Le vin nature sera-t-il la grande tendance 2018?

Depuis quelque temps, le monde des amateurs de vin semble n'avoir que ces deux mots à la bouche : vin nature, ou vin naturel, c'est la même chose. Pour savoir ce que c'est, exactement, direction Matthieu Vellut. Cet enthousiaste a laissé tomber son boulot dans la pub pour ouvrir une boutique et un bar à vin, nature, forcément.

Vin nature: définition

Le vin naturel, explique-t-il, ça part toujours de raisins bio, ça n'admet aucun intrant pendant la vinification et ça n'autorise des sulfites qu'en très petites quantités. Donc, c'est du jus de raisin fermenté sans aucun additif et avec le moins possible de sulfites.

Les intrants qu'on ajoute dans la vinification traditionnelle, ça permet d'assurer une certaine stabilité au goût, d'un millésime à l'autre. Ici, rien de pareil :

Le vin naturel est le reflet précis d'un cépage, d'un terroir, d'un millésime et de la patte d'un vigneron. Comme ces éléments varient d'une année à l'autre, on a des vins qui sont différents d'une année à l'autre. C'est le principe de la découverte, c'est le principe d'être surpris par l'expression d'un cépage.

Roulette russe?

Autant dire que, quand on ouvre une bouteille, on ne sait pas forcément sur quoi on va tomber. Et ça, ça fait un peu sourire Eric Boschman, sommelier et oenologue :

L'humain a besoin d'un minimum de compréhension. Je ne dis pas de stabilité stérile, mais de compréhension. Et si chaque fois qu'on ouvre une bouteille, on ne sait pas à quoi s'attendre, OK, c'est rigolo, ça s'appelle la roulette russe, on ne sait jamais quand on va se faire flinguer...

Un nez en forme de pied de nez?

Forcément: quand on supprime tous les traitements, on a un vin plus fragile, qui, par exemple, supporte difficilement les chocs thermiques. Et, parfois, à l'ouverture d'une bouteille, le nez en prend pour son grade. Matthieu Vellut tempère :

Effectivement, il y a quinze ans, on ne parlait pas encore de vins nature mais de vins non collés et non filtrés, et les expériences étaient parfois un peu étonnantes. On retrouvait parfois cette odeur de cul de ferme, qui est simplement l'odeur de la réduction. Mais la manière dont on vinifie depuis lors s'est considérablement affinée et on n'a plus ce genre de choses...


D'ailleurs, Matthieu est formel

Une fois qu'on commence à goûter du vin nature, après quatre ou cinq bouteilles, on ne revient jamais en arrière.

Une opinion que na partage pas du tout Eric Boschman :

Le vin nature représente, en France et en Italie, moins de 2% de la production. On va se couper de 98% de la production? Ça ne tient pas!

Parlons prix !

Matthieu estime que la bouteille de vin nature coûte 30% plus cher que son équivalent traditionnel. Chez lui, les prix s'échelonnent de 10 à 88 euros. Et on peut en boire sans crainte puisque pas de sulfite implique pas de mal à la tête le lendemain.

Ici non plus, Eric Boschman n'est pas d'accord...

Le problème, c'est que ce n'est pas le soufre qui donne mal à la tête. On ne connaît pas exactement les raisons du mal de crâne, mais c'est plutôt lié à un excès de consommation et à une déshydratation, parce que le vin est un vasodilatateur.

Le test!

On a laissé les experts et on a voulu savoir si M ou Mme tout le monde parvenait à faire la différence entre vin nature et vin traditionnel. Le vin nature a la réputation d'être plus sauvage, voire franchement rock and roll. On a donc pris un vin nature au goût classique, un vin traditionnel et un vin nature plus rock and roll. Et on a fait déguster des passants à l'aveugle.

Le test a porté sur une vingtaine de personnes, autant dire qu'il n'a aucune valeur scientifique. Mais la conclusion est que la plupart de nos cobayes n'ont pas pu faire la différence entre le vin traditionnel et le vin nature au goût plus classique.

Mais en fin de compte, la seule manière de savoir si le vin nature est fait pour vous, eh bien... C'est de le boire!

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