Prescription électronique, les médecins généralistes craignent des complications

Vous l'avez peut-être remarqué si vous avez récemment rendu visite à votre médecin traitant, l'ordonnance qu'il vous délivre a quelque peu changé. On ne parle d'ailleurs plus d'ordonnance mais bien de preuve de prescription électronique. En haut, vous y verrez un code barre, et c'est ce code barre qui change tout. 

Fini les ordonnances griffonnées à la main, désormais votre médecin peut utiliser la prescription électronique. Dans la pratique, ça veut dire que le médecin poste désormais sa prescription sur un serveur, et grâce au code barre, n'importe quel pharmacien peut la récupérer et vous la délivrer. Le premier avantage est évident pour le pharmacien : il ne devra plus déchiffrer les hiéroglyphes du médecin et jouer aux devinettes pour lire l'ordonnance : désormais, tout s'affiche clairement sur son ordinateur. Deuxième avantage, le système devrait aussi permettre d'avoir une vue globale sur le traitement du patient : quelle que soit la pharmacie dans laquelle vous vous rendez, le pharmacien pourra voir l'ensemble de vos prescriptions présentes et passées. Il pourra ainsi éviter les problèmes d'interactions entre les médicaments. Certains abus pourront aussi être évités. 

Pas encore tout à fait au point

Principal changement pour le patient : vous devrez désormais vous identifier à l'aide de votre carte d'identité électronique chez votre médecin. Et là, le système montre déjà ses limites : une carte d'identité dont la date de validité est dépassée, un enfant qui n'a pas de carte d'identité électronique, une carte d'identité étrangère et voilà le médecin dans l'impossibilité d'utiliser le système. Du côté des pharmaciens aussi, la mise en application du système a fait apparaître quelques maladies de jeunesse : des posologies tout à fait fantaisistes sont parfois apparues, pour les préparations magistrales, le système coince aussi. Mais le principal écueil est la rapidité de mise en application de cette prescription électronique : elle devrait être obligatoire dès le 1er janvier 2018. Pour certains médecins, parmi les plus âgés, qui sont peu ou pas informatisés, ça coince... Certains d'entre eux envisagent même d'arrêter de professer à la fin de cette année s'ils n'ont pas d'alternative. 

Nécessaires dérogations

Il y a aussi tous les médecins dits "inactifs", ceux qui ne prescrivent pas dans leur activité quotidienne et qui du coup, ne pourront plus prescrire du tout, même pour un membre de leur famille, par exemple. Sont concernés les médecins-experts auprès des tribunaux ou autre, ceux qui pratiquent la médecine scolaire, les médecins-conseils, etc... Cela concerne près de 20 000 médecins en Belgique, selon l'Ordre des Médecins. 

Bref, pour bon nombre de généralistes, le gouvernement veut mettre la charrue avant les bœufs. Le GBO, le Groupement Belge des Omnipraticiens, demande qu'un certain nombre de dérogations soient mises en place pour tous ces cas spécifiques et que l'obligation de prescription électronique soit repoussée à 2020, au plus tôt.

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