Attention, les roses coupées sont empoisonnées...

C'est le résultat d'une toute nouvelle étude du laboratoire de Phytopharmacie de Gembloux dont nous vous livrons les conclusions en exclusivité.

Roses, gerberas et chrysanthèmes

Gembloux savait déjà que les trois principales fleurs vendues chez nos fleuristes, dans les supermarchés ou sur les marchés, à savoir les roses, les gerberas et les chrysanthèmes, portaient des résidus de pesticides, des fongicides et des insecticides. Cette fois, le labo de Gembloux a été plus loin et a ciblé exclusivement sa recherche sur les roses vendues dans tout le pays : 27 échantillons de cinq roses belges, hollandaises et africaines (Kenya et Ethiopie).

Les roses belges les plus contaminées

Le résultat des analyses est sans appel : même si tous les échantillons sont contaminés, ce sont les roses belges qui le sont le plus, devant les kényanes, les hollandaises (dont beaucoup sont cultivées en Afrique) et les équatoriennes. On a retrouvé pas moins de 97 substances différentes dans les roses. Toutes portent de 20 à 30 mg de résidus par kilo de fleurs, ce qui signifie, selon le Pr Shiffers responsable de l'étude, "de 100 à 1000 fois plus que ce qui est autorisé dans l'alimentation, avec un risque certain de contamination cutanée pour les fleuristes".

Les résidus passent dans le sang

Dans le même temps, le labo de Gembloux a étudié le transfert des pesticides des roses sur les mains des fleuristes qui les manipulent et le résultat est inquiétant: "Le dépôt sur les feuilles et les fleurs des roses passe sur les mains et pénètre dans le sang, avec risque de maladies chroniques, maladies nerveuses et même certains cancers".

Le fleuriste qui manipule les fleurs de deux à quatre heures par jour doit donc impérativement porter des gants et les nettoyer régulièrement. Quant au particulier qui achète des roses, "le danger est moindre car il manipule moins les fleurs, sauf quand il les recoupe pour prolonger leur vie" nous explique le labo. 

Avec un bémol important : tant pour le fleuriste que pour le client, il est fortement déconseillé de jeter ses roses fanées et autres fleurs dans le compost. Il en serait contaminé.

Des alternatives ?

Il existe, en effet, des roses moins dangereuses. Pour l’étude, ils n’en ont pas trouvé et, pourtant, ils ont fait 50 points de vente, 45 fleuristes et 5 supermarchés. Ces roses moins nocives, vous pouvez les trouver dans le commerce de roses équitables. Seulement, elles ne sont pas faciles à acheter puisque seul 1% de roses vendues en Belgique sont équitables. 

Par "roses équitables", on entend des roses cultivées dans des conditions sûres, qui limitent au maximum les produits chimiques, qui assurent aux travailleuses des protections si elles manipulent des produits irritants, qui sont éco-responsables, qui soient respectueuses de la condition humaine et qui garantissent un salaire correct au personnel.

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