Gudule, le premier vin bruxellois est commercialisé

Après la Flandre et la Wallonie, Bruxelles dispose aussi de son vin. Un vin urbain, assemblé et élevé à Laeken dans un chai flambant neuf où tous les outils du vigneron sont rassemblés. Égrappoir, pressoir, une dizaine de cuves en inox et le double de barriques usagées sont aptes à produire des milliers de bouteilles par an. Et tout cela, sans même disposer d’une seule vigne !

Un concept qui a fait ses preuves

Produire du vin en ville n’a rien de nouveau. Les "Urban Wineries", que l’on pourrait traduire par "chais urbains" ou "entreprises de vinification" existent depuis des années dans les villes américaines ou européennes, comme Londres ou Paris par exemple. Et à l’instar de Bruxelles, aucune de ces villes ne dispose de vignoble susceptible de produire suffisamment de raisin de qualité. Toutes les wineries importent donc leur raisin auprès de vignerons sélectionnés. Gudule (du nom de la sainte patronne de Bruxelles) ne fait pas exception à la règle. Le raisin 2018 provient de divers producteurs français. Thierry Lejeune, le patron, a sélectionné les cépages en fonction de ses goûts et en sachant exactement vers quoi ses vins devaient tendre. On retrouve donc des assemblages pour chacun des cinq vins actuellement produits. Un des deux blancs contient jusqu’à cinq cépages différents, ce qui donne un goût unique, proche des vins du sud de la France, sans pour autant être identifié à une région particulière. Mais l’an prochain, de nouveaux raisins issus d’autres régions d’Europe viendront s’ajouter ou remplacer ceux des vignerons actuels, ce qui donnera forcément des vins différents.

Par et pour les Bruxellois

Trois des cinq vins produits cette saison sont commercialisés depuis la mi-juin. Les deux cuvées haut de gamme, qui ont passé quelques mois en barriques, le seront en septembre. Le but de Thierry est de faire du vin à Bruxelles à destination des Bruxellois. On ne devrait donc pas trouver les bouteilles Gudule dans les grandes surfaces du pays. D’ailleurs, en attendant la vente en ligne et la distribution chez quelques cavistes, les bouteilles ne sont disponibles qu’à la Winery de Laeken. Il faudra cependant mettre la main au portefeuille pour s’offrir un peu de breuvage bruxellois. Le rosé ne s’offre pas à moins de 12,5 euros. Ajoutez un euro pour le blanc et deux pour le rouge. Et si vous attendez un peu pour les deux cuvées haut de gamme en blanc et rouge, il vous faudra préparer plus de 20 euros ! Certes, le vin est de qualité et l’investissement important, mais Gudule n’est ainsi pas accessible à tous les "zinneke". C’est un choix assumé par Thierry qui vise une clientèle urbaine relativement aisée, ou le secteur de l’horeca et de la restauration gastronomique. Le projet un peu fou est en passe de réussir car si la première production a abouti à la commercialisation de près de 16 000 bouteilles, le but est de monter rapidement à 30 ou 40 000. Sachant que la consommation bruxelloise est supérieure à 30 millions de bouteilles, Gudule devrait logiquement trouver son public.

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