Se faire couper les cheveux, s'offrir un resto... Les bons plans des écoles techniques et professionnelles

Une jolie coupe, un bon repas, une réparation auto pas cher : voilà autant de possibilités offertes par les écoles. Comment cela fonctionne ? Et qui peut en profiter ? Pour le savoir, nous sommes allés dans deux établissements différents, l’un dans le Brabant wallon, l’autre au Nord de Bruxelles.

A peine entrés, on est saisis par l’odeur qui se dégage, si particulière aux salons de coiffure… Sauf qu’ici, nous sommes dans une énorme classe de l’Athénée Royal Rive Gauche de Laeken, décorée et équipée depuis deux ans du matériel nécessaire à l’apprentissage de la coiffure. De quoi motiver les élèves qui se forment avec des têtes malléables mais aussi avec de vrais modèles. Car les clients extérieurs sont les bienvenus. "C’est plus motivant pour eux, confie le professeur Violette Gashi. En accueillant des personnes, ils acquièrent les gestes de leur futur métier, que ce soit au shampoing, à la coupe mais aussi au brushing. C’est un tout. Il faut savoir parler au client, l’écouter, le conseiller…"

Le tout se fait pour un prix très doux : 11,50 euros (shampoing, coupe, brushing). "Il ne faut pas y voir de la concurrence déloyale, car les jeunes qui se forment ainsi vont travailler après dans les salons. Cela leur permet d’être plus compétents et intéressants à l’embauche." Pour bénéficier de cette offre, il suffit d’appeler l’école et de demander la section coiffure. Un rendez-vous est alors fixé avec un élève qui, le moment venu, va s’occuper de vous, de A à Z, en toute autonomie, au milieu des autres étudiants qui poursuivent leur cours avec le professeur.

Le restaurant didactique, formule gagnante

Un étage plus bas, cela s’active aussi en cuisine. Nous sommes lundi, le jour de la semaine le plus intense pour les élèves de l’Athénée Royal Rive Gauche de Laeken puisqu’ils doivent préparer en quatre heures un menu gastronomique 3 services. Un défi de taille, mené par un chef étoilé, Gaëtan Colin. "J’ai la chance de suivre ces étudiants de la troisième à la sixième, donc j’ai envie de les voir évoluer, confie-t-il. Le fait de cuisiner pour des personnes les motive. Tous les lundis, les élèves sont au rendez-vous. C’est vraiment super." Et le résultat dans l’assiette est à la hauteur des espérances. Magret de canard fumé en entrée, filet de bar et stoemp de poireaux en plat, panacotta en dessert, on se régale et on profite… "Il faut réserver à l’avance pour venir manger, précise Abbas Armut, chef d’atelier de l’Athénée Royal Rive Gauche de Laeken. Actuellement, la liste d’attente est d’un mois, donc mieux vaut s’y prendre tôt si l’on veut déguster ce menu gastronomique au prix très attractif : 12,50 euros sans les boissons."

Vu le tarif, on comprend le succès de ce restaurant didactique né il y a deux ans dans des locaux de l’école, aujourd’hui agréablement décorés et bien équipés. Le matériel en cuisine étant du dernier cri… Car l’argent gagné va dans les caisses de l’Athénée qui le redistribue à la section concernée pour améliorer l’équipement.

L’avantage des clients extérieurs

Pour apprendre vite et bien, rien de tel que de travailler sur des cas concrets. On l’a vu en coiffure et en cuisine mais c’est aussi le cas en carrosserie. A l’Athénée Royal Riva-Bella de Braine l’Alleud, il est possible de faire réparer sa voiture, pour peu que la mission à réaliser entre dans le cadre des cours donnés aux élèves. Pour le savoir, un coup de fil suffit ou alors, on demande un avis sur place, le mieux étant de montrer la réparation à exécuter. "C’est beaucoup plus intéressant pour les élèves de bosser sur de vraies voitures, explique Jean-Felix Dubrux, professeur de cours techniques à Braine l’Alleud. Les élèves de cinquième n’ont pas cette chance, ils utilisent des bouts de tôle sur lesquelles ils font des coups, comme les autres avant eux. C’est pas très motivant, alors que là, sur une voiture de client, il faut que celle-ci ressorte nickel… Cela les amène à donner le meilleur d’eux-mêmes."

Ce qui est tout bénéfice pour les garagistes et carrossiers car ces élèves, à la sortie de l’école, sont opérationnels rapidement. Pas de concurrence déloyale donc ici. Les bons plans école sont légaux et attrayants pour le particulier qui paie un prix doux, comme pour l’élève qui apprend mieux, comme pour le secteur qui aura la crème de la crème grâce à ces mises en situation réelle.

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