur scène et qui me comprennent le plus musicalement et vice-versa. Ce sont les personnes avec qui je connecte le mieux."

Si ce disque est résolument alt-pop, voire pleinement pop à certains moments, ce n’est pas la direction vers laquelle la Britannique veut se diriger dans le futur. "Je pense que ma musique va devenir plus bizarre étant donné que je peux la produire moi-même dorénavant. Elle sera sans doute moins commerciale, moins pop. Ou alors de la pop sombre, que ce soit au niveau des paroles ou de la production."

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Explorer l’amour

Dans les textes de Naomi Banks, un thème se démarque particulièrement : celui des relations amoureuses. De par ses paroles, elle nous emmène vers une réflexion à propos de la vision que peut avoir la société vis-à-vis de l’amour. Et pourquoi pas le polyamour ? "J’aime avoir des perspectives différentes à ce sujet. J’aime beaucoup le côté bizarre de l’amour : j’aime parler du polyamour, de l’homosexualité. C’est une partie importante de l’amour à mon sens, et il faut montrer qu’il est important dans toutes ses formes, pas seulement la formule homme-femme."

Ça me rend vraiment heureuse d’être dans des relations polyamoureuses sécurisantes.

Elle qui a eu l’occasion de vivre dans des relations polyamoureuses témoigne de son vécu et de sa satisfaction à explorer des pratiques que la société nous empêche d’éprouver sous prétexte qu’elles ne sont pas normales. "On nous dit que ce n’est pas juste, qu’on est cupide parce qu’on veut être avec plus qu’une personne. Pourtant, on n’a pas qu’un seul ami, qu’un seul type de nourriture que l’on consomme, qu’une seule tenue… Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas avoir plus qu’un amoureux, si on traite les personnes avec respect, qu’on est honnête et ouvert à ce sujet, ça peut vraiment donner lieu à de belles situations. Ça me rend vraiment heureuse d’être dans des relations polyamoureuses sécurisantes. J’espère vraiment que d’autres personnes pourront découvrir cela aussi."

Obsédée ces derniers temps par Goldfrapp, Naomi Banks n’aime cependant pas s’accrocher à un artiste en particulier pour parler de ses influences. Comme on peut l’entendre au début de son morceau Waiting, elle est passionnée de musique française, citant Vendredi Sur Mer comme l’une de ses artistes favorites du répertoire francophone. Sans toutefois détrôner un certain Jacques Brel. "J’ai vu des centaines de fois la vidéo de lui qui chante Ne Me Quitte Pas. Il a le visage le plus émotif au monde, il est magnifique à regarder, c’est un performeur incroyable. Je suis absorbée à chaque seconde de la vidéo."

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