Coiffeur, un métier pas si glamour...

Rien que d'évoquer le nom d'une coiffeuse, on imagine une femme fatale. Toujours souriante, très glamour, qui est aux petits soins pour ses client(e)s. Massage du crâne, service boisson, ambiance feutrée, le monde de la coiffure semble être un monde idéal mais lorsque l'on gratte un peu, on découvre des journées de travail de plus de dix heures sans pause, des clients divas, des patrons qui en demandent toujours plus pour toujours moins de revenus... Heureusement, tous les salons ne se ressemblent pas et l'un d'entre eux à Jette a bien voulu nous ouvrir ses portes une journée et nous expliquer les avantages et inconvénients de ce métier.

Voilà plus de trente ans que Carine Lechien, patronne de ce salon à Jette, travaille entre huit et dix heures par jour, parfois douze heures quand les clients se pressent au salon. Et malgré tout, la passion est toujours là: "On ne s'ennuie jamais en coiffure, on apprend tous les jours." Et ce même si les temps sont plutôt durs: "Il y a de plus en plus de concurrents et puis, les femmes vont moins qu'avant chez le coiffeur. Avant, elles allaient deux fois par semaine, aujourd'hui, elles y vont toutes les six semaines. Mais si avant, je gagnais bien ma vie, là cela devient plus difficile". Carine ne nous a pas dévoilé ses revenus car cela change tous les mois: "Je paie mes factures et pars en vacances, heureusement. Mais aujourd'hui, certains mois, comme avant les vacances d'été, sont plus problématiques car aller chez le coiffeur n'est plus une priorité. De plus, les coiffeurs sont tous bien formés et les coupes durent plus longtemps et elles sont aussi plus simples d'entretien. Plus j'avance dans le métier, moins c'est facile alors que cela devrait être le contraire ...".

Simple de faire un shampoing?

Carine, dès le départ, donne le ton: "Je trouve que cela n'a l'air de rien mais c'est rare les gens qui lavent bien les cheveux". Nous avons tenté de franchir les portes d'une grande chaîne de coiffure mais ils nous ont refusé l'accès. Motif? "Même pour faire un shampoing, il faut une formation particulière ...". Et pourtant, Carine nous a montré comment faire et aussitôt, nous avons suivi ses conseils. Certes, le premier shampoing fut un peu épique (désolée Madame Comte de vous avoir mis un peu d'eau dans le visage et les oreilles) mais au final, ce n'est pas vraiment chinois …

Salaire

Carine a comme assistante Dalyn, qui a son diplôme en poche depuis deux ans. Elle gagne 12,50 euros de l'heure: "Je rêvais d'être hôtesse de l'air mais ma mère m'a proposé de faire la coiffure et cela m'intéressait car j'avais aussi de l'argent de poche". C'est le cas de Wendy qui termine ses études et reçoit 540 euros par mois. Un coiffeur travaille en général 38 heures par semaine mais beaucoup sont à mi-temps, soit 19 heures mais souvent plus… Un plein temps touche en commençant 1 800 euros par mois mais a aussi un pourcentage souvent sur les ventes de produits.

Esclavagisme?

Être coiffeuse, ce n'est pas toujours glamour, loin de là. Dalyn a travaillé dans d'autres salons et avoue que certains patrons en profitent: "Ils nous demandent par exemple de faire les courses. Les courses du salon, je suis d'accord mais parfois c'étaient celles de toute la famille, et là, je trouve cela exagéré, on n'est pas des boniches… Certaines de mes collègues m'ont même raconté que dans certains salons, elles font la lessive des essuies du salon de coiffure mais aussi la lessive de la patronne… D'autres me disent aussi qu'il n'y a pas de femmes de ménage et qu'elles doivent laver tout le salon après leurs heures et qu'elles ne sont pas payées en plus... Ici, Carine, c'est une patronne en or. On retire les cheveux et on nettoie les brosses et les sièges mais il y a une femme de ménage qui vient nettoyer régulièrement."

Pressions

Certains coiffeurs, coiffeuses, nous ont avoué que certains patrons exerçaient une pression sur eux mais ils n'ont pas voulu témoigner de visu de peur des représailles et de notamment perdre leur boulot. "Si vous arrivez cinq minutes en retard, l'enveloppe avec vos heures supplémentaires diminue et si vous dites que cela ne va pas on vous rétorque: "si tu n'es pas content la porte est là". "Pression pécuniaire mais aussi morale: si vous osez dire les choses, vous devenez le mouton noir du salon, le patron demande à vos collègues de ne plus vous parler et vous partez car sinon vous pouvez tomber en dépression. C'est plus facile qu'un licenciement et surtout moins coûteux pour le patron…".

Carine n'a jamais vécu cela et si c'était à refaire, elle serait encore coiffeuse même si "ce qui est fatiguant, c'est le bruit des sèche-cheveux, de la musique et les blablas des clientes. On entend les bobos des clientes. C'est parfois gai parfois pas. On est un peu leur confidente, leur psychologue. Physiquement aussi c'est dur de rester tout le temps debout pour les jambes et les bras mais cela reste un métier fascinant par la richesse des rencontres que l'on fait et le sourire d'un client quand il sort du salon transformé, embelli alors qu'il est rentré avec des pieds de plomb et une humeur exécrable... C'est génial." Et moi-même, je vous l'avoue en une journée à jouer à l'apprentie coiffeuse, j'ai fait des rencontres enrichissantes (certaines se reconnaîtront) et la patronne ne mettait pas la pression, que du contraire.

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