L'hospitalisation en chambre particulière toujours plus chère

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La Mutualité chrétienne tire la sonnette d'alarme. Dans son baromètre sur les coûts d’hospitalisation, la mutuelle démontre l’augmentation croissante des suppléments d’honoraires pour une hospitalisation en chambre individuelle. Jean Hermesse le secrétaire général des Mutualités chrétiennes dénonce " la spirale infernale " de ces augmentations.

Trois causes

Cette spirale s’explique par trois principaux facteurs. Le premier, c’est l’augmentation des frais d’honoraires dans la plupart des hôpitaux du pays. Certains de ces suppléments peuvent même parfois atteindre les 300%. Chaque hôpital a sa propre politique en ce qui concerne ces suppléments d’honoraires et fait parfois l'objet d'un accord entre les médecins et l'hôpital.

Autre facteurs, les hôpitaux proposent de plus en plus de chambres individuelles. Une offre en adéquation avec la demande des patients.

Enfin, cette facturation en hausse s’explique aussi par des prestations techniques de plus en plus chères comme par exemple les analyses en laboratoire. " Des prestations pour lesquelles le patient n’a pas vraiment son mot à dire puisqu’il ne choisit pas le médecin, voire ne le rencontre même pas " explique Jean Hermesse.

Des soins de santé à l’américaine ?

L’an dernier l’augmentation des suppléments d’honoraires pour une chambre individuelle s’élevait à 4%. On est donc dans la moyenne des 5% constatés lors des années précédentes. De quoi faire craindre à Jean Hermesse une privatisation de plus en plus évidente des soins de santé. " Les suppléments en chambre un lit sont autorisés sans aucune limite. Actuellement cette croissance se poursuit d’année en année et nous savons que ça va continuer. Aujourd’hui le montant total des frais à la charge des patients s’élève à 1,2 milliards d’euros. Une somme qui pourrait grimper rapidement jusqu’à 1,5 milliards, voire deux milliards. Les gens vont donc se tourner vers des assurances hospitalisation qui sont elles aussi de plus en plus chères, ce qui nous dirige vers une privatisation des soins hospitaliers".

Faire mieux avec moins

Parmi les hôpitaux qui augmentent leurs tarifs, il a ceux du réseau CHIREC et notamment l'hôpital Edith Cavell à Uccle. La direction ne tente pas de se cacher. Elle assume ces augmentations mais affirme aussi qu’elle n’a pas le choix. Les subsides publics sont de moins en moins importants alors que l’espérance de vie augmente, les soins coûtent de plus en plus chers tout comme le matériel nécessaire à des soins de qualité. Tous ces frais se répercutent donc sur le patient.

Mais à Cavell on rappelle qu’en chambre double ces suppléments n’existent pas puisqu’ils sont tout simplement interdits. De plus on assure que les soins prodigués seront identiques et d'aussi bonne qualité.

Soulignons enfin que le rapport met en lumière d’autres constats. Notamment la légère diminution de la facture moyenne d’une hospitalisation classique (tous types de chambres confondus). Et la hausse pour les hospitalisations de jours chirurgicales (+4%) et non-chirurgicales (+13%) alors que ce type d’hospitalisation ne cesse d’augmenter.