Scandale aux Pays-bas: des morceaux de corps humains vendus à prix d'or

Scandale aux Pays-bas: des morceaux de corps humains vendus à prix d'or.
Scandale aux Pays-bas: des morceaux de corps humains vendus à prix d'or. - © Tous droits réservés

C'est un business juteux que nos collègues de la télévision publique néerlandaise viennent de dénoncer dans "Nieuwsuur" un magazine d'actualité. Nos confères ont mené l'enquête jusqu'aux Etats-Unis. Là-bas, chaque année, des milliers d’Américains, acceptent de donner, après leur mort, leur corps à des entreprises privées. Ces sociétés proposent aux familles des donneurs de prendre en charge les frais de funérailles.  Elles revendent ensuite des parties de corps à des centres de recherche ou des facultés d'anatomie.

Jusque là, tout est légal. Mais nos confrères ont poussé la porte de l'une d'entre elles. Et là, les règles de ce business semblent pour le moins floues. Chez Science Care, ces morceaux de corps rapportent des millions de dollars. Selon, les journalistes de "Nieuwsuur", une tête rapporterait 500 dollars, un avant-bras 250 dollars et un torse, pas moins de 2000 dollars.

Un journaliste de Reuters, aurait même réussi à acheter en ligne, deux têtes après quelques échanges de mails. Apparemment, les familles des défunts n'avaient pas été prévenus de ces découpes de corps et du commerce que l'on en ferait. Ils sont sous le choc.

En 10 ans, 500 têtes arrivées aux Pays-Bas

L'exportation de corps humains est légale, en 10 ans, 500 têtes sont ainsi arrivées aux Pays-Bas, par bateau ou par avion dans des containers réfrigérés comme des marchandises classiques pour être distribuées dans toute l'Europe.  

Selon la télé néerlandaise, leur pays joue un rôle important dans ce commerce. Deux centres universitaires, L’hôpital AMC d’Amsterdam et l'hôpital Erasmus de Rotterdam en auraient acheté pour certains cours aux étudiants de médecine.

Morceaux de corps à vendre en Belgique?

En Belgique, les facultés de médecine ont-elles ou ont-elles eu recours à ce type d'achats. Pierre Bonnet, Professeur d'anatomie à la faculté de médecine de l'université de Liège et chirurgien urologue au CHU du Sart-Tilman, affirme avec force, qu'il n'a jamais vendu ou acheté de morceaux de corps pour former ses étudiants. "Une question d'éthique et de déontologie" poursuit-il "chez nous, les corps qui servent aux cours pratiques des futurs médecins ou chirurgiens, proviennent de dons de corps pour la science. Ils ne quittent jamais la faculté et encore moins en morceaux, ils sont ensuite restitués à la famille si elle le demande".

Mais il a déjà entendu parler de recours à des corps reconstitués entre autres à l'Ircad, un centre de recherche en cancérologie digestive à Strasbourg  ou en Allemagne. La pratique semble exister.  Il sait qu'il a été possible d'acheter des morceaux de corps pour étudier, par exemple, des fractures maxilo-faciales.

Aux Pays-Bas, le gouvernement vérifie toutes les règles douanières. Il s’engage à renforcer ces règles si de graves manquements sont constatés. Un projet de loi est sur les rails pour protéger nos voisins du nord de telles pratiques. Dans le reportage, l'hôpital d'Amsterdam annonce avoir arrêté d'acheter de nouvelles têtes.  

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