La bière belge classée au patrimoine mondial de l'Unesco

C’est une des infos ‘conso’ de la semaine. La bière belge est désormais classée au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. Ouf, le titre est ronflant. C’est donc une fameuse récompense pour tout le secteur. Derrière cette nouvelle distinction, on retrouve les grands brasseurs bien sûr mais aussi des dizaines de micro-brasseries bien de chez nous. Les petites brasseries locales s’ouvrent les unes après les autres, en Belgique. C’est de nouveau tendance, la bière de proximité. Nous avons donc plongé dans une de ces petites entreprises qui réunissent des passionnés.

Cap sur la brasserie de l’Echasse, à Namur, qui produit la bière Houppe. Une jolie réussite.

Il est 6h50 ce jeudi matin. Bertrand Guelette, un des co-fondateurs de la bière Houppe, nous a fixé rendez-vous très tôt, car la micro-brasserie qu’il a créée en 2013, n’est pas sa seule activité, loin de là. " Le business de la bière, c’est une passion avant tout. On voulait lancer une bière 100% namuroise, brassé au cœur de la capitale Wallonne. D’où l’idée de ce projet qui ne nous rapporte pas un euro actuellement, mais qui marche pourtant plutôt bien ". Le ton est donné.

Un belle histoire d'amitié et de passion

En 2013, cinq amis amateurs de bonnes bières spéciales investissent leurs économies dans ce projet brassicole audacieux. 90 000 euros en fonds propre, 200 000 euros prêtés par les banques et Namur Invest (un fonds d’aide pour les entrepreneurs qui osent…) : la Houppe était née. Ou presque. " Il a effectivement fallu 7 mois de tests pour arriver au goût que nous recherchions. Une bière avec de l’amertume et une intonation d’agrume prononcée. Frais, agréable et goûteux. La formule nous a demandé des dizaines de dégustations. On terminait parfois un peu…fatigués, ahahah. Et puis on a trouvé la formule de notre potion magique ". Bertrand Guelette a des étoiles dans les yeux. Il adore faire le guide dans sa brasserie, située à l’entrée de Namur, le long de la Meuse, juste à côté du Casino. " C’est un endroit magnifique. La Meuse et l’authenticité du lieu…Et puis la cave voutée date de 1812. C’était déjà une brasserie ici, auparavant : la brasserie de la Plante ". Le nom Houppe est également typiquement namurois, ça vient du mot namurois hoppe, qui signifiait bière houblonnée au moyen âge.

L'expertise belge, un savoir-faire récompensé

On sent l’envie de donner un sens à toute cette expérience. Il est 8h du matin. Et Damien franchit le pas de la porte. Il est ingénieur brassicole diplômé : " Oui, il faut savoir qu’en Belgique, les grandes universités et certaines hautes écoles forment des techniciens de la bière, comme moi. C’est une réelle spécificité belge. Le titre décerné par l’Unesco est donc aussi une récompense pour le savoir-faire académique belge, les unifs, les écoles, qui proposent cette formation unique ! ". Damien participe à l’équilibre de la Houppe. Il en déguste plusieurs chaque jour, pour que son goût spécifique soit toujours au rendez-vous. Contrairement au vin, on ne peut pas recracher la bière, quand on la déguste.  " Non, car il faut également prendre en compte l’amertume qui vient après avoir avalé le produit. Ce qui n’est pas le cas pour le vin. Mais rassurez-vous, je rentre chez moi sans souci. Même si la Houppe fait 7 degrés d’alcool ".

Ici, la bière est brassée de A à Z

Pas question de passer par un sous-traitant comme beaucoup d’autres micro-brasseries. Ce qui fait la différence, au niveau du goût ? La levure, propre à chaque brasserie. La levure se présente comme une sorte de milkshake moka. C’est ce breuvage qui transformera le sucre en alcool et amènera une partie du CO2. Bien la choisir est capital ! Le houblon personnalise aussi le goût, mais moins. Il se présente, non pas sous forme de fleur, mais en pellet, comme des pellets de bois. C’est moins poétique, mais bien plus facile à travailler. Du Malt, de la levure, du houblon et de l’eau : tout cela est mis en fût et passe par la salle de brassage semi-automatique achetée d’occasion en France, pour 60 000 euros. Il faut diminuer les frais. Pas question d’acheter matériel de production neuf. Même si les perspectives sont bonnes.  " On exporte déjà 15% de notre production en France. On vise maintenant l’Italie. Mais le plus important est de servir notre marché, car les gens recherchent du local. C’est le retour aux sources pour compenser la mondialisation. Le consommateur veut aussi être fier de sa région et déguster des produits conçus près de chez lui. C’est le secret du succès des micro-brasseries qui se multiplient, actuellement ".

Petite dimension écologique

Les fûts livrés aux cafetiers sont faits en plastique recyclable, pas en acier. Inutile de les nettoyer avec des produits chimiques agressifs. Le packaging des bouteilles est lui bien étudié : deux échasseurs pour rappeler Namur, et un drapeau belge pour marquer l’appartenance nationale. De quoi séduire le public, qui apprécie... 110 000 litres de Houppe s’écoulent désormais chaque année. Pas mal !

La Houppe est donc bien lancée

Comme plein de petites bières wallonnes qui séduisent chez nous, mais aussi en Asie et même en Australie. Et comme le disait ce blogueur : "Ma chérie, la bière belge est désormais classée au patrimoine mondial immatériel. Tu m’excuseras, mais ce soir, je dois aller visiter un monument Unesco… ". Bien vu, mon coco…

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