Sharingbox: un appareil photo qui apprécie vos données personnelles

Vous l'avez certainement déjà vu dans un café, dans une foire ou un événement commercial. La "sharingbox" est un appareil qui vous prend en photo mais pas seulement! Elle permet aussi à ceux qui la louent d'utiliser vos coordonnées personnelles à des fins de marketing... si vous l'autorisez.

La "sharingbox" existe depuis cinq ans déjà. Elle est Belge. Il y en a déjà plus de 1 000 installés dans 22 pays. Nous en avons croisé une, dans un café bruxellois. Le principe? Vous vous placez face à l'appareil et il prend votre photo... et cette photo que l'on peut envoyer par mail sur un smartphone n'est pas tout à fait innocente. Elle est payée par un annonceur qui loue la sharingbox, en l’occurrence la Mutualité chrétienne pour une campagne sur les préservatifs. Mais la machine vous permet de choisir: elle peut ou non, utiliser vos données personnelles à des fins de marketing, pour envoyer de la pub, par exemple. Cela ne semble pas trop inquiéter quelques jeunes filles qui passaient par là: "On prend des photos et on est confrontées à de la pub comme on l'est dans la rue ou ailleurs. Et même si la Mutualité chrétienne m'envoie une publicité, je peux peut-être avoir des avantages... pourquoi pas?".  

Multiples possibilités

La sharingbox s'adresse aux particuliers pour des mariages, par exemple, mais surtout aux entreprises pour faire connaître leur marque. Elle peut étonner avec des photos mais aussi avec des vidéos ou vous transporter dans un autre monde grâce à la magie des décors en arrière-plan. En tout cas, l'annonceur pourra ainsi remplir ses objectifs mais... lesquels? "Cela va dépendre de son objectif, précise Sidney Valenta, fondateur de la sharingbox, l'annonceur qui veut augmenter sa visibilité sur les réseaux sociaux, il va utiliser la sharingbox pour prendre des photos qui vont être partagées sur les réseaux sociaux, Instagram ou autres, et faire des concours. Pour les annonceurs qui veulent faire du "drive to store", c'est-à-dire amener les gens en magasin, la photo va alors s'imprimer avec un coupon de réduction que l'utilisateur pourra scanner en magasin. Donc en fonction de l'objectif du client, on va lui proposer une animation différente". Et ça ne plaît pas qu'aux jeunes, les plus âgés s'y laissent prendre aussi, comme l’administrateur-délégué d'UCB Belgique dans ce salon VIP de l'Art Brussels, la foire bien connue de l'art contemporain. Didier Malherbe est enchanté semble-t-il: "C'est sympa. C'est une occasion de rassembler des gens, de faire des souvenirs. Puisqu'on a de moins en moins de photos papier, tout est digitalisé, voilà... "Retour vers le futur"". Mais ici on compte aussi utiliser les coordonnées des invités? Réponse d'Anne Lafere, directrice opérationnelle d'Easyfairs : "Pas du tout! C'est vraiment le visiteur qui choisit de mettre son adresse pour recevoir la photo mais nous n'allons pas utiliser cette adresse".

Combien ça coûte?

Tout ça a un prix! Tiens, combien ça coûte aux entreprises pour vous offrir ces photos? Sidney Valenta: "Il y a un prix de départ qui commence à 550 euros et on peut aller pour une soirée à des cinq, six, sept, huit mille euros. Cela dépend du nombre de machines que l'entreprise souhaite, du type de sharingbox qu'elle va utiliser, du type de software qu'elle demande, du type de décors, du personnel qu'elle veut... donc c'est une offre assez "tiroir"".

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