Tournée minérale : Julie Compagnon s'en souviendra de son mois sans alcool

Fin janvier de cette année, comme plus de 100 000 Belges, Julie Compagnon s'apprête à relever un défi, de taille pour cette consommatrice régulière mais raisonnée, comme elle se définit : vivre un mois sans boire une seule goutte d'alcool. Récit de son aventure à travers ses mille et une tentations.

Une visite médicale préliminaire est l'occasion pour Julie de recueillir quelques conseils pour tenir le coup. Le docteur Virginie Bedoret, médecin généraliste, la reçoit : "Il faut essayer d'avoir d'autres boissons qu'on aime à la maison et à bonne température parce que si votre coca est à vingt-cinq degrés, vous n'allez pas le prendre, non !" Après sa prise de sang, Julie se pèse. Objectif : évaluer dans un mois, l'impact de son régime sans alcool.

Hors de portée

Pour bien commencer, Julie prend ses dispositions. Elle range ses bouteilles bien en hauteur, pour réduire les tentations durant son défi. "C'est pas que j'en consomme beaucoup, mais, j'en consomme quotidiennement, par petites doses et voilà, je voulais ... j'ai vu le lancement du défi et je me suis dit : 'Tiens! Je vais rejoindre les matelots et je vais le faire'." A la maison, un petit rappel sur un tableau noir, l'aidera à ne pas oublier son défi. A l'extérieur, ce pourrait être plus compliqué.

Exit l'alcool anti-trac

Julie est chanteuse et avant de monter sur scène, l'alcool, c'était un petit rituel pour elle. "Juste avant de chanter, un petit verre de vin rouge, parce que c'est vrai que ça détend un petit peu. Ça désinhibe un petit peu. C'est vrai que c'est toujours stressant. Mais, voilà! Je le fais à l'eau. C'est tout aussi bien." Julie n'a pas l'air convaincue, mais elle tient le coup. On la retrouve après son concert, le premier qu'elle donne sans une goutte d'alcool.

Elle nous donne son impression : "C'était l'enfer ! Non, c'est pas vrai, mais j'ai mis un petit peu de temps à me mettre dedans." En dehors de la scène, avec ses amis musiciens, les tentations se poursuivent. Son compagnon qui la suit admire son défi : "C'est plutôt courageux puisque c'est justement, bizarrement un mois où on avait plein d’événements, que ce soient concerts ou anniversaires, donc, c'est un peu compliqué, mais, elle a bien géré. Elle a bien tenu le coup, enfin, du moins pour le moment, elle n'a pas encore craqué."

Grignotages compensatoires

Une semaine après son concert, nous retrouvons Julie. Elle n'a toujours pas craqué. Même si pratiquement chaque jour, elle est confrontée à l'alcool. Aujourd'hui, elle reçoit des amis. "Bon les amis, qu'est-ce que je vous sers à boire ? Bella ?" demande Julie à l'une de ses invitées. "Une vodka orange !" répond cette dernière. "J'ai l'impression que quand on est à une soirée avec des amis qui eux boivent et que on ne boit pas, on est dans une autre ambiance, dans une ambiance un peu parallèle et on a parfois tendance à se sentir moins dans l'ambiance", regrette Julie.

Pour tenir bon, malgré tout, elle a son petit secret. "Maintenant, je dois quand-même avouer une chose, c'est que je ne prends pas de verre mais par contre, je compense vraiment au niveau de ce qu'il y a sur la table, en terme d'apéro, chips et compagnie. Je ne me suis pas mal ruée dessus, il faut dire. Il y a des moments où ça a été compliqué." Est-ce que cette compensation aura une incidence sur son poids ? Son rendez-vous chez le docteur pour marquer la fin de son mois sans alcool va nous le révéler.

Résultats inattendus

Julie, lors de sa visite médicale de fin de défi, monte sur la balance. "J'ai perdu un kilo ! Est-ce que c'est à cause du fait que j'ai arrêté l'alcool ?" demande-t-elle au docteur Virginie Bedoret : "Alors, moi, je trouve, de nouveau, que sur un mois, c'est trop difficile de voir l'impact."

Le docteur ne voit pas de changement significatif après un mois côté prise de sang, non plus. "Il faut plus qu'un mois pour voir la majorité des effets au niveau de la prise de sang et il faut aussi une consommation déjà plus importante."

C'est surtout au niveau psychologique que Julie aura ressenti des effets : une petite fierté d'avoir relevé ce défi. Ce mois d'abstinence lui aura aussi permis une prise de conscience. "On prend conscience de sa propre consommation, ça, c'est sûr, mais on prend surtout conscience de la consommation des autres et puis on se rend compte que oui, il y a parfois certaines soirées, certains restos, certains événements où on boit et soi-même aussi ... en fait, on boit plus que ce qu'on pourrait croire."

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